Inter-Environnement Bruxelles
© IEB - 2021

Intro

Le bonheur n’est que dans ce qui agite, et il n’y a que le crime qui agite : la vertu, qui n’est qu’un état d’inaction et de repos, ne peut jamais conduire au bonheur.

Marquis de Sade

Contrairement aux marchands de prêt-à-penser, la prostitution ne peut se réduire simplement à un conte de fée ou à la traite des êtres humains. Sujet complexe par excellence, nous avons essayé, dans ce numéro de Bruxelles en Mouvements, d’esquisser les contours de la problématique dans ses aspects les plus urbains.

Ne prétendant aucunement à l’exhaustivité, Inter-Environnement s’est refusé à toute position manichéenne pour ou contre le fait de « livrer son corps aux plaisirs sexuels d’autrui pour de l’argent » (le Petit Robert). Bien au contraire, nous avons sollicité des auteur(e)s aux visions hétéroclites. Fruit d’une collaboration inattendue, pour ne pas dire improbable, les contributeurs, libres de leurs propos, nous livrent une vision antagoniste de la prostitution dans la ville.

Pour ce faire, nous avons bénéficié de la participation d’Espace P..., association de terrain ayant une longue expérience dans le domaine de la prostitution féminine. Espace P... nous emmène derrière le rideau que peu oseraient ou ne voudraient franchir. Nous avons également demandé à des acteurs de la sphère associative urbaine de nous livrer leur regard sur la question. Ainsi, Geneviève Petit, militante urbaine et syndicaliste, aborde en tant que féministe la question dans ses dimensions historique, culturelle et éthique.

Le comité de quartier Alhambra (Bruxelles-Ville) nous a livré en toute sincérité sa vision écorchée par l’expérience de son quartier, marqué par la prostitution de rue. Il soulève la question de la nuisance à éliminer des quartiers résidentiels en le refoulant vers d’autres zones prévues à cet effet.

Pierre Meynaert, travailleur d’Inter-Environnement Bruxelles, aborde la place des prostituées dans la reconquête des centres urbains et jette un regard critique sur la politique menée en cette matière.

Devons nous interdire ou légaliser la prostitution ? S’agit-il d’esclavagisme ou d’une profession ? Faut-il punir ou accorder des droits aux prostitué(e)s ?

Toutes ces questions qu’il est pertinent de se poser, nous renvoient à des valeurs morales sur le statut du sexe et de la femme dans notre société. Peut-être par facilité, ou par lâcheté, Inter-Environnement Bruxelles ne prendra pas position sur ces questions mais vous offrira un bref tour d’horizon des positions...

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