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La zone 30 bruxelloise néfaste pour la vitesse commerciale de la Stib

Publié le lundi 6 janvier, par Pauline Deglume
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La zone 30 bruxelloise néfaste pour la vitesse commerciale de la Stib ·

La Stib craint que la zone 30 généralisée nuise à sa vitesse commerciale, qui est déjà tombée en moyenne à 15,9 km/h en 2018.

Bruxelles Mobilité a publié la liste des axes sur lesquels la vitesse pourrait être maintenue à 50 ou 70 km/h, après l’entrée en vigueur de la zone 30 généralisée. La Stib veut garder à 50 km/h les axes où les bus roulent en site propre.

Plus qu’un an pour faire du 30km/h la règle et non plus l’exception en Région bruxelloise. Au 1er janvier 2021, la vitesse maximale par défaut sera, en effet, de 30 km/h sur l’ensemble des voiries à l’exception des axes jugés structurants. Bruxelles Mobilité a publié lundi une liste provisoire des axes sur lesquels la vitesse pourrait être maintenue à 50km/h ou 70km/h.

Une liste qui fera encore l’objet de discussions avec les communes, les zones de police et la Stib. "Un groupe de travail transversal va aussi être mis en place pour aborder les points concernant la signalisation, les marquages au sol, la communication/information et le contrôle afin d’identifier et harmoniser les pratiques", précise l’administration bruxelloise chargée des infrastructures et des déplacements.

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Davantage d’exceptions qu’initialement prévu

Par rapport à une première carte de "spécialisation des voiries" diffusée lors de la présentation du nouveau plan régional de mobilité en avril dernier, davantage d’axes bénéficient du régime de vitesse d’exception (50 ou 70 km/h). Citons, sans être exhaustifs, l’avenue De Broqueville, la chaussée de Vilvorde, l’avenue du Parc Royal, la route de Lennik, le boulevard Paepsem, l’avenue Van Volxem et les tronçons situés vers la frontière régionale des chaussées de Waterloo, de la Hulpe, de Louvain et de Haecht. Toutes ces voiries se trouvaient dans la catégorie Auto Confort de la première mouture du plan Good Move qui prévoit que 100% de celles-ci soient mises en zone 30 d’ici 2025.
" L’allongement de la liste des exceptions ne serait pas pour déplaire à la Stib qui craint que la zone 30 généralisée nuise à sa vitesse commerciale, déjà en berne ces dernières années. "

De quoi en conclure que la nouvelle majorité a d’ores et déjà revu ses ambitions à la baisse ? Chez Bruxelles Mobilité on répond que le plan Good Move doit encore être modifié suite à l’enquête publique et que l’exception des 50 km/h pourra s’appliquer sur des voiries Auto Confort si certaines conditions de sécurité (trottoirs assez larges, traversées piétonnes sécurisées, pistes cyclables séparées…) sont rencontrées.

"Il ne faut percevoir cela ni comme une avancée, ni comme un recul. Il faut bien commencer quelque part donc c’est une première liste qui fera l’objet de discussions", commente pour sa part Marie Thibaut de Maisières, porte-parole de la ministre bruxelloise de la Mobilité Elke Van den Brandt (Groen).

Lire aussi | Bruxelles sera divisée en une cinquantaine de quartiers en zone 30
Les inquiétudes de la Stib

L’allongement de la liste des exceptions ne serait pas pour déplaire à la Stib qui craint, selon nos informations, que la zone 30 généralisée nuise à sa vitesse commerciale, déjà en berne ces dernières années. En 2018, celle-ci s’élevait, en moyenne, à 15,9 km/h.
" Nous allons aussi demander des régulateurs de vitesse automatiques pour ne pas que les chauffeurs passent tout leur service les yeux rivés sur le compteur avec le risque de ne pas voir les piétons. "
Oliver Rittweger
Délégué CSC à la Stib

"C’est une vitesse moyenne qui tient compte des arrêts effectués pour embarquer et débarquer les usagers mais aussi des tronçons où il est possible de rouler à 45 km/h. Mais on n’arrivera pas à maintenir cette vitesse moyenne avec 90% des voiries en zone 30, c’est impossible. Sur ce point-là, la direction n’est d’ailleurs pas très enthousiaste", affirme Oliver Rittweger, délégué CSC à la Stib.

Les syndicats demanderont, lors du conseil d’entreprise de janvier, d’effectuer de nouveaux chronométrages. "Il faut calculer des temps de parcours justes pour ne pas forcer les chauffeurs à rouler trop vite. Le nombre d’amendes a déjà augmenté fortement l’an passé. Nous allons aussi demander des régulateurs de vitesse automatiques pour ne pas que les chauffeurs passent tout leur service les yeux rivés sur le compteur avec le risque de ne pas voir les piétons", explique le syndicaliste qui précise être favorable au principe d’une zone 30 généralisée pour améliorer la sécurité routière.
©MEDIAFIN

Analyse au cas par cas

Contactée, la Stib affirme ne pas avoir encore de position officielle sur le sujet. "Nous sommes surtout soucieux qu’un maximum d’axes où le bus peut rouler à 50 km/h en site propre soient maintenus", déclare la porte-parole An Van Hamme qui prend l’exemple de l’avenue Marcel Thiry, à Woluwé-Saint Lambert, censée passer en zone 30 en 2021.
" La Stib souhaite que les axes fluides sur lesquels des vitesses plus élevées sont praticables restent à 50 km/h afin de ne pas réduire encore la vitesse commerciale de ses bus. "

"Le bus roule au milieu de l’avenue, sur un site propre, sans que cela ne génère aucun danger pour les autres usagers de la route. Ce serait mieux de pouvoir garder les 50 km/h. Nous sommes donc très contents de l’initiative de la Région de créer un groupe de travail car cela permettra justement d’examiner les situations au cas par cas. Il faut trouver le bon mariage entre tous les objectifs. Les transports publics doivent rester une alternative valable."

En clair, la Stib souhaite que les axes fluides sur lesquels des vitesses plus élevées sont praticables restent à 50 km/h afin de ne pas réduire encore la vitesse commerciale de ses bus. Dans cette logique, on peut déjà supposer que des axes comme les avenues De Fré et Dolez à Uccle, de l’Arbre Ballon à Jette ou la rue Ransbeek à Neder-over-Heembeek feront partie des négociations.


Pauline Deglume

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