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En attendant mieux...

Une crise du logement abordable !

Publié le mardi 26 mars, par I E B

Entre 2003 et 2017, la population bruxelloise a augmenté de 200 000 habitants, et dans le même temps, ce sont un peu plus de 6 000 nouveaux logements qui ont été construits, dont 15 % par les pouvoirs publics. On pourrait donc aisément conclure à une inadéquation entre les besoins de la population bruxelloise et l’offre en logement, et ce serait exact. Mais pour bien faire, il s’agit de traiter la situation avec plus de finesse.

Car l’inadéquation est encore plus forte pour une partie de la population bruxelloise : les plus pauvres. Le privé construit du logement rentable, pour une population solvable. Les nouveaux logements qu’il met sur le marché ne sont pas à destination des ménages populaires.

Quant aux 1 300 nouveaux logements sociaux construits entre 2005 et 2017, ils ont rapidement trouvé leurs occupants, puisque aujourd’hui 44 000 ménages sont sur la liste d’attente pour un logement social.

Dans le même temps, l’augmentation généralisée des loyers (+ 20 % hors inflation entre 2005 et 2015), et des prix des biens immobiliers (+ 100 % entre 2000 et 2010) va impacter tous les ménages mais avec des conséquences différentes. En effet, selon les revenus, l’effort fourni pour se loger « plus cher » sera consenti sur différents postes de dépenses selon les catégories sociales.

Mais en plus, les loyers les plus faibles, pour les logements les plus petits, et les moins confortables vont augmenter proportionnellement plus que les autres logements.

Pour rappel, à Bruxelles :
➞ 60 % des ménages sont locataires.
➞ 6,85 % du parc sont du logement social.
➞ au moins 50 % des ménages, soit au moins 270 000 ménages, sont dans les conditions d’accès au logement social.
➞ 44 000 personnes sont en attente d’un logement social.

Forte de tous ces éléments, la crise du logement s’est imposée comme un problème à régler imminemment. Et pour cause, elle touche tout le monde : que vous soyez riche ou pauvre, si vous n’êtes pas propriétaire, vous constatez bien que les loyers augmentent et que les prix de l’acquisition deviennent fous.

Oui mais, sous couvert de la crise du logement, on permet tout et n’importe quoi pour augmenter VITE le parc de logements neufs : construction de tours de logements de standing, constructions privées sur des parcelles réservées à des espaces verts, etc.

Or l’urgence se trouve plutôt du côté du logement abordable. Et des espaces bâtis à occuper à Bruxelles, il y en a : bâtiments vides, bureaux inoccupés, maisons sous-occupées, etc. Mais pour s’en saisir, il faut oser toucher à la propriété privée…

Bem 299 - Mars-avril 2019

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Dernier ajout : 13 novembre.