Inter-Environnement Bruxelles
© IEB - 2021

Ré-ouvrez le Palais du Midi, rendez-nous l’espace public !

Palais du Midi © Matthias Förster / IEB - 2025

Les déclarations et engagements publics des membres du Collège et du Bourgmestre de la Ville de Bruxelles en faveur de la réoccupation du Palais du Midi ainsi que les prises de position souhaitées par la Ministre régionale de la Mobilité (mise sur pause du « Métro 3 » et réévaluation des projets alternatifs) doivent impérativement être suivis d’effets concrets et ne peuvent continuer à rester de simples promesses sans lendemain.

Plus de 40.000 m² d’un bâtiment splendide, prématurément vidé de ses occupants

Le Palais du Midi – un patrimoine remarquable – est aujourd’hui exposé à un risque accru de dégradation. Ne laissons pas ce lieu emblématique devenir un chancre urbain, alors même que le maintien d’activités sportives et sociales permettra d’en préserver l’état, la vitalité et l’utilité collective.

La relocalisation des activités sportives, qui faisaient du Palais du Midi une véritable cité des sports, en une quinzaine de lieux distincts est non seulement incohérente mais elle vide le projet de son sens, tant sur le plan sportif que social.

Cette situation est d’autant plus incompréhensible qu’elle survient dans un contexte de besoins sociaux, sportifs, économiques et urbains particulièrement criants pour la population du quartier. L’évacuation du site a entraîné la dislocation de clubs historiques, la dispersion de leurs membres et une diminution significative du nombre d’adhérents. Les solutions proposées se sont révélées partielles, temporaires ou inadaptées, et ne répondent en rien aux besoins des jeunes, aujourd’hui privés de lieux stables de pratique sportive diversifiée, d’encadrement, de socialisation et de clubs de référence.

Deux axes majeurs du cœur de Bruxelles (Bd Maurice Lemonnier et avenue de Stalingrad) sont devenus des no man’s land.

A cette vacance prolongée s’ajoute l’état particulièrement dégradé des abords du Palais du Midi : les boulevards, rues et trottoirs dévastés, dégradés (le mot est très faible), inhospitaliers, transformés en et utilisés comme zones de stockage par des entrepreneurs et sous-traitants, au détriment de tous les usagers.

Voiries détériorées, trottinettes abandonnées, poubelles non vidées, détritus omniprésents, présence de rats, entraves persistantes à la mobilité douce et mise en danger quotidienne des citoyens et piétons.

Ces dégradations de l’environnement urbain, directement liées aux choix et chantiers en matière de mobilité, mais aussi aux décisions de la Ville de Bruxelles qui n’a jamais contesté le projet de démolition-reconstruction, affectent gravement depuis des années la qualité de vie des habitants, l’accessibilité du quartier, le tissu commercial local ainsi que l’image de notre Capitale.

Soyons honnêtes, ces interminables travaux sont vécus par tous comme un désastre social et urbain.

Depuis plus de cinq ans, les décideurs politiques ne peuvent nier qu’il est devenu insupportable de vivre, commercer, circuler ou même simplement traverser et se promener dans ce morceau de ville. Il est tout simplement impossible de vivre dignement et de faire grandir des enfants dans de telles conditions.

Ces dégradations de l’environnement urbain sont directement liées aux choix et chantiers en matière de mobilité, mais aussi aux décisions de la Ville de Bruxelles, qui a persisté dans des orientations en décalage avec les demandes répétées des habitants, des associations et des citoyens concernés. Les déclarations de la Ministre de la Mobilité, tout comme celles des autorités communales, ont suscité des espoirs légitimes chez les habitants, les usagers et les acteurs associatifs. Ces attentes ne peuvent rester sans réponse concrète, durable et visible sur le terrain.

En votre qualité d’élus communaux et régionaux, vous êtes les garants de l’intérêt général, du cadre de vie, de la sécurité des déplacements et du rayonnement de la Ville de Bruxelles et de la Région. À ce titre, il est de votre responsabilité collective d’agir de manière coordonnée et efficace. Le temps des annonces et des déclarations d’intention est révolu.

Il est aujourd’hui urgent de passer des promesses aux actes et de procéder à la réouverture et à la réintégration effective du Palais du Midi, ainsi qu’à la remise en état immédiate de ses abords, dans le respect des habitants, des usagers et de l’intérêt public (notamment et également des navetteurs ou visiteurs de Bruxelles).

L’ensemble des signataires exigent un plan d’action pour la réoccupation du Palais du Midi dans les plus brefs délais, porté par une vision politique claire et transparente sur les priorités de la Ville qui devrait avoir comme ambition première de faire revivre ce quartier, par ailleurs porte d’entrée du Centre-ville pour de nombreux visiteurs.