Inter-Environnement Bruxelles

Vague de terrains à engloutir

Berlin n’a pas de canal mais bien une rivière, la Spree qui traverse le cœur de la ville. Coupée en deux pendant près d’un demi-siècle par le mur, ses rives sont restées longtemps en friche et ses quartiers environnants se sont remplis d’une population à bas revenus : primo-arrivants, chômeurs, étudiants, artistes désargentés. Un cocktail idéal pour lancer une opération musclée de rénovation : racheter à bas prix les friches industrielles, planter des bureaux consacrés au règne des médias, des hôtels, des appartements de luxe et des salles de spectacle, faire monter les prix dans les quartiers adjacents et virer les anciens habitants. Le tout avec l’aide de la ville. Ainsi, la multinationale Universal a reçu de la mairie 10 millions d’euros pour son déménagement de Hambourg à Berlin et son installation sur les berges de la Spree. Heureusement, sous la bannière “Media Spree Versenken” (“Coulons Media Spree”), les habitants tiennent bon et sont sur le pont, ils refusent de lâcher le gouvernail. Mais pour combien de temps encore...

http://ms-versenken.org (en allemand)

www.ieb.be/plouf/lien5 (en français)

Il l’a dit
« Ce qui nous manque, c’est une Tamise ou une Seine. Le canal est le seul moyen de retrouver une certaine respiration urbaine d’envergure. »

(Freddy Thielemans, Bourgmestre de
Bruxelles-Ville, dans “Le Vif-L’Express”, 13 novembre 2009)

par I E B