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Pollution : la gratuité des transports publics, ça coûte

Publié le vendredi 9 décembre 2016, par Sibylle Vincendon

Très cher même. Le Syndicat des transports d’Ile-de-France (Stif) versera aux opérateurs (RATP et SNCF essentiellement) l’équivalent du manque à gagner pendant ces quatre jours.

Depuis mardi, premier jour où la gratuité a été appliquée par le Stif aux transports publics d’Ile-de-France, presque plus un seul ticket n’a été acheté. Résultat : un trou quotidien de 4 millions d’euros dans la caisse de la RATP, de Transilien (SNCF) et des opérateurs des bus de la grande couronne. La décision a été prise par Valérie Pécresse, présidente de la région et aussi du Stif, dans l’idée de pousser les automobilistes à utiliser métros et bus. La présidente décide, mais c’est le Stif qui paie, en versant aux opérateurs une compensation.

Comment ? En puisant dans sa cagnotte. « Sur une semaine, cela fait un peu plus d’une quinzaine de millions d’euros. C’est absorbable mais ce n’est pas rien non plus, dit-on au Stif. Si cela se prolonge, notre marge sera plus réduite. » Pour donner une idée, une rame de métro coûte 10 millions d’euros. Les recettes du Stif viennent aussi des contributions des collectivités locales, du versement « transports » payé par les entreprises et des passes, cartes et abonnements que les usagers ont payé d’avance.

Les 4 millions d’euros par jour représentent donc ce qu’aurait rapporté la vente des tickets et billets à l’unité. Une toute petite part des recettes voyageurs. Ceux qui ont un Navigo dans la poche ne bénéficient d’aucune gratuité mais la pollution n’est pas un préjudice pour lequel le Stif indemniserait l’usager. Seul le Front national a réclamé « un remboursement partiel de l’ensemble des abonnés Navigo au prorata des jours de gratuité ».

Pousser les gens à découvrir l’intérêt des transports collectifs, fût-ce avec un échantillon gratuit offert sur quelques jours, n’est pas stupide. Mais peut-être pas assez convaincant. D’autant que la panne géante à la gare du Nord et les problèmes du RER B n’ont rien arrangé. A la RATP, on pressent avoir fait voyager un peu plus de gens. A la SNCF, on pense que la fréquentation est la même que d’habitude. Tout ça au doigt mouillé. Personne ne semble avoir à gérer la ruée.

Voir en ligne : Libération.fr – Futurs

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Dernier ajout : 22 août.