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Pourquoi tant de haine anti-syndicale ?

Publié le mardi 8 mars, par IEB

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Face aux offensives anti-syndicales récentes, le mouvement politique des Objecteurs de Croissance réaffirme sa solidarité avec les syndicats. Les victimes de l’américano-manie appelleraient ça bashing, Le MPOC préfère parler de dénigrement, de stigmatisation : depuis quelques mois, une offensive très bien coordonnée tente de méchamment discréditer les syndicats.

Bruxelles, le 6 mars 2016



Pourquoi tant de haine anti-syndicale ? [1]

Les victimes de l’américano-manie appelleraient ça bashing. Nous préférons dire dénigrement, stigmatisation : depuis quelques mois, une offensive très bien coordonnée tente de méchamment discréditer les syndicats.

Cela a commencé avec la grande manifestation en front commun du 7 octobre 2015. La veille déjà, les éditos des journaux à gros tirage, les « caniches » du système, affirmaient que cette manifestation ne servirait à rien, qu’elle était la preuve d’un archaïsme évident… Question de décourager d’éventuels manifestants ? Malgré ce message démobilisateur, 100 000 travailleurs/euses sont venus dire leur désarroi face à une politique d’austérité et de détricotage de tous les acquis (conquis) sociaux d’un siècle de social-démocratie. Il faut lire la très lucide analyse que Jean-Jacques Jespers fait de cet alignement très bourgeois de la presse dominante (mainstream diraient les victimes de…) dans Politique, « Préjugés de classe et ligne éditoriale ».

La vindicte des médias s’est amplifiée le lendemain : comme d’habitude ils parlent et surtout filment les petits incidents de fin de manif où deux dizaines d’excités affrontent deux centaines de robocops (ça y est, nous sommes victimes de…) mais n’interrogent pas les manifestants sur leurs craintes et les raisons de leur colère. Plus perverse encore, cette accusation de « meurtre » des syndicalistes liégeois qui auraient empêché un chirurgien de venir, en vitesse, sauver un malade hospitalisé. Un médecin urgentiste ne doit-il pas habiter à faible distance de son lieu de travail ? Oublions, mieux vaut pointer un doigt accusateur vers ces dangereux quasi-terroristes et pas vers un brave médecin qui a le droit d’habiter la verte campagne, loin des corons enfumés…

La justice, elle aussi, semble devenir très peu impartiale. Astreintes si les piquets de grève ne laissent pas les « jaunes » entrer dans leur entreprise, condamnation de syndicalistes d’après vidéos alors qu’aucune interpellation n’a eu lieu (la légitime colère de Jordan, cheminot et délégué syndical menacé : www.zintv.org. En France aussi, la justice semble fort partiale : poursuites contre les ouvriers qui ont osé résister à la fermeture de leur usine par la multinationale Goodyear, condamnation par le premier ministre et avant tout jugement des travailleurs d’Air France qui ont, crime horrible, arraché la chemise du PDG qui licenciait 2 000 d’entre eux avec le sourire…

Revenons aux cheminots : moins de 2 mois après la signature en grandes pompes de l’accord de la COP21, le gouvernement belge affirmait vouloir tout mettre en œuvre pour diminuer les émissions de CO2. En totale contradiction avec ce discours, il décide de réduire de 3 milliards d’euros le budget de la SNCB, alors que le chemin de fer est le mode de déplacement le moins énergivore (voir ci-dessous le projet de notre inénarrable ministre des transports). Reculade et bêtise majeure qui s’accompagne de tout refus de négocier avec les représentants syndicaux des milliers de travailleurs qui vont être licenciés. La concertation sociale est moribonde en Belgique et, au mépris d’un gouvernement quasi-de droite extrême, s’ajoute l’habituelle désinformation anti-syndicale : les préavis de grève sont transformés en « prise d’otage » (sic) et les cheminots en dangereux fossoyeurs de l’économie.

On l’a compris, les syndicats sont un des derniers remparts à faire sauter pour les stratèges du néo-libéralisme. Ils n’ont pas oublié Margaret Thatcher et comment la « dame de fer » a liquidé les syndicats britanniques et plongé la Grande-Bretagne dans une régression sociale majeure. (Tiens, ils renationalisent les chemins de fer, confrontés aux défauts et nuisances de la logique privée).

Le mouvement politique des Objecteurs de Croissance réaffirme sa solidarité avec les syndicats, acteurs incontournables de la résistance à la néo-barbarie capitaliste qui amplifie ses dégâts sur nos sociétés. Les syndicats sortent très heureusement d’une position trop corporatiste et s’intéressent de plus en plus aux questions d’environnement, de culture, de migrations, de politique internationale... Ils sont aux côtés des paysans, des écologistes, des petits indépendants, des petits entrepreneurs et des objecteurs de croissance… dans la lutte contre le TTIP, menace majeure contre l’équilibre de nos sociétés. Nous serons à leurs côtés face aux attaques qui certainement vont s’amplifier, de la part des droites nationalistes et néo-libérales comme leur volonté de limiter le droit de grève, projet actuel du patronat et du gouvernement.

Bernard Legros, Alain Adriaens
porte-paroles du mpOC
www.objecteursdecroissance.be

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Notes

[1Ce message était initialement destiné aux 500 syndicalistes de notre liste de diffusion mais nous avons pensé qu’il pourrait intéresser les 4 000 autres destinataires de nos messagers bimestriels.


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