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Osons dire non à la prison !

Publié le jeudi 28 mai 2015, par IEB

Mercredi dernier, la salle du casino de Bruxelles s’est vue affectée à une activité un peu particulière : elle accueillait la Commission de concertation en vue de l’obtention des permis pour la mégaprison de Bruxelles. Vu le peu de visibilité de ce type de procédures urbanistiques, des habitants de Haren, zadistes et autres patatistes échafaudaient une cabane au milieu des ballots de paille place de la Monnaie pour attirer l’œil du passant et susciter le débat sur l’implantation du mastodonte carcéral sur les 15 hectares de terres harenoises.

Les plus déterminés passèrent le barrage de sécurité prévu pour l’occasion par la Ville pour accéder à la procédure « publique » de concertation. Durant près de cinq heures, les détracteurs du projet – et ils sont nombreux – ont passé au crible ce projet trop loin, trop cher, trop grand.

En 2011, un rapport de la Fondation Roi Baudouin sur les besoins en termes d’architecture et d’aménagement des nouveaux établissements pénitentiaires concluait ainsi : « On a pu constater, lors des discussions, une demande omniprésente et pressante de mettre en place les conditions nécessaires à une exécution humaine de la détention, axée un maximum sur la normalisation et la réinsertion. Se pose en même temps la question de savoir si le choix d’une prison « mastodonte », comme celle de Haren, est vraiment la meilleure option pour réaliser ces objectifs. Des « maisons de détention » à plus petite échelle dans la ville, qui permettent et encouragent une interaction aisée avec la société dans son ensemble, semblent beaucoup plus indiquées, surtout dans le cadre de la création d’une capacité pénitentiaire ouverte. Dans cette perspective, tout projet d’investir dans des prisons hypersécurisées et coûteuses provoque de sérieuses inquiétudes. »

Lors de la commission, habitants, défenseurs de l’environnement et des Droits de l’Homme, criminologues et sociologues, avocats et magistrats, tous se rejoignent pour épingler l’impact désastreux d’une structure pénitentiaire pour 1 200 détenus éloignée du Palais de Justice. Le nombre, la diversité et la pertinence des arguments a visiblement ébranlé les membres de la commission. L’avis qui était attendu pour ce mercredi 27 mai a été reporté…

Vous trouverez ci-dessous quelques-uns des avis critiques émis par la société civile. Face à un tel tir de barrage qu’on ne peut qualifier de nymbiste et reposant au contraire sur des considérations foncièrement humaines mais aussi pragmatiques, on voit difficilement comment la commission pourrait rendre un avis ne conduisant pas à une remise en question du projet.

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