Inter-Environnement Bruxelles
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City Dox : mal vivre à l’ombre d’Atenor

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Le 1er avril se déroulait la commission de concertation sur une énième demande de permis d’Atenor à Biestebroeck, à Anderlecht, dans le cadre du projet City Dox, un vaste ensemble immobilier de plus de 1200 logements s’inscrivant lui-même dans un vaste plan d’aménagement portant sur plus de 4000 logements ! De quoi donner un vertige inversé à ceux qui habitent ou habiteront au pied des nombreuses tours de logements envisagées (de 16 à 25 étages, jusqu’à 84 m de haut). Rappelons que nous sommes ici en zone d’entreprise en milieu urbain (ZEMU) censée accueillir des entreprises et accessoirement du logement. Dans les faits, les potentiels spéculatifs de ces terrains mal cadrés par les pouvoirs publics ont pour conséquence que plus de 80 % de ce qui s’y construit constitue du logement, essentiellement privé et donc inaccessible à la majorité des Bruxellois. Ce logement constitue un produit financier mis sur le marché sans égard pour les besoins réels identifiés en région bruxelloise. Le fait est objectivé par la Région elle-même. Commune et Région n’en ont cure et continuent droit dans le mur comme le montre l’avis de la commission de concertation sur le projet City Dox, un avis unanime favorable assorti de très légères conditions. Pourtant, une occasion en or leur était offerte de remettre en question le projet : celui-ci repose sur un Plan particulier d’affectation du sol (PPAS) qui a été annulé en juin 2020 (lire l’avis d’IEB). Comme le signalait IEB, le CIRÉ, le GECS et le CRU d’Anderlecht dans leur communiqué de presse du 31 mars 2021, l’annulation du PPAS qui densifiait à outrance la zone devrait être l’occasion pour la commune et la Région de rectifier le tir d’une erreur aujourd’hui avérée en vue de revoir l’équilibre des aménagements de la zone avec des densités plus raisonnables pour les entreprises et les habitants et des logements plus accessibles.