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Un mauvais projet guette le site de l’hippodrome de Boitsfort

Publié le vendredi 8 avril, par ACQU

Février 2016, montage d’infrastructures temporaires devant les façades classées des Grandes Tribunes. Notons q’un recours en réformation a été introduit contre le permis délivré par l’IBGE (8 février 2016) autorisant (sans enquête publique) le montage de ces infrastructures

Depuis la liquidation de la société des courses
équestres en 1995, l’apparente « vacance » de l’Hippodrome,
attise la convoitise de promoteurs privés.

Si de multiples projets ont échoué (casinos, centre
de congrès et hôtel de luxe... ), certains investisseurs
sont tout de même arrivés à y organiser des événements
semi-temporaires (Bar - Restaurant La Terrasse,
Cirque Pauwels, ...). Ces grands événements
ont révélé à suffisance les nuisances dans lesquelles
ils plongent les abords du site.

La société Drohme Invest (dirigée par Michel Culot)
a finalement obtenu en concession pour 15 ans (renouvelable)
la gestion du site. Et le 8 février 2016, un
permis d’environnement temporaire a été délivré par
l’administration régionale de l’environnement - sous
la tutelle de Madame Céline Frémault - à la société
Drohme Invest pour l’érection et l’exploitation sur le
site de l’Hippodrome dit de Boitsfort (à 95% sur le
territoire d’Uccle) de 3 chapiteaux totalisant 1.775
places et l’exploitation d’un parking de 300 places.

Les craintes de voir se transformer l’espace vert de
l’Hippodrome en un vaste complexe d’organisation
d’événements et de spectacles
se confirment donc.
Et ce d’autant que si le permis temporaire n’est octroyé
que pour 3 mois, il y a manifestement volonté
de l’exploitant d’obtenir un permis d’environnement
définitif.

Depuis lors, le battage publicitaire bat son plein,
faisant la promotion des aspects prétendument
écologiques et environnementaux du projet. Mais
au-delà de cette campagne de marketing à tendance
très « greenwashing », semble se profiler avant tout
une grosse opération commerciale (1) désastreuse
pour la mobilité, (2) négative pour l’environnement,
(3) et peu avantageuse pour les Bruxellois.

Été 2015, événement grand public organisé par Drohme Invest sur le site de l’Hippodrome. Une zone Natura 2000 transformée en parc événementiel ?
LE PROJET DROHME INVEST : LA SOURCE D’IMPORTANTES NUISANCES

Hormis certaines infrastructures secondaires dont
l’implantation peut s’avérer être une plus-value
(Maison de la Forêt, plaines de jeux,...), c’est surtout
la tenue ponctuelle de grands événements de masse
qui va porter préjudice à la pérennité du site, et ce
tant pour des raisons environnementales (fragilité
des écosystèmes de la forêt, quiétude de l’habitat)
que logistiques (congestion automobile).

Drohme a
beau prétendre vouloir créer un parc « tourné vers
l’avenir, en phase avec les enjeux environnementaux
européens », les moyens mis en oeuvre sont
en réalité archaïques, en contradiction totale avec
leur discours et surtout vecteur de très importantes
nuisances qui échappent à la maîtrise du promoteur.

• nuisances en matière de mobilité

Le projet prévoit une fréquentation d’au moins
200.000 visiteurs par an et la tenue de plus de
130 événements, tant « indoor » que « outdoor ».
Ceci représente une moyenne de 550 personnes
par jour pendant 365 jours. Or, il est clair que
la fréquentation sera maximale pendant les
week-ends à la belle saison. Il y aura donc
manifestement plusieurs milliers de visiteurs
ces jours-là, pour ne pas préciser ces soirs-là …

Le permis provisoire qui vient d’être délivré annonce
la taille des événements projetés puisqu’il
autorise l’implantation de 3 chapiteaux totalisant
1.775 places, même si un maximum de 1.250
personnes peuvent se trouver réunies sous les
chapiteaux. Les événements « outdoor » viseront
vraisemblablement un public encore plus large.

Or, l’espace qui sert traditionnellement de parking
au site - quoique illicite car sans permis
d’environnement - est considéré comme ne pouvant
accueillir qu’un maximum de 210 voitures.
Déjà, lors de la tenue d’événements similaires les
années précédentes, le trop plein du stationnement
générait inévitablement un stationnement
sauvage dans les voiries environnantes.

Mais le problème principal demeure la question
de la mobilité chaussée de La Hulpe qui est
déjà fréquemment embouteillée puisqu’il s’agit
du seul axe de connexion entre Uccle et Ixelles
/ Boitsfort. Ceci est d’autant plus vrai quand le
Bois de la Cambre est fermé à la circulation
automobile les week-ends, soit les jours où
Drohme prévoit l’organisation des plus grands
événements. Ses dirigeants réalisent très bien
que le problème de la mobilité est inextricable :
lors de présentations publiques qu’ils ont faites
de leur projet, la question a chaque fois été répétée
sans qu’on puisse obtenir d’autres réponses
que :

- on agrandira le parking intérieur (comme si
cela allait améliorer la circulation à l’extérieur
( !),
- on s’arrangera avec des entreprises voisines
pour disposer de leur parking ( !),
- on créera des pistes cyclables ( !),
- on demandera une meilleure fréquence des
trams (jusqu’à quelle heure ?), etc…
- …Ah oui, c’est vrai, Drohme espère aussi
obtenir l’ouverture à la circulation automobile
de certaines drèves de la forêt ; de la sorte
pourrait être déchargé l’accès du parking en
direction de la drève de Lorraine (dont on oublie
de dire qu’elle est déjà bouchée tout comme la
chaussée de Waterloo) et on éviterait ainsi les
encombrements de la chaussée de La Hulpe :
quelle contradiction pour un projet qui se veut
« tourné vers la forêt et la nature » ! un projet
qui prétend « amener la nature en ville » !

