Administrations et conseils d’avis : commune pression
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18 juin 2026 • Stéphanie D’Haenens
Les premières administrations touchées, perspective.brussels (chargée de la planification territoriale et du développement stratégique de Bruxelles) et urban.brussels (chargée de l’urbanisme et du patrimoine) - dont la fusion est à l’œuvre - ont exprimé publiquement leur profond malaise, la semaine dernière. Plusieurs employés ont organisé une manifestation devant le siège de leur institution. Iels dénoncent une réforme menée dans le flou, dont le non-remplacement de la direction générale de Perspective, et une absence de concertation. Bruxelles Environement, ex-IBGE, est également dans le brouillard quant au devenir des permis d’environnement dont l’administration a la gestion. La fusion de Perspective et Urban promet en effet de regrouper les compétences d’urbanisme et d’environnement et la création d’un « permis intégré » qui remplacera les actuels permis d’urbanisme et permis d’environnement.
Peu connus du « grand public », les conseils d’avis sont, eux aussi, soumis à des restrictions. Lieux interstitiels entre le pouvoir législatif et le pouvoir exécutif, lieux de concertation et d’échange d’informations, les conseils d’avis rassemblent des représentants de la société civile (associations, universités et pôles de recherche scientifique), les syndicats, des représentants du patronat et des représentants d’entités administratives (Bruxelles Mobilité, Perspectives, Urban), Bruxelles Propreté, Vivaqua, Hydria, des représentants des droits des consommateurs... Ensemble, iels rendent des avis de leur propre initiative ou à la demande du Gouvernement sur tout texte législatif et réglementaire - en construction - ayant une incidence sur la/les matières qui les rassemblent : mobilité (Conseil régional de la mobilité - CRM), le logement (Conseil consultatif du logement - CCL), l’environnement (Conseil de l’environnement de la Région Bruxelles-Capitale – CERBC) ou les domaines socio-économiques de la Région (BRUPARTNERS, conseil économique et social de la Région).
IEB siège au Conseil de l’environnement et y représente, aux côtés du BRAL, de Natagora, d’Energie Commune et des Shifters Belgium, les associations actives en environnement. Comme tous les membres et experts du Conseil de l’environnement (CERBC) et des autres instances hébergées à BRUPARTNERS, IEB a reçu, en ce début de semaine, une « communication » sur les « adaptations pratiques dans l’organisation des réunions et des communications du Secrétariat ». Le moratoire régional imposé sur les recrutements et une coupe de 25 % de son budget, exigent des adaptations peu propices à l’échange d’informations et à la discussion. BRUPARTNERS n’a pu procéder au remplacement du personnel de son secrétariat et de l’accueil. Sans ce poste, la « zone membre », cloud où l’on retrouve les avis demandés par le gouvernement aux différents conseils d’avis, les PV des réunions et leur archivage, les documents utiles au débat…, ne sera plus alimentée. Les réunions en distanciel s’imposent. La permanence de l’accueil est également réduite.
Ces « adaptations » touchent en réalité de nombreuses instances qui œuvrent à un équilibre des forces démocratiques. En effet, la réforme de 2022 concède au secrétariat de BRUPARTNERS d’assurer des missions de coordination des organes consultatifs bruxellois et de l’Observatoire des prix de référence dans les marchés publics. Outre le Conseil de l’environnement et le Comité des Usagers de l’Eau (qui formule des avis sur toute question relative à la politique de l’eau dont son prix), il assure le secrétariat du Comité d’Experts Climat bruxellois (CEC), du Conseil pour l’Égalité entre les Femmes et les Hommes (CEFH), du Conseil bruxellois pour les Personnes Handicapées (CPH). Depuis 2024, il prend aussi en charge le secrétariat du Conseil bruxellois pour l’élimination du racisme (CR) et de la Plateforme Permanente de Dialogue et de Concertation du Non-Marchand (PPDCNM).