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Où en est-on dans le dossier de l’Hippodrome ?

Publié le samedi 24 mars, par Florence

Le projet d’exploitation de l’hippodrome a évolué pendant cet automne et il est utile de faire le point, même brièvement. En effet, une « étude d’incidences », nécessaire en raison de l’ampleur du projet déposé par la société DROHME, a été livrée au public en août. Celle-ci explique que le promoteur a revu son projet avant de le finaliser en tenant compte de certaines remarques émises. Il a alors introduit sa demande de permis (d’urbanisme et d’environnement).

Après enquête publique, le dossier a été soumis le 13 octobre à la Commission de Concertation (C.C.). Cette Commission est composée de représentants (1) de l’administration communale (en l’espèce d’Uccle et c’est d’ailleurs son échevin de l’urbanisme qui la préside), (2) de l’administration régionale de l’aménagement du territoire et du logement, (3) de la société de développement régional de Bruxelles, (4) ainsi que de Bruxelles – Environnement.

En raison du grand nombre de personnes qui voulaient être entendues, elle a exceptionnellement eu lieu dans la grande salle du Centre Culturel d’Uccle.

Lors de la C.C., la discussion a permis de constater qu’un certain nombre de participants approuvaient le projet mais qu’un nombre encore plus grand s’y opposaient, notamment le collectif « Les Amis de l’Hippodrome ». Les principaux griefs invoqués étaient les suivants :

  • A. En 1er lieu, les 32,5 ha de l’Hippodrome de Boitsfort (situé sur Uccle !) sont un morceau de la Forêt de Soignes et donc un lieu public. L’appel d’offre public à l’origine de l’actuel dossier insistait bien sur le fait que l’exploitant devrait consacrer les lieux à des activités récréatives familiales : sportives, écologiques, éducatives et culturelles, ouvertes à un très large public familial et accessible à très faible prix. L’appel d’offre prévoyait que des activités commerciales pourraient être organisées pour que l’exploitant couvre ses frais, mais à la double condition qu’elles soient de faible taille et qu’elles soient le complément usuel et l’accessoire de l’activité principale. Or, le projet actuel non seulement s’éloigne de ce que Drohme avait été annoncé lors de la soumission, mais il va même à l’encontre tant de l’esprit que du texte de cet appel d’offre. Une bonne partie du projet n’a aucun rapport avec les activités familiales récréatives et on voit bien que Drohme veut faire de ce site une affaire très rentable ! Rien que pour ce motif, il avait été demandé à la Commission de Concertation d’émettre un avis négatif pour tout le volet commercial du projet, sauf l’exploitation d’un restaurant et autres petits commerces annexes. Cette commercialisation du site est d’autant plus inadmissible – même si ce point ne ressortissait pas de la compétence de la C.C. – que le projet Drohme bénéficie de très importants subsides publics dont des fonds Feder.



« La Terrasse » cet été, un exemple de commercialisation du site

Photo : Facebook, la Terrasse

  • B. En 2ème lieu, les opposants ont fait valoir que le projet est désastreux au point de vue de l’environnement, tant pour les riverains que pour la faune  : bruit – éclairage – etc… La localisation de cet hippodrome dispense de devoir s’étendre sur ce point.
  • C. Avec une demande de pouvoir exploiter un parking de plus de 500 places, le projet va encore aggraver les difficultés de circulation automobile dans cette zone déjà régulièrement engorgée, surtout chaussée de La Hulpe.

La C.C. a rendu un avis (de 36 p.) – qui est consultatif et n’a donc rien de contraignant - majoritairement favorable mais sous conditions. Majoritairement car la Ville de Bruxelles et la Commune de Watermael – Boitsfort ont demandé le rejet de la demande. Curieusement, la Commune d’Uccle l’a acceptée … Il est vrai moyennant des conditions, mais que Les Amis de l’Hippodrome estiment totalement insuffisantes.

Très sommairement, la C.C. accepte l’exploitation du site pour des « événements » - lisez des fêtes, des mariages, des banquets, des séminaires d’entreprises, etc… - mais à condition qu’il n’y ait pas plus de 600 participants à la fois (en plus des autres visiteurs présents sur le site) au lieu des 1.500 voire parfois 4.500, demandés par le promoteur. La C.C. recommandait aussi que les événements soient terminés à 23 h (23 h.30 le w.e.) au lieu des 1 h. (3 h. le w.e.) demandés par le promoteur. Quant aux conditions restrictives concernant l’environnement et le parking, elles sont plus cosmétiques qu’autre chose.

Le 27 octobre, Bruxelles – Environnement, c’està-dire l’administration de la Ministre de l’Environnement, a délivré le permis d’environnement. Ce permis va encore au-delà de ce que recommandait la C.C., notamment en autorisant les festivités jusqu’à 24 h, en semaine comme le w.e.

Il reste maintenant au Fonctionnaire Délégué, c’est-à-dire au fonctionnaire régional, à statuer sur la demande de permis d’urbanisme.

Il a été décidé, au sein du collectif Les Amis de l’Hippodrome, d’exercer un recours devant la Collège d’Environnement contre le permis d’environnement, le seul délivré actuellement (soit au 15 décembre).

Lien pour l’avis de la Commission de Concertation : http://www.uccle.be/administration/urbanisme/ CdC/2017-1/2e-semestre-2017/octobre-2017/ avis-cc-2017-10-13
Lien pour le permis d’environnement (avec _ après pe et _ avant drohme) : http://www.environnement.brussels/sites/default/files/pe_20171027_drohme.pdf


Voir en ligne : https://www.acqu.be/OU-EN-EST-ON-DA...

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