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Pacte énergétique : assez de chiffres mais des décisions politiques !

Publié le jeudi 8 mars, par Juliette Boulet

Les discussions publiques autour de la sortie du nucléaire semblent sans fin. Les choses sont pourtant assez simples. Les choix politiques sont pourtant urgents et les solutions bien présentes. Nous vous présentons nos principaux arguments.
Pacte énergétique : Il manquait un zéro !

Il y a quelques jours la Ministre fédérale de l’énergie, Madame Marghem annonçait dans les médias que plus rien n’empêchait la sortie du nucléaire et la transition vers un système basé sur 100% d’énergie renouvelables car ça ne coûterait pas plus cher. Elle s’appuyait pour ce dire sur une étude commandée au professeur Albrecht qui mettait en exergue une seule différence de 15 millions d’€ entre le maintien de 2GW et la sortie totale du nucléaire en 2025.

Catastrophe ! 24h plus tard, l’étude à 17000€ omettait un zéro ! Il ne s’agissait pas de 15 mais bien 150 millions d’euros de différence. Cette saga de mauvais goût n’en finit plus et ses différents acteurs se ridiculisent un peu plus à chaque nouvel épisode. On pourrait en rire s’il n’était pas question là-derrière de choix de société fondamentaux et de responsabilité considérable dans le chef de ceux qui ralentissent les décisions politiques à prendre.
De quoi parle-t-on ?

Le secteur énergétique est à un croisement important. Nous devons sortir du nucléaire car cette énergie est dangereuse, polluante et chère. C’est une énergie du passé qui bloque le développement des énergies propres et renouvelables. Et, plus que jamais les technologies existent pour nous permettre de passer à un système énergétique basé sur des énergies plus propres et consommer moins en améliorant notre efficacité énergétique et électrique. Ce secteur est également amené à être sollicité de manière considérable afin de contribuer à la mutation du secteur des transports vers une électrification accrue du parc automobile. La lutte contre le dérèglement climatique impose, en effet, de sortir au plus vite des énergies fossiles dans tous les secteurs.

Sortir du nucléaire en Belgique a du sens car il nous permettra d’entamer un « energiewende » à l’allemande en ayant appris des erreurs et des failles. Notre position au cœur de l’Europe occidentale nous offre des opportunités énormes pour que cette transition soit une réussite, d’un point de vue environnemental, sociétal et économique aussi. Le citoyen sera impliqué car il a un rôle à jouer comme prosumer (un rapport réalisé à l’échelle européenne met en évidence l’importance de leur rôle dans la transition). On pourra même faire mieux et développer l’autoconsommation collective à l’échelle d’un quartier, d’un zoning industriel avec des smart grids. Avec l’arrivée des batteries de stockage des véhicules, ça changera aussi la donne. On rechargera et on déchargera l’électricité. L’excédent servira à compléter les besoins d’un ménage. Les batteries qui ne serviront plus pour les voitures (car trop vieilles) pourront servir pour les maisons (ça diminuera les besoins en métaux rares.)

Nous devons développer les ER car au plus elles seront présentes dans notre système énergétique, au moins nous aurons besoin de gaz ; nous devrons certes construire des centrales pour effectuer la transition vers un scenario 100% renouvelable mais nous devrons moins les actionner. Et la technologie s’améliorant sans cesse, les émissions en provenance des centrales au gaz diminuent également (comparé à de la biomasse par exemple). Nous devons accroître notre interconnexion avec les pays limitrophes (les interconnections Allegro, Brabo, Nemo) pour renforcer la stabilité du réseau mais aussi pour une question de prix de l’électricité. Et pour que ça contribue à ce que les entreprises restent chez nous.

Mais pour cela, nous avons besoin de courage politique. De décision sur le chemin et sur les investissements à faire. Et sur les objectifs et sur le timing. Les citoyens sont prêts, les entreprises aussi. Tout le monde est conscient des enjeux et de l’urgence de mettre en place ce changement.

Ce changement est urgent et nécessaire mais sera extrêmement positif aussi s’il est global, intégré et inclusif. En terme d’investissements, de développement de nouveau secteurs économiques, vecteur d’emplois et de nouvelles connaissances (know-how). En plus d’être impératif pour ne pas laisser une planète invivable à nos enfants. Le politique mesure-t-il l’ampleur de sa responsabilité ?

Voir en ligne : Greenpeace Belgique

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Dernier ajout : 19 décembre.