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Quand l’alimentation façonne les villes

Publié le jeudi 27 juillet, par Sibylle Vincendon

Dans un numéro intitulé « Nourrir les urbains », la revue « Urbanisme » s’interroge sur le lien entre la production de ce que l’on mange et l’aménagement des cités modernes.

Quand l’alimentation façonne les villes

Les villes sont nées du commerce et, au début, du commerce des surplus alimentaires produits par les paysans autour d’elles. Puis, comme elles grandissaient, elles ont tout mangé. Et finalement, comme la quantité n’y suffisait plus, elles sont allées chercher les provisions de plus en plus loin. Jusqu’à nos jours, où prévaut l’idée que si c’est produit près de chez vous, c’est meilleur pour vous.

Entre agriculture, logistique, commerce et au bout de la chaîne, citadins consommateurs, l’alimentation est structurante, mais elle ne fait pas partie des fondamentaux de l’aménagement. D’où l’intérêt du numéro d’Urbanisme, revue plus que trentenaire (1) qui pourtant, se consacre au sujet pour la première fois. C’est dire s’il avait été oublié.

Mais pas seulement par les chercheurs. L’alimentation a aussi été laissée de côté par les territoires. Le processus de l’approvisionnement marchait, en quelque sorte, tout seul. Mais « à l’aune de crises multiples, les territoires redécouvrent la fonction essentielle de "se nourrir" ». Or, c’est ce « rendez-vous longtemps oublié qui ressurgit sous de nouvelles formes ». Ce sont elles qui sont déclinées tout au long des articles du numéro, avec des titres qui interrogent par exemple « comment les mangeurs ont renversé l’ordre des préoccupations » ; ou, question de l’époque, si « relocaliser » (l’agriculture près des villes) est « une fausse bonne idée ». La réponse étant plutôt oui.

En étudiant les « paradoxes de l’agriculture en ville », les « micro-fermes urbaines » mais aussi les cultures hors sol au-dessus de friches polluées, le modèle de La Ruche qui dit oui, les circuits courts, la food-tech et même les commerces liés aux minorités culturelles, Urbanisme regarde la ville « de la fourche à la fourchette ».

« En France, les Parisiens demeurent la seule population urbaine à continuer d’effectuer la majorité de ses courses alimentaires à pied dans de petites boutiques intra-muros », écrit l’urbaniste Pascal Madry dans ce numéro. Ailleurs, c’est voiture et hyper de périphérie. « Si le commerce alimentaire a fait autrefois la ville, conclut-il, il est désormais aussi capable de la défaire. »

(1) N° 405, 20 euros.

Voir en ligne : Libération.fr

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Dernier ajout : 18 novembre.