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RER à la Schouppe : tout ça pour ça ? Beaucoup de potentiel mais peu de résultats pour les Bruxellois

Publié le jeudi 2 avril 2009, par IEB

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La plate-forme SMoB (Sustainable Mobility for Brussels) réagit au récent schéma d’exploitation du RER.

Il y a quelques semaines, Etienne Schouppe présentait le schéma d’exploitation du futur RER dans l’hebdomadaire Knack/Le Vif. Ce schéma n’est pas favorable aux Bruxellois. Ceux-ci subissent les conséquences négatives des chantiers d’infrastructure sans en retirer d’avantages : pas de bonnes fréquences, pas assez de stations et pas de connexions intra-bruxelloises. Alors que ce projet de réseau RER n’améliorera pas la mobilité des Bruxellois, il ne suscite presque aucune réaction politique, citoyenne ou journalistique.

Une première réaction très négative a fusé de l’association des usagers des transports publics TreinTramBus. Selon elle, le schéma répond à une logique d’exploitant mais ne prend pas en compte les besoins des voyageurs. Elle constate que les trains RER doivent éviter à tout prix de rouler dans les pattes des anciens IC/IR. Les RER sont déroutés de la jonction Nord-Midi, chasse gardée des anciens IC/IR, et déviés vers les lignes de contournement.

De nombreuses associations bruxelloises défendant l’environnement, les habitants et les usagers des transports publics réunies au sein de la plate-forme SMoB[1] partagent cette analyse. Ce RER n’offrira pas de liaison directe entre le centre-ville et les communes de la deuxième couronne que sont Uccle, Forest ou Laeken alors qu’il remplirait ce rôle à merveille. Bockstael et Calvoet pourraient n’être qu’à 10 minutes du centre, autrement plus proches qu’avec l’actuel réseau de métro, de tram et de bus. Etienne Schouppe rend le centre de Bruxelles plus facilement accessible avec les IC depuis Mechelen, Louvain ou Denderleeuw que depuis Uccle, Forest, Laeken ou la proche périphérie avec le RER , ce qui ne va pas freiner l’exode urbain des classes moyennes. Ce schéma d’exploitation du RER est façonné pour satisfaire les navetteurs de la grande et moyenne périphérie et pas pour améliorer la mobilité à l’intérieur de la capitale. D’autres chaînons indispensables sont manquants, comme une liaison entre l’aéroport et le quartier européen.

Le plan des lignes n’est pas le seul écueil du futur RER. Les fréquences de passage sont extrêmement faibles. Les associations réclament un passage tous les quarts d’heure durant toute la journée, le soir et le week-end et pas uniquement pendant les heures de pointe. Depuis quelques années, les besoins de mobilité croissent hors des heures de pointe et la tendance va encore s’accélérer avec le vieillissement de la population et la flexibilité croissante des horaires de travail. Il y a également lieu de réclamer davantage d’arrêts. Seules quelques-unes des 17 haltes prévues par le Plan régional de développement (PRD) sont envisagées. Par exemple, les quartiers denses de Schaerbeek et Cureghem auraient mérité une station, tout comme le Lycée français situé du Sud d’Uccle. Articuler autour du RER le développement des futurs quartiers qui vont naître à Josaphat ou à Schaerbeek-Formation n’aurait pas été un luxe non plus.

Selon les associations, ce schéma ne compense pas les lourds travaux d’infrastructure subis par Bruxelles et qui impliquent de nombreuses expropriations et de nouvelles nuisances sonores. Les avantages du RER sont très loin d’en égaler les désagréments. Que reçoit Bruxelles pour tout ce qu’elle a donné ? Beaucoup d’espoirs sont déçus.

Le gouvernement bruxellois reste inexplicablement silencieux et inerte face au plus grand projet de mobilité des années passées et à venir. A l’évidence, une attitude considérablement plus proactive s’impose. Les associations rappellent aux hommes et aux femmes politiques que les élections régionales sont proches et qu’ils seront élus sur base de leur projet de ville. Il est encore temps de se saisir de ce dossier et de promouvoir une ville habitée.

Contacts :
- Inter-Environnement Bruxelles : Jérôme Matagne, 0485/750 421
- Brusselse Raad voor het Leefmilieu : Ben Bellekens, 0486/180 619
- TreinTramBus, beweging voor beter openbaar vervoer : Stefan Steynen, 0494/725 190



[1] La plate-forme SMoB (Sustainable Mobility for Brussels) fédère des associations et habitants défendant les principes d’une mobilité durable à Bruxelles. Elle regroupe : Inter-Environnement Bruxelles (IEB), Brusselse Raad voor het Leefmilieu (BRAL), Association de Comités de Quartier Ucclois (ACQU), Atelier de recherche et d’action urbaines (ARAU), NoMo - Autrement mobile, CODA, Comité de défense des Habitants de Bruxelles-Centre, Fietsersbond, FOE Bruxsel, Groupe de Recherche et d’Action des Cyclistes Quotidiens (GRACQ), Johanna vzw, La Ligue des Familles (Bruxelles), Placeovelo, TreinTramBus, Wolu-Inter-Quartiers (WIQ).


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