La Région mérite mieux que de sacrifier ses rares terrains publics : elle se doit de les conserver pour une affectation réellement à but non lucratif. Les opérateurs privés — y compris la nouvelle « coqueluche » bruxelloise — devraient se tourner vers le foncier privé, une option qui n’a fait l’objet d’aucune recherche sérieuse à ce jour.
Les plus jeunes, qui peinent déjà à trouver une place en foot amateur, méritent mieux qu’une administration qui cède ses infrastructures à un club de D1 plutôt que de les rénover. Ici, deux terrains de proximité seraient purement et simplement supprimés au profit du stade et de ses abords. Ils mériteraient d’être rénovés.
Le quartier mérite mieux qu’une surenchère sonore. Subissant déjà les nuisances du ring, il n’a pas besoin d’ajouter des décibels aux décibels les soirs de match, d’autant plus dans une zone en plein essor résidentiel. La Région mérite mieux qu’un maillage vert dégradé ; elle doit préserver ces refuges essentiels pour une faune et une flore déjà fragilisées par la pression urbaine.
La mobilité du quartier mérite mieux que cet engorgement annoncé. La circulation est déjà saturée, notamment lors des événements à Forest National. Avec ce projet, le boulevard de la Seconde Armée britannique serait paralysé au moins une heure après chaque rencontre. Les 150 places de parking prévues sont totalement insuffisantes pour un stade de 16 000 places, et le montage d’externalisation du stationnement reste particulièrement bancal.
De plus la promenade verte, l’itinéraire cycliste régional, sera également interdite avant, durant et pendant le match, au profit du flux des supporters.
Forest mérite mieux que le simple déplacement d’un problème d’un quartier à l’autre. Le Club manque déjà à ses responsabilités envers les riverains du stade Marien, qui subissent camions de livraison mal garés, bus de supporters au moteur allumé, détritus, tapage nocturne et tensions avec les dispositifs policiers. Déplacer ces nuisances vers un secteur à peine moins dense n’est pas une solution.
Enfin, le bas de Forest, déjà sujet aux inondations, mérite mieux que l’imperméabilisation massive de son « antique » prairie humide, qui déjà, tant bien que mal, absorbe les pluies intenses consécutives au dérèglement climatique.
Chargée de mission