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Tractebel travaille-t-elle à la destruction de la forêt amazonienne ?

Publié le vendredi 15 avril, par cveter

Depuis le cœur de l’Amazonie, cela fait des dizaines d’années que le peuple indigène des Mundurukus s’oppose aux projets de barrages qui pourraient envahir leur territoire. La Tapajos, la rivière le long de laquelle les Mundurukus sont implantés depuis des siècles, est désormais menacée par plus de 40 barrages dont un gigantesque de 7,6 km de long. Et parmi les potentiels candidats à la réalisation de ce projet, se trouve Tractebel Engineering, l’ancienne entreprise belge, désormais filiale de la française ENGIE.

Tractebel, tout comme ENGIE et Siemens, ne doivent pas se lancer dans un tel projet, nocif pour la nature, pour les humains et économiquement inintéressant pour le Brésil. Quand Greenpeace l’a interrogé sur sa potentielle participation, Tractebel a dédouané ses responsabilités sur le gouvernement brésilien. Pourtant, le méga-barrage qui prendra place à São Luiz do Tapajos, ainsi que la quarantaine de plus modestes qui essaimeront le long de la rivière auront des conséquences violentes tant sur l’environnement que sur les populations indigènes qui y vivent, comme le révèle le rapport que vient de publier Greenpeace.

L’exemple récent du complexe hydroélectrique de Belo Monte sur la rivière brésilienne Xingu, situé également dans la forêt amazonienne, a prouvé combien ces projets piétinent l’habitat des peuples autochtones et entraînent la destruction d’écosystèmes fragiles. Il fait de plus aujourd’hui l’objet d’une des plus grandes enquêtes sur la corruption dans l’histoire du Brésil. Des sociétés ont payé des millions en pots de vin pour obtenir des participations dans la construction du complexe et cet argent a servi au financement de partis politiques.

Tractebel, en tant que société responsable, doit rester en dehors de ce projet. Tout comme Siemens, devant le siège de laquelle des activistes de Greenpeace ont manifesté hier. Deux consortiums d’entreprises internationales sont actuellement pressentis pour remettre une offre en vue de la construction de ce projet pharaonique. ENGIE fait partie de l’un des deux.

Le barrage de São Luiz do Tapajos inonderait une zone de forêt aussi grande que New York City et mettrait en danger une partie du territoire des Mundurukus – peuple récompensé l’an dernier par le prix Equator pour leur combat en faveur de l’environnement. De nombreux animaux qui vivent dans les environs, tels les dauphins roses, verraient aussi leur habitat menacé. Car ces barrages hydroélectriques de grande envergure sont loin d’être sans conséquence pour l’environnement.

Outre l’énergie nécessaire à la construction d’une telle installation industrielle au cœur de l’Amazonie, les barrages émettent d’importantes quantités de gaz à effet de serre - du CO2 mais aussi le bien plus puissant méthane -, résultant de la dégradation de la végétation et des terres inondées. Les changements climatiques quant à eux, devraient réduire considérablement le débit des rivières en Amazonie, diminuant la probabilité que ces nouveaux barrages puissent atteindre les résultats de production d’énergie espérés. Pour la rivière Tapajós, une étude gouvernementale a prédit une réduction de débit pouvant aller jusqu’à 30 % dans les environs du site prévu pour le barrage. 

« De plus, pour acheminer les travailleurs et le matériel nécessaires à la construction d’un tel barrage, des voies sont ouvertes au cœur même de la forêt, qui peuvent ensuite engendrer plus facilement des coupes de bois illégal et une augmentation de la déforestation », avertit An Lambrechts, chargée de campagne Forêts pour Greenpeace Belgique et qui fait partie de l’équipe internationale.

Greenpeace demande donc à Tractebel, à Siemens, ainsi qu’à toutes les entreprises concernées de se retirer ouvertement de ce barrage nocif à l’environnement et exhorte le gouvernement brésilien à stopper la construction de grands barrages hydroélectriques au cœur de la forêt tropicale alors qu’ils ne tiennent la route ni économiquement, ni écologiquement, ni socialement et que des alternatives durables, plus vertes et moins chères existent, comme les énergies solaire et éolienne.

Contact :

An Lambrechts, expert Forêt chez Greenpeace : +32 485 78 83 75
Elle est actuellement au Brésil et disponible à partir de 14h.

Voir en ligne : http://www.greenpeace.org/belgium/f...

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Dernier ajout : 6 décembre.