Inter-Environnement Bruxelles
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Ring Est : le Bral, IEB, BBL et l’ARAU réagissent

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Quelques mois après la consultation publique relative au Ring Nord, la Région flamande a exposé plusieurs alternatives de réaménagement qui impacteront (d’abord) sa section orientale et qui portent sur l’optimalisation ou la réorganisation de plusieurs carrefours importants (Quatre-Bras, Léonard, Jesus-Eik).

À l’initiative du Bral, un certain nombre de remarques relatives à ces réaménagements a été envoyé à la Région flamande, appuyé par IEB, Beter Bond Leefmilieu et l’ARAU. Cette réaction commune pointe, en premier lieu, l’absence d’un objectif prioritaire concernant l’amélioration de la qualité de l’air. Et ce alors que les modélisations réalisées par la Cellule interrégionale pour l’environnement indiquent qu’autour des carrefours visés les normes européennes relatives au NO2 ne sont pas respectées, comme les nouveaux objectifs sanitaires relatifs à la concentration de particules fines fixés par l’OMS. En outre, les modélisations utilisées par la Région flamande quant à la qualité de l’air se fondent sur l’hypothèse contestable d’un renouvellement rapide du parc automobile et se basent sur des données d’émission théoriques et non réelles (« real driving emissions »). Enfin, les calculs effectués se réfèrent à la législation européenne existante, alors que la directive « Ambient Air Quality » sera revue cette année ; selon les associations, il est important d’anticiper ces évolutions légales.

Deuxièmement, les associations craignent que les objectifs portant sur la fluidité, le trafic de transit et la sécurité routière ne puissent être atteints sans la mise en œuvre de mesures qui pourraient contribuer à réduire le recours à l’automobile – comme par ex. une forme de tarification kilométrique, qui selon certaines études pourrait réduire de 20 % la circulation sur le ring. Bref, des travaux d’infrastructure découplés de mesures fiscales sont susceptibles de n’avoir qu’un effet marginal sur la fluidité, pourtant l’un des objectifs prioritaires du programme général Werken aan de Ring.

Autre élément, on ne saisit pas bien comment s’articuleront les buts poursuivis en termes d’« amélioration du réseau de mobilité », en particulier s’ils venaient à se contredire. C’est pourquoi les associations appellent la Région flamande à appliquer clairement le principe STOP, qui devrait guider les réaménagements de manière transversale. L’optique visant à privilégier les modes actifs sur la voiture aurait grandement bénéficié des résultats d’une phase-test, finalement non mise en œuvre par la Région flamande, consistant à réduire, en certains endroits, le nombre de bandes de circulation à une par sens.

En quatrième lieu, les associations s’interrogent sur l’articulation des réaménagements avec les plans et programmes de la RBC. On ignore ainsi quels sont les plans bruxellois qui seront pris en compte dans le calcul des effets sur la mobilité et l’environnement. Par ailleurs, dans quelle mesure les réaménagements proposés par la Région flamande s’alignent-ils sur le plan Good Move ? La question est d’autant plus importante que le plan bruxellois de mobilité prévoit une augmentation du trafic sur le ring.

Dernière remarque générale, celle relative aux cheminements cyclables dont certains sont des axes Vélo Plus selon Good Move. Qu’il s’agisse de leur revêtement ainsi que leur dimension (en certains endroits, 2 mètres au lieu des 4 prescrits), ces axes ne répondent pas aux attentes actuelles des cyclistes et sont peu susceptibles d’appuyer une hausse du recours au vélo. Ici aussi, une meilleure coordination avec la Région bruxelloise serait judicieuse.