Inter-Environnement Bruxelles
© IEB - 2021

Des commerces et des logements menacés dans l’îlot de l’Hôtel Central

Deux commerces et trois logements avec une valeur symbolique importante pour Bruxelles sont menacés de disparaître dans le centre du Pentagone, rue des Poissonniers, 16 et rue A. Orts, 25. Le propriétaire, l’Immobilière Van Gestel de Bornem, veut transformer d’un coup deux commerces populaires et trois logements en un grand espace commercial de 800 m2. Pour Inter-Environnement Bruxelles et le Bral, cette restructuration est inacceptable.

La demande de permis d’urbanisme est à l’enquête publique jusqu’au 5 septembre 2008. Par cette demande de permis d’urbanisme, un projet de grand commerce veut bénéficier du mouvement de rénovation qui a sauvé les qualités de l’îlot (qualité architecturale et équilibre des fonctions d’habitat et de commerces variés).

Il ne s’agit pas de n’importe quels commerces : le restaurant de la Bourse et le salon de coiffure Michel sont situés dans le pâté de maisons de l’ancien Hôtel Central, actuellement Hôtel Marriot. Il y a dix ans, plusieurs associations urbaines et environnementales ont lutté avec acharnement en partenariat avec le milieu culturel pour le maintien et la rénovation du logement dans cet îlot. En 1997, un accord de principe a été conclu sur ce point entre les associations d’habitants, la Ville de Bruxelles et les promoteurs. Il est utile de rappeler qu’un PPAS a été réalisé à la demande du Comité de Défense des Habitants de Bruxelles-Centre et que le PPAS visait la reconstruction d’un hôtel dont les charges d’urbanisme étaient destinées à la rénovation des étages du reste de l’îlot en logements.

Inter-Environnement Bruxelles et le Bral estiment que :

  • la quantité de logements ne peut être réduite,
  • la diversité commerciale doit être maintenue,
  • la division parcellaire de l’îlot doit être respectée,
  • une grande surface commerciale ne peut-être aménagée à cet endroit,
  • un salon de coiffure populaire et un restaurant ne peuvent être expropriés pour faire place à une boutique branchée.

En 1995-1996, neuf associations se sont mobilisées pour empêcher la destruction de l’îlot de l’Hôtel Central. L’occupation de l’Hôtel Central fut le début d’un changement radical à Bruxelles, le début de la lutte contre les chancres urbains, le début de la lutte contre la spéculation des immeubles inoccupés. Ce fut aussi le démarrage de la politique de revitalisation des quartiers centraux.

Un examen de la note complémentaire à la demande du permis d’urbanisme nous permet d’affirmer que cet héritage pourrait être compromis par une manœuvre spéculative.

Dans la demande du promoteur, les logements sont qualifiés de « mezzanines » . Ces soi-disant « mezzanines » feraient partie du rez-de-chaussée et seraient donc destinées à l’espace commercial. Pourtant, le propriétaire loue depuis des années ces trois logements au titre d’appartements, définis comme tels dans les contrats de location. De plus, deux de ces appartements ne sont accessibles que du côté de la rue ; un seul est couplé à l’espace du rez-de-chaussée mais dispose également d’un accès du côté de la rue.

Actuellement, 3 logements occupent le deuxième niveau des commerces situés rue des Poissonniers et rue Orts. Le PPAS stipule que « Dans ce cordon (d’animation et de commerce), le commerce est autorisé en mezzanine et en sous-sol. Un accès indépendant vers les logements doit être préservé ou aménagé » . (Dossier de base du PPAS, Pt 1.2). Bien que des commerces soient autorisés en mezzanine, la situation existante démontre que les fonctions de logements et de commerce sont compatibles et que la condition d’accès indépendants aux logements est respectée. L’affectation actuelle des lieux plaide pour le maintien du logement à cet endroit.

Nous faisons également référence à l’accord avec la Ville de 1997 qui mentionne que les logements existants dans la rue des Poissonniers et la rue Orts doivent être maintenus ainsi qu’au dossier de base (deuxième lecture) du PPAS n° 80-41 pour le quartier « Orts – Devaux » adopté par le Conseil communal et le Collège le 4 juillet 1997. Un des points essentiels de ce PPAS est « la protection du logement existant actuel » !
Donner une suite favorable à cette demande serait en contradiction avec le contenu de l’accord de 1997 et les dispositions du PPAS n° 80-41 (deuxième lecture).

C’est pourquoi Inter-Environnement Bruxelles et le Bral demandent aux autorités de la Ville de Bruxelles de refuser le projet. Les logements existants doivent être maintenus. Inter-Environnement Bruxelles et le Bral ont introduit une réclamation auprès de la Ville et défendront leur point de vue lors de la commission de concertation du 16 septembre.

Seront aussi présents : le Comité de Défense des Habitants de Bruxelles-Centre, l’ARAU (Atelier de Recherche et d’Action Urbaines), Atrium Bruxelles-Centre (Agence bruxelloise pour le développement urbain) et plusieurs commerçants.

Contact

  • Inter-Environnement Bruxelles : Almos Mihaly, 02/548 39 40, almos.mihaly chez ieb.be
  • BRAL : Joost Vandenbroele, 02/217 56 33, joost chez bralvzw.be