Inter-Environnement Bruxelles
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Immopadovirus et les espaces verts
par André Robe

Quel mal ont en commun en Région bruxelloise les projets NEO au plateau du Heysel, Universalis Park dans l’espace boisé de la Plaine à Ixelles, la méga-prison de Bruxelles Haren, Drohme à l’hippodrome de Boitsfort, d’autres mégaprojets, les PAD (plans d’aménagement directeurs ; plutôt destructeurs) ? Leur virus : une rage des promoteurs (avec l’accord ou l’appui des autorités) de bétonner à tout va et d’envahir les espaces verts avec pour résultat les atteintes graves à la fois aux arbres, à la biodiversité, au climat et –moins connu – à la santé, au patrimoine paysager et culturel. *ImmoPadoVirus* est son nom.

Un autre aspect commun est le rejet croissant de tous ces projets, non seulement par les citoyens, mais aussi par les annulations de permis par le Conseil d’État ou par des avis négatifs des organes-conseils régionaux. Le vent se met à tourner en faveur de l’environnement, de la qualité de vie, du climat, du respect des législations. Cela paraît dû à une meilleure perception des enjeux, aux manifestations résolues des jeunes pour le climat, au frémissement de l’Europe vers le Green Deal (Accord vert) et la Loi Climat.

Quelques cas de bon vent. Le Conseil d’Etat vient d’annuler le nouveau le Plan régional d’affectation du sol, nécessaire au projet NEO I au Heyzel, dont le centre commercial de 72.000 m² (7 hectares de surface plancher).

Le Conseil d’Etat annulait fin 2019 les permis d’urbanisme délivrés à Universalis Park, l’un pour 3 grands bâtiments et l’autre pour la voirie qui les dessert dans le site vert emblématique de la Plaine.

Annulation du permis d’urbanisme relatif au projet Drohme dans l’hippodrome de Boitsfort. Divers projets de PAD ont fait l’objet d’un avis négatif de la part de la Commission régionale de développement (CRD) et de la Commission royale des Monuments et des Sites (CRMS), avec le bémol que ces avis sont consultatifs, pas contraignants, puis que les débats en commission parlementaire sont décevants.

Dommage, il survient aussitôt des actions perfides ou laxistes des autorités. A peine le permis d’environnement du dépôt de tram Marconi annulé par le Conseil d’Etat, la Région délivrait un nouveau permis en réduisant fictivement le nombre d’emplacements de parking. Pour le projet Drohme, octroi éclair d’un nouveau permis en changeant des détails minimes.

Des projets catastrophiques pour l’environnement comme la méga-prison de Bruxelles-Haren ou le Complexe hôtelier à Solvay Sport à Boitsfort, poursuivent leurs parcours, voire réalisations. A la Plaine ULB, après l’annulation de deux permis par le Conseil d’Etat, les autorités communales et régionales tergiversent à tirer les conséquences. Pourtant laisser commettre des infractions, dont l’abattage de nombreux arbres, équivaut à s’en rendre complice ! Quelle commune donne le bon exemple ?

Mais diantre et *tout de suite* : Pourquoi ne pas enclencher la politique de *débétonner* ? Du fait que les études scientifiques prônent de *planter* des arbres pour satisfaire au climat et à la biodiversité, et puisqu’il est difficile de trouver en ville des lieux pour planter des arbres, pourquoi n’empêche -t-on pas de *réduire au strict minimum l’abattage* d’arbres et pourquoi n’éduque-t-on pas contre les élagages drastiques ?

*Cela vaut aussi pour les parcs et pour les haies*. Hourra, la Wallonie et la Flandre ont décidé de planter des milliers de kilomètres de haies pour favoriser la biodiversité, retenir les eaux de pluies et ainsi réduire l’érosion superficielle des sols et les inondations.

Heureusement, les citoyens continuent les combats pour endiguer les méfaits et les dégâts, pour préserver les arbres et la nature, notamment en ville.

De plus en plus, sauver le site emblématique de la Plaine ULB devient emblématique pour sauver les espaces verts bruxellois, puisqu’il est au centre de la région, en même temps zone refuge pour les animaux, indispensable au maillage vert, situé dans le cadre de l’ULB et ainsi révélateur des enjeux universitaires et culturels.

De plus en plus, le vent tourne en faveur de l’environnement, du cadre de vie, du climat, du respect des législations, donc en faveur des gens, de la démocratie, du patrimoine, de l’intérêt général. Les décisions d’annulation et les avis de désapprobation progressent. Encourageons-les. Les autorités devront s’adapter… et l’ImmoPadoVirus régresser.

Comme le disent les jeunes, le Climat n’attend pas.
Pas moyen de lutter pour les droits humains sans lutter pour le climat.
Pas moyen de lutter pour le climat, sans lutter pour les arbres et la nature.

Collectif pour les Arbres, la biodiversité et la santé.