Inter-Environnement Bruxelles

Assemblée associative : la place de la voiture en ville

Lundi 20 avril 18:00

Publié le mardi 3 mars, par Damien Delaunois
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Assemblée associative : la place de la voiture en ville ·

1) Actualiser notre positionnement par rapport au péage urbain

Historiquement, nous avons défendu l’idée d’un péage zonal limité au Pentagone bruxellois et au quartier européen, actif durant les heures de pointe et dont les recettes seraient réinvesties dans les alternatives à la voiture. Cette position nous semble datée au regard de différentes évolutions sociales et économiques. Par exemple, les politiques d’ « attractivité », qui contribuent à l’augmentation des loyers et du prix des biens immobiliers, tendent à reléguer les classes populaires vers des espaces excentrés voire périphériques, parfois peu desservis en transport public. Dès lors, appliquer une taxation pour les travailleurs motorisés ne constitue-t-il pas une « double peine » ? De plus, à la faveur de l’emprise grandissante des « géants du web », notre quotidien est documenté au sein de serveurs, nos pratiques sont répertoriées et des algorithmes étudient nos comportements. Pouvons-nous encore soutenir un péage urbain qui serait basé sur les caméras ANPR, qui interrogent la protection de la vie privée ?

2) Actualiser notre positionnement par rapport à la politique de stationnement

L’intention de diminuer la place de la voiture en ville touche également la question du stationnement et des parkings. Comment se positionner face à ces infrastructures ? Le parking constitue-t-il nécessairement une nuisance (ex. parkings nécessaires à la réalisation de certaines activités économiques) ? Ces questions semblent pertinentes au regard du souhait exprimé dans Good Move (plan régional de mobilité) de diminuer le nombre d’emplacements en voirie de 65 000 unités, et du fait que le CoBAT impose davantage de parkings en souterrain. Comment se positionner face à une dynamique ayant pour conséquence la diminution des parkings publics en voirie (dont le coût pèse déjà plus fortement sur les habitants des quartiers centraux et populaires) et l’augmentation des parkings privés hors voirie ? D’autant plus que des parkings privés, Bruxelles en a déjà beaucoup. Il y en a autant ici qu’a Paris.

3) Définir un positionnement par rapport à la voiture électrique

La zone de basses émissions va être renforcée considérablement à l’horizon 2030. L’objectif est de bannir les moteurs diesel (2030) et essence (2035) au profit des voitures hybride, gaz ou électrique. Ces changements sont activement encouragés par d’autres associations environnementales qu’IEB (Greenpeace, WWF, BBL) et ne seront pas sans impact sur la ville de demain, particulièrement en ce qui concerne l’électrification : changement du phasage du réseau de 230 en 400V, continuité des services collectifs (ex. STIB, Bruxelles-Propreté) et du transport de marchandises. De plus, la voiture électrique ne s’adresse pas à toutes les classes sociales puisqu’un garage est nécessaire pour la recharge. Sans compter les conditions sociales (exploitation des travailleurs, parfois des enfants) et écologiques (extraction des matières premières) qui président à la production des batteries. Quelle position IEB doit-elle adopter face au discours qui fait de la voiture électrique une solution (y compris dans ses organisations « sœurs ») ?


Damien Delaunois


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