Elles sont apparues soudainement les images de l’avenir d’espaces verts encore vierges de toutes constructions sur le site Chaudron. La S.A. Erasme, une collaboration temporaire entre CFE, Deximmo et Soficom a introduit une demande de permis de lotissement et a présenté son projet à la presse.
Quelques différences par rapport au projet très contesté de 2005 : 3 maisons unifamiliales en moins, 244 unités de logement en plus et une densité de 162 au lieu de 144 logements par hectare, alors que la densité trop élevée était déjà une pierre d’achoppement en 2005. La hauteur des immeubles est réduite mais elle est compensée par une plus grande quantité. La conclusion est évidente : le contenu reste identique mais l’emballage est amélioré... une technique de vente éprouvée.
Le timing et le partage de l’espace en deux demandes de lotissement ne sont aucunement fortuits. Il s’agit en fait d’une tentative délibérée d’éluder le plan particulier d’affectation du sol préparé par la commune. Un procédé brutal de plus en plus souvent appliqué (mais ceci est une autre histoire). Partager l’aménagement de l’espace en plusieurs parties est absurde comme si un lotissement n’avait pas d’impact sur l’autre. Un permis de lotissement n’a de plus qu’une valeur contraignante limitée puisqu’il expire après 5 ans. Il ne garantit donc pas le développement définitif adéquat du site et dépend des intentions du demandeur.
En dehors d’autres commentaires relatifs au plan dont nous n’avons eu connaissance que par la presse, IEB, BRAL et le comité « Neerpede Blijft » soutiennent le PPAS en cours d’élaboration.
Développer des terrains à l’écart de la ville, entourés par des voiries régionales à trafic très dense, un immense parking, un hôpital important et des espaces pour entreprises est loin d’être simple. Leur planification cohérente doit découler d’une étude plus vaste en concertation avec de nombreux partenaires.
Quelques exemples :
Récemment, la Région a eu l’intention d’établir un schéma directeur pour le site « Erasme » mais rien n’a été fait.
Suite au tumulte provoqué par le précédent projet des promoteurs et sous la pression de « Neerpede Blijft », du BRAL et d’IEB, la commune d’Anderlecht a commencé l’étude d’un PPAS, en concertation avec la Région.
Le message est donc d’être patient. Une année sera nécessaire pour que le PPAS avec étude d’incidences soit terminé. A nos yeux, il n’y a donc aucune urgence pour urbaniser rapidement et sans réflexion cette partie verte de Neerpede.
Le devoir des autorités tant communales que régionales est de refuser résolument ces demandes au nom des générations présente et future de Bruxellois.
Dans son Plan de Développement International, la Région ambitionne d’être elle-même l’ordonnateur de ses réserves foncières. Qu’elle prenne le taureau par les cornes !
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