La vérité est qu’il n’existe pas d’alternative
plausible à l’usage de la voiture et que toute
utilisation intensive du parking mènera à la
paralysie entre Uccle et Boitsfort. Le promoteur
le sait pertinemment et quand il est acculé
il dit compter sur Bruxelles Mobilité !

Lors de la tenue de grands événements le trop plein du stationnement génère inévitablement du stationnement sauvage dans les voiries environnantes, ici entre les arbres de la chaussée de la Hulpe.

nuisances sonores du fait de l’utilisation du son
amplifié.

Les basses s’entendent loin. Beaucoup
de riverains sont concernés, sans parler des
nuisances que cela occasionne pour la faune. Or
le permis autorise les événements jusqu’à 2 h.
du matin ! Le promoteur a-t-il le moindre souci
des riverains ?

nuisances lumineuses suite à l’éclairage du site
en soirée et la nuit ; nuisances pour les riverains
proches mais tout autant pour la faune.

UN DOMAINE PUBLIC À ENTRÉE PAYANTE ?

L’accès au site est aujourd’hui pour l’essentiel gratuit.
Seul l’accès au golf est payant tout en restant
relativement accessible à tous.

En plus de la tenue de grands événements (payants),
Drohme prévoit l’implantation de toutes sortes d’infrastructures
de loisirs et d’animations dont l’accès
sera probablement pour une part gratuite (grâce à
l’octroi de subsides publics dont 4,5 millions d’euros
du fonds FEDER) et pour une part payante. L’accès à
la « promenade » sur la boucle de l’hippodrome restera
probablement gratuit afin notamment d’attirer
plus facilement le client vers les diverses attractions
payantes. Grosso modo, le même principe que la
Foire du Midi…

Avec les années et en fonction des opportunités on
peut s’attendre à ce que le nombre d’attractions
payantes augmente, notamment le secteur HoReCa.
Outre l’implantation de restaurants (et de commerces ?),
l’objectif à long terme de Drohme Invest
semble en effet d’ouvrir le site au secteur hôtelier,
voire même d’y introduire du logement permanent
via la création d’une filiale immobilière !


C’EST D’UN AUTRE PROJET DONT LE SITE DE L’HIPPODROME A BESOIN !

L’Hippodrome s’est implanté à la fin du 19e siècle
sur un morceau de forêt de Soignes. Aujourd’hui
encore la présence de la forêt marque l’identité du
site : la portion comprise entre les deux anneaux,
demeure boisée et le reste du site se profile comme
un parc paysager. De la sorte le site de l’Hippodrome
constitue une zone tampon entre la forêt et la ville.
Cette zone lisière est fragile, elle ne supporte qu’une
fréquentation humaine modérée. Il faudrait même
rendre inaccessibles certaines zones vulnérables
dont notamment l’espace boisé entre les deux
anneaux de l’Hippodrome.

Pour les usagers du site (golfeurs, promeneurs, joggeurs,...)
la quiétude des lieux constitue également
une grande plus-value.

L’Hippodrome doit demeurer un parc pour les
Bruxellois, accessible avant tout par les transports
collectifs.

Tant pour les raisons de mobilité que d’environnement,
l’Hippodrome doit avant tout rester un parc
à destination des Bruxellois. La promotion du parc
doit viser la Région bruxelloise avec une attention
particulière pour les quartiers les moins pourvus
en espaces verts récréatifs, et il faut tout faire pour
améliorer l’accessibilité du site en transports en
commun.

Il existe aujourd’hui suffisamment d’initiatives originales
de par le monde, pour inspirer positivement
un plan de gestion alternatif, raisonnable, social
et durable de cet ensemble patrimonial naturel et
culturel exceptionnel que constitue le site de l’Hippodrome.

Le site de l’Hippodrome se démarque des autres parcs de la Région du fait de ses particularités : un golf à neuf trous, d’anciens bâtiments hippiques, les deux grandes boucles.

Un Collectif citoyen « Les Amis de l’Hippodrome »
s’est récemment constitué pour s’opposer à tout
projet de privatisation et de surexploitation commerciale
du site.

Le Collectif réunit des associations, comités de
quartier et citoyens, aux horizons et préoccupations
diverses, mais unis dans un même but : sauvegarder
le site, son environnement, sa tranquillité, son
accessibilité au public bruxellois.

Sont actuellement partenaires du Collectif :
- Les Amis de la Forêt de Soignes, asbl
- Les Amis du Bois de la Cambre, asbl
- Le Mouvement citoyen Pas Question !
- L’Association de Comités de Quartier Ucclois
(ACQU), asbl
- Le Comité de Quartier Roosevelt – Victoria
- Le comité Solvay Sports
- De nombreux riverains proches de l’Hippodrome
(Tumuli – Roosevelt- Montana – etc…)

Pour contacter le Collectif, pour agir et défendre le
site, il suffit d’envoyer un courriel à :
lesamis.hippo@gmail.com

Signalons enfin qu’un recours en réformation a été
introduit le 10 mars devant le Collège d’Environnement
contre le permis d’environnement temporaire
délivré le 8 février 2016 par l’I.B.G.E.

Voir en ligne : http://www.acqu.be/UN-MAUVAIS-PROJE...

La revue du web

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Dernier ajout : 3 décembre.