Ce samedi 5 septembre, le club de basket Royal IV a affronté Nivelles sur son ancien terrain d’entraînement au Palais du Midi. La Ville de Bruxelles a, en effet, autorisé officieusement et sans cadre clair, l’usage partiel du bâtiment, pour quelques matchs et entraînements, mais sans sécurité quant à leur durée ou régularité. Cette « réouverture » précaire, si elle n’est pas une victoire, vient contredire les discours méprisants qui considéraient ces espaces comme bons à jeter. La destruction de ce bâtiment historique est cependant toujours prévue en 2029 pour creuser un tunnel du Métro 3 - qui pourrait ne jamais voir le jour.
Après avoir expulsé l’intégralité des clubs, des associations et des commerces qui occupaient les 30 000 m² d’équipement collectif du Palais du Midi, la Ville de Bruxelles autorise officieusement et sans cadre clair, l’usage partiel du bâtiment, pour quelques matchs et entraînements, mais sans sécurité quant à leur durée ou régularité.
L’enthousiasme parmi les usager·ères de ce « retour à la maison » met en lumière les besoins d’une jeunesse bruxelloise réduite au silence et tenue à l’écart des décisions politiques qui l’impactent. C’est une bonne occasion pour rappeler que 4000 adhérent·es hebdomadaires utilisaient le palais avant sa fermeture et que la plupart ne demandent qu’à revenir entre ces murs.
Malheureusement, les clubs et leur personnel ne peuvent toujours pas se réinstaller de façon centralisée et pérenne et doivent naviguer parmi les incertitudes.
« Avant je m’entraînais au Palais 3 fois semaines. Maintenant, chaque jour de semaine c’est dans un local différent. J’ai continué un peu mais ce n’est pas possible les trajets, de bouger partout tout le temps… J’ai arrêté le sport. » — Un jeune basketteur de 11 ans, sur l’avenue Stalingrad en juin 2026.
À la sortie de l’épidémie de Covid-19, la santé mentale des enfants et des adolescents est devenue un sujet dans le débat public, qui occupe de plus en plus de place dans les discours médiatiques et artistiques. Malgré des appels à l’aide des secteurs scolaires et associatifs, aucune écoute politique ne répond à ces besoins de manière concrète ou ne fait preuve de considération pour les besoins physiques et matériels, de confort et de sécurité, dont ces générations ont le plus besoin.
Malgré tout, la destruction du palais est toujours à l’agenda, au plus tôt en 2029, pour minimum 9 années de chantier de reconstruction et un budget total de départ évalué à 400 millions (incluant uniquement le gros œuvre).
D’ici là, le Palais du Midi reste majoritairement vide, laissé à son abandon, pendant que les autorités refusent de le remettre à l’usage et à la gestion libre des Bruxellois·es.