Inter-Environnement Bruxelles

La 5G ou la folie déguisée sous les habits de la nécessité

Publié le vendredi 7 février, par Alexandre Penasse
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La 5G ou la folie déguisée sous les habits de la nécessité ·

Préambule  :
En l’an 2020, ce 25 janvier, nous remercions, dans sa bonne grâce,
le pouvoir communal bruxellois de nous autoriser une « manifestation
statique » 
 ; mais « une
interdiction de tout moyen d’amplification autre qu’un
mégaphone
 ». Pourtant, des
moyens d’amplification, les publicitaires en ont eu, notamment
Qualcomm, entreprise américaine active dans le domaine de la
technologie mobile (chiffre d’affaires 25,3 milliards de dollars)
qui, en septembre 2018, inondait Bruxelles avec des affiches apposées
sur les supports propriété de l’entreprise JC Decaux, avec le
message : « La 5G va créer
de nombreux emplois. Et notre travail, c’est de créer la 5G ».
Huawei, elle, affichait dans tout
Bruxelles lors des campagnes électorales de mai 2019 :
« Vote for 5G. Voter ce n’est pas seulement par rapport à
des candidats, mais aussi des idées ».

Pourquoi
le collectif stop5G.be ?

Nous
sommes réunis aujourd’hui pour la journée internationale contre
la 5G, alors que le collectif belge stop5G.be naissait dans la
continuation de la lutte contre les compteurs communicants, autre
« innovation » que la sphère politico-industrielle veut
nous imposer.

En
septembre 2017, dans un appel à l’Union européenne, plus de 180
scientifiques et médecins de 36 pays mettaient en garde contre les
dangers de la 5G. En 2019, un appel international, organisé sous
forme de pétitions signées par 172.395 personnes et organisations
de 204 pays et territoires, est adressé aux gouvernements fédéral
et régionaux belges. Le chien aboie, la caravane passe. Comme le
disait Albert Camus, l’absurde naît de cette confrontation entre
l’appel humain et le silence déraisonnable du monde. Nous
sommes plongés dans l’absurde
.

Si
nous pensons évidemment que la santé est primordiale dans le combat
contre la 5G, nous sommes persuadés que se focaliser sur ce seul
aspect est risqué. Car l’industrie des télécommunications et les
fabricants d’objets connectés disposent d’une armée de
scientifiques payés pour obtenir les résultats qui leur convient,
créant le doute propagé par des médias à leur service. Le Monde,
en septembre 2019 titrait « “5G
appeal” : pourquoi cette pétition sur les ondes et la santé
est exagérément alarmiste
 ».
Rappelons que Le Monde est détenu par Xavier Niel, Matthieu Pigasse
et Daniel Kretinsky, hommes d’affaires multimillionnaires qui ont
sûrement quelques intérêts à voir se déployer la 5G… Dans la
balance politique, l’économie et la technologie ont plus de poids
que la santé, et les semeurs de doutes font leur travail et nous
amènent sur un terrain où les deux camps s’affrontent : ceux
qui y croient et ceux qui n’y croient pas.

Il
faut donc également penser en amont, à la source des intérêts
derrière les projets de 5G. À ce niveau, plus de camps de ceux qui
y croient ou pas, plus de doutes : la
5G est un projet au service unique de multinationales

qui escomptent des gains financiers extraordinaires dans un monde où
des milliards d’objets seraient connectés — la 5G permettrait
également un contrôle sans précédent des populations.

Doit-on
attendre quelque chose des acteurs
politiques
 ? Récemment, après
avoir interpellé le cabinet du ministre de l’Agenda
numérique, des Télécommunications et de la Poste, Philippe De
Backer, pour une rencontre concernant nos inquiétudes au sujet de la
5G, son directeur pour la cellule stratégique Agenda numérique,
Télécoms et Post, Luc Windmolders, nous
répondra :

« Nous
n’allons pas arrêter la 5G. Nous poursuivons une politique qui
veut stimuler au maximum le développement de la 5G. Si vous
souhaitez une réunion sur les effets — à mon avis inexistants —
des rayonnements, vous devez vous adresser à l’autorité
compétente. Le gouvernement fédéral n’a aucune autorité sur les
normes de rayonnement
 ».

Qui
est Luc Windmolders, pour ne citer que lui ? Le
directeur de la cellule stratégique du ministre a travaillé chez
l’opérateur de télécommunications néerlandais KPN et a été,
ces deux dernières années, Chief Legal
& Corporate Officer
chez BASE
Company. Luc Windmolders a également siégé au conseil
d’administration de l’association européenne de l’industrie
des télécoms ECTA.

Les
industries font pression pour un assouplissement des normes, et
placent pour ce faire à des postes clés des hommes et des femmes
dévolus à leur cause.

Peut-on
attendre des médias de masse qu’ils
nous informent ?
Il y a quelques mois, quand on préviendra un journaliste du Soir
d’une séance de discussion et d’échanges au sujet des compteurs
dits communicants et de la 5G, en avril 2019, Michel de Muêlenaere,
journaliste, répondra : « Ras
le bol des anti-tout. Vous n’arrêterez pas le progrès
 ».
Les médias dominants qui appartiennent en Belgique aux familles les
plus riches du pays aiment le Progrès — et la 5G —, parce que ça
rapporte, et ils ont à leur disposition des journalistes
révérencieux et obéissants.

La
RTBF quant à elle déploie une énergie considérable depuis des
années pour nous faire accepter la 5G. Un article parmi d’autres,
de 2018, titré « La Belgique
sera-t-elle prête pour la 5G
 »,
disait : Il y a un timing à
respecter. La Commission européenne veut que chaque État membre (et
ça vaut aussi pour la Belgique) dispose d’une couverture 5G dans,
au moins, une ville pour 2020. Et en 2025, ce sera l’ensemble des
zones urbaines qui devront disposer d’une couverture 5G. Y compris
les grands axes routiers. On est vraiment dans la dernière ligne
droite ».

Mais
la question est en fait plus profonde, philosophique  :
que voulons-nous pour notre avenir ? Il est à peu près certain
qu’un changement climatique aux conséquences imprévisibles aura
lieu. Alors que nous devrions tout à fait bouleverser notre
paradigme, on nous propose de continuer à surconsommer et à
polluer, de remplacer nos robustes compteurs d’eau, de gaz et
d’électricité par des compteurs communicants ou de transformer
nos villes en smart cities où tout sera connecté.

Nous
n’en voulons pas.

Pour
le collectif stop5G.be

Alexandre
Penasse

*Discours
lors de la journée
mondiale contre la 5G – 25 janvier 2020 — Bruxelles

Plus
d’infos sur :
www.stop5g.be

Voir
également l’article : « Nouvelles
technologies et transition numérique, l’illusion technocratique à
la lumière de la 5G
 », sur
www.kairospresse.be


Alexandre Penasse

https://www.kairospresse.be/article/la-5g-ou-la-folie-deguisee-sous-les-habits-de-la-ne


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