Inter-Environnement Bruxelles

Vers une quatrième vie pour les Abattoirs d’Anderlecht ?

Publié le mardi 27 octobre, par Cataline Sénéchal, Claire Scohier
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Photo : Fabienne Loodts

IEB s’intéresse de longue date au devenir du site des Abattoirs d’Anderlecht et avait mis sur pied Forum Abattoir en 2013, un partenariat avec la SA Abattoir et le Centre de rénovation urbaine d’Anderlecht, pour assurer la mise en débat public du devenir du site. En 2015, Cataline Sénéchal publiait pour Forum Abattoir l’article « Les trois vies d’une exception urbaine ». Celui-ci retraçait 125 ans d’histoire des abattoirs au travers de trois périodes : sa naissance en 1890, construit par une société anonyme, sa gestion communale de 1920 à 1984 et sa reprise par une société anonyme jusqu’à aujourd’hui. L’article pointait le caractère exceptionnel du site notamment par le maintien d’un des derniers abattoirs au cœur de la ville. Sans doute parce que tout au long de ses trois vies, les abattoirs se sont montrés perméables et en interaction avec un quartier populaire, Cureghem. Ils en sont encore aujourd’hui le poumon social et économique grâce à un marché populaire et l’activité d’abattage de viandes pourvoyant, l’un et l’autre, à des emplois peu qualifiés et à des denrées à bas prix. Aujourd’hui, nous apprenons les négociations entre la commune d’Anderlecht et la Société d’aménagement urbain (SAU) de la Région pour une reprise de propriété des Abattoirs. En effet, la propriété d’une grande partie du sol est toujours aux mains de la commune et c’est la gestion du site qui a été confiée depuis 1984 à la SA Abattoirs (via un bail emphytéotique) jusqu’en 2050. Depuis l’arrivée d’un Master Plan de développement immobilier du site en 2011, IEB s’inquiète de l’éventuelle déconnexion du site par rapport aux besoins divers du quartier. Ces dernières années ont déjà vu l’émergence de diverses activités plus sélectives dans leur offre. Si le maintien du site en propriété publique est une bonne nouvelle pour ce territoire d’intérêt général, nous espérons que la Région (au travers de la SAU) ni visera pas à développer avant tout une attractivité supra-locale (déjà présente) et économiquement aléatoire par une mise en concurrence territoriale. Alors que dans ses trois vies, les abattoirs ont prouvé par leur attention au quartier, leur capacité à dépasser les crises.


Claire Scohier - Cataline Sénéchal


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Dernier ajout : 24 novembre.