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Mixité sociale

Regards d’habitants

Publié le mardi 29 mars 2011, par I E B

Dans mon quartier actuel (avenue du Parc à Saint-Gilles), la mixité sociale est réelle. Elle se marque au niveau des commerces, marchés, restaurants et bars et jusque dans les immeubles privés ou sociaux. La Coupe du Monde de football a été un moment révélateur de la multitude des nationalités qui se côtoient autour de la Barrière de Saint-Gilles, avec les festivités, l’ambiance et les nuisances sonores que cela a impliqué pour les riverains.
Ce petit bout de Saint-Gilles est un endroit où la mixité sociale se vit bien, sans doute mieux que dans d’autres quartiers de Bruxelles.
De manière générale, j’ai l’impression que comme Bruxelles s’organise en une multitude de petits villages, la mixité sociale n’est pas source de trop de tensions.

J’aime aller dans les salons de thé marocains déguster thé, café,crêpes et milkshake à l’avocat. J’y suis parfois la seule européenne et la seule femme mais cela ne m’a jamais posé un seul problème. J’ai souvent observé au contraire un sourire approbateur encourageant ma venue. J’aimerais pouvoir boire du vin blanc en dégustant les poissons grillés du boulevard Stalingrad.
Que dire de plus ? Je crains parfois que les différentes communautés à Bruxelles se renferment sur elles-mêmes. Je regrette que l’éducation belge ne soit nationale et de compétence fédérale. J’ai l’impression que la mixité culturelle, sociale et/ou communautaire, ça commence par là...
Dans mon quartier, dans ma ville, la mixité est de plus en plus visible et évidente.
Des résistances se manifestent. Des rejets hostiles aussi.

Je pense que la coexistence, le vivre ensemble ne sont possibles que lorsqu’il y a acceptation de l’ altérité, qui est inhérente à toute rencontre.
Je me demande aussi, si on n’est pas dans une configuration des sociétés de « Demain ». Plus mixtes et plus ouvertes.
« Tout le monde, chez tout le monde ?! »

Je vis bien la mixité sociale dans mon quartier dans le sens où il est un carrefour entre le centre de Bruxelles et les quartiers qui l’entourent. Je suis sûre qu’en allant au GB du coin, je croise un manager, une aide à domicile, une étudiante, un ouvrier du bâtiment, un employé de banque, un technicien de surface, un artiste ou encore un travailleur social et une femme de ménage ! J’habite au milieu de la rue du Commerce : d’un côté ce sont les classes moyennes, voire bourgeoises bohèmes et de l’autre côté, les logements sociaux qui apparaissent. Je côtoie ces différents mondes que ce soit au travail ou dans mon entourage proche et j’aime ça...

Dans le quartier d’Ixelles où j’habite, on peut dire qu’il y a une population hétéroclite composée de plusieurs variantes comme la nationalité ou l’appartenance à un groupe professionnel ou par l’appartenance au corpus universitaire. Ces variantes se côtoient mais ne se mélangent aucunement. Elles partagent des lieux dits publics comme les bars, cafés, restaurants, bureaux de postes, banques... etc. qui géographiquement les situent comme du même quartier alors qu’elles s’ignorent totalement et ne sont dans aucune dynamique de partage et de concertation ou de découverte l’une, l’autre...

La mixité sociale à Bruxelles et a fortiori dans mon quartier (porte de Flandre) est très faible. J’ai souvent l’impression en me promenant dans les rues que les différents groupes sociaux/culturels vivent dans des mondes séparés. Je me rends compte que le réseau social dans lequel j’évolue, depuis que je suis à Bruxelles, est malheureusement assez homogène.
Une espèce de middle class artistico – culturelle un peu gauchiste…
Je suis issue d’un milieu très populaire, également très homogène, voire fermé sur lui-même. Je me rappelle bien avoir senti étant jeune la pression du groupe social ; je me rappelle aussi la revendication d’appartenir à la classe ouvrière, la haine de la richesse et du pouvoir. Réaction paradoxale : le mépris pour ceux qui nous maintiennent, délibérément, dans ce bas niveau social et en même temps la fierté d’être de la classe ouvrière (la classe vivante disait mon père).
Aujourd’hui, je sors le matin de chez moi, je regarde deux vieux ouvriers dʼorigine marocaine qui partent bosser au chantier. Je sens le mépris dans leurs yeux quand nos regards se croisent.
Mais peut-être c’est moi qui ne vois pas clair…

BEM n°246 – 25 mars 2011

BEM n°246 – 25 mars 2011

Dernier ajout : 22 novembre.