Inter-Environnement Bruxelles

Aux associations et relais de quartier : solidaires pour construire un autre possible

Publié le mardi 31 mars, par Actrices et Acteurs des Temps présents - Bruxelles, Fédération des Services Sociaux (FDSS), Inter-Environnement Bruxelles
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Créons des systèmes d’attention et d’entraide au niveau de la rue et du quartier. Au plus près des gens, de leurs besoins, de leurs difficultés et de leurs ressources. Là où la demande ne se fait pas toujours entendre. Là où les services sociaux ne réussissent pas toujours à descendre. Les Actrices et acteurs des temps présents et Inter-Environnement Bruxelles invitent les comités de quartier, les rues en transition, les repair-cafés, les écoles de devoir, les collectifs locaux, etc. à encourager, soutenir, se mettre à disposition et faire essaimer cette attention et cette solidarité de proximité.

Photo : Leïla Khouiel

Note pour le déploiement de solidarités de rue et de quartier face à la crise sanitaire et à celles qui la suivront.

Les oubliés et les débordés

Parmi les nombreux contre-coûts de la pandémie et du confinement, il y a la précarisation financière, sociale et relationnelle qui s’abat sur les quartiers et s’aggrave à vitesse vv’ là où elle faisait déjà des ravages inacceptables. Des femmes, des hommes et des enfants vont descendre encore plus bas en dessous du seuil de pauvreté. Les dispositifs sociaux existants ne fonctionnent plus ou trop peu, sont immobilisés et n’interviennent qu’à distance, sont sous-approvisionnés, débordés, en sous-effectifs, craintifs… ou tout cela ensemble…

Des dispositifs de crise se mettent en place. Notamment, en Région bruxelloise, le numéro vert coordonnée par la Fédération des services sociaux : 0800 35 243. Il s’agit de permanences réalisées par des personnes travailleuses sociales de 8h à 20h en semaine et de 10h à 18h le week-end. Cette permanence répond directement aux demandes qui sont dans ses cordes (question administrative...), relaie vers des services existants ou met en contact avec un ou une citoyenne du quartier qui aura fait part de sa disponibilité via le réseau que nous vous invitons à déployer.

Ces dispositifs reconnaissent eux-mêmes ne pas être en mesure de recenser toutes les demandes d’aides et encore moins de pouvoir y répondre. Il faut se rapprocher davantage des personnes en besoin ou en difficulté, là où elles vivent, dans leur rue, dans leur quartier. Ce qui n’est évidemment pas facile en contexte de confinement. Mais cela peut se faire à partir d’une attention renforcée de voisinage en mettant en action une solidarité de proximité.

Le quartier comme espace d’attention et de solidarité

Les Actrices et acteurs des temps présents, en se liant à d’autres démarches similaires, invitent à encourager, soutenir, faire essaimer, et coordonner si nécessaire, cette attention et cette solidarité à travers les rues et les quartiers. Nous proposons aux associations, comité et collectif ancrés très localement (au niveau d’une rue ou d’un pâté de maison) mais aussi à des groupes informels ou des citoyennes et citoyens volontaires d’organiser un système d’écoute, d’entraide et d’échange de service.

  • D’abord, pour entendre les besoins sociaux qui ne seraient pas parvenus aux dispositifs en place et y répondre par l’entraide de proximité ou les relayer vers des services compétents le cas échéant.
  • Ensuite, pour répondre aux difficultés engendrées ou accentuées par le confinement telles qu’un problème de plomberie, de scolarité, d’informatique, de conservation des aliments…
  • Et enfin, pour faire vivre une culture de rue, relayer des idées, convertir les vitrines des magasins fermés en journaux de quartier, décorer ses fenêtres, faire vivre les balcons plus que quelques minutes à 20 heures…

Les fonctionnements locaux sont à inventer sur place, avec les réalités et ressources de chaque quartier. Le symbole de la « main », déclinée librement et selon toutes ses fonctions, relie l’ensemble des solidarités et des attentions.

Il s’agit de convivialité, de solidarité, d’entraide et de services non comptables, gratuits, basés sur la connaissance et la confiance locale. Celles-ci sont cruciales lorsqu’il s’agit d’aller acheter quelque chose pour quelqu’un d’autre.

Il convient évidemment de conserver une distance physique suffisante, si possible avec des masques anti-postillons, et d’éviter de toucher les objets et poignées de porte au moment du dépôt ou d’utiliser des gants. Certains services ou conseils peuvent aussi se donner à distances (téléphone ou vidéo).

Modus operandi (à adapter selon les quartiers et les pratiques existantes) :

  1. Définir un contact local qui veillera à la bonne circulation de l’information, interviendra en cas de demande, relaiera vers la Fédération des services sociaux ou vers d’autres voisins mais l’idéal reste que les échanges de service se fassent en direct sans n’être chapeautés ni recensés.
  2. Diffuser et expliquer la démarche par les moyens dont chacun dispose : toutes-boîtes, affichette, mailing… en ne se limitant pas à un appel sur les réseaux sociaux non ancré localement. Dans l’esprit commun de cette démarche, chaque invitation à y participer sera adaptée localement en fonction des initiatives déjà existantes, de situations particulières (présence de personnes sans abri ou sans-papiers…).
  3. Proposer des modèles pour inspirer le lancement du système d’écoute et d’entraide. Par exemple, un formulaire ou une double affichette. L’un permet d’exprimer « j’ai besoin de…/ je cherche… / je ne suis plus capable de…. ». L’autre annonce « je suis disponible pour… / j’offre… / j’ai telle compétence… ». Chacune et chacun peut évidemment se retrouver dans les deux situations. Le support invite également les personnes offrant de l’aide à préciser quand ils sont disponibles et comment ils sont contactables1. Pour les personnes en recherche d’aide, il est plus prudent ne pas laisser leurs coordonnées et leurs disponibilités mais de contacter directement celles et ceux qui propose leur service, le numéro vert ou un contact de quartier.
  4. Fournir le visuel de ralliement – une main – qui tisse un fil entre toutes ces initiatives locales. Il s’agit d’un visuel que chacune et chacun peut reproduire à sa manière et avec sa touche personnelle : main tendue, main serrée, poing levé, doigt indicateur… dessinée, imprimée, découpée dans un carton… (cf. annexe)
  5. Mettre à disposition des espaces d’affichage locaux (dans la rue, dans les associations, dans les commerces ouverts ou fermés) de ces petites annonces lorsque les fenêtres ne suffisent pas (trop hautes, à l’arrière de la rue…).
  6. Mentionner le numéro vert de la Fédération des services sociaux sur tous les supports de communication, et les coordonnées du contact local sur ceux qui s’adresse au quartier.

S’il est fondamental et prioritaire de soutenir les plus fragiles d’entre nous, ces pratiques de voisinage – somme toute assez élémentaires – enrichiront les relations, la confiance et la vie de quartier, l’esprit de solidarité… Elles seront bien nécessaires pour affronter l’avenir qui nous attend, dont le Corona virus et le confinement ne sont que symptômes parmi d’autres.

Pas de confinement pour la solidarité

« Les rues et les quartiers sont, en soi, les contre-dispositifs les plus propices à une réparation locale d’une décision politique centrale. »
- Pays dans un pays. Un manifeste.

Les Actrices et Acteurs des temps présents, la Fédération des Services Sociaux et Inter-Environnement Bruxelles.


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Dernier ajout : 23 septembre.