« On n’est pas fatigué·es ! », c’est l’un des nombreux slogans qui ont résonné dans la rue des Colonies, voisine du Parlement de la FWB, le jeudi 4 juin passé. Et ce slogan en dit long : depuis des mois, des milliers d’élèves, d’enseignant·es, d’éducateur·ices, de parents et de citoyen·nes se mobilisent contre des réformes injustes et destructrices imposées au monde de l’enseignement. Et en réponse, le gouvernement Degryse a refusé d’écouter les voix du terrain, affiché un mépris sans limites et fini par faire voter son décret au forcing, en piétinant les règles de l’institution démocratique devant laquelle il a prêté serment. Mais les voix du terrain refusent de se taire et elles nous disent clairement : on ne lâchera rien !
Le jour du vote et ceux qui ont suivi, au cœur de Bruxelles, une foule nombreuse et très jeune a exprimé son opposition aux mesures austéritaires et revendiqué son droit d’aspirer à un avenir meilleur. Ils et elles ont dû faire face à une répression violente et franchement répugnante de la part des forces de l’ordre. « Des jeunes, parfois âgés de seulement 12 ou 13 ans et des adultes cherchant à les protéger, ont été poursuivis, nassés, gazés, matraqués et arrêtés au cours d’opérations policières qui ont duré de longues heures. Nombreux sont les témoignages faisant état d’insultes, de propos humiliants et d’usage de la force brutale totalement disproportionnés à l’égard de jeunes manifestants. »
Au-delà de la responsabilité évidente des gouvernements Azur et Arizona – qui ont instauré ce climat de violence sociale –, nous ne pouvons que souscrire aux propos de cette mère qui interpelle Philippe Close à travers une lettre qui nous est parvenue via un groupe de messagerie de parents solidaires. N’oublions pas que le bourgmestre de la Ville de Bruxelles est bien à la tête de cette police qui a piétiné la protection des mineurs et se complait dans la violence et les insultes. « Vous n’avez pas la compétence pour les réformes menées par cette majorité élue, mais vous avez le devoir de garantir, à votre échelle, le droit d’exprimer l’opposition populaire à l’austérité. À défaut, votre responsabilité personnelle, celle de votre parti et des institutions que vous représentez, sont en cause. »
Quant à la mobilisation, elle continue et dessine désormais de nouveaux horizons. Les piquets et actions dans les écoles continuent, tout comme les manifestations (https://www.instagram.com/p/DZUtG8GjM9r). Mais les collectifs et syndicats demandent désormais l’annulation des examens externes, les appels à l’élargissement du mouvement à d’autres secteurs se multiplient, des actions en justice ont été annoncées – avec notamment une cagnotte qui a réuni plus de 100.000 € en à peine trois jours – et Mars Attacks comme d’autres ont déjà annoncé que la rentrée de septembre « ne pourra pas se faire » en cas de non-retrait des mesures de la FWB.
À suivre donc, mais il suffit effectivement de s’intéresser quelque peu à l’état actuel des institutions scolaires bruxelloises, notamment dans les quartiers populaires, pour se rendre compte que des moyens supplémentaires étaient déjà plus que nécessaires et que ces réformes risquent de précipiter l’école dans des situations de pénuries intenables.
Pour être tenu·es au courant des suites de la « révolution des craies », des prochaines actions et piquets de grève à aller soutenir, abonnez aux divers canaux de Mars Attacks ou d’École En Lutte.
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