Inter-Environnement Bruxelles

Neo, c’est nul !

Publié le mercredi 11 mars, par Claire Scohier, Thyl Van Gyzegem
Version imprimable

Ce vendredi 6 mars, le Conseil d’État a, pour la troisième fois, annulé la base légale autorisant la création d’une zone d’intérêt régional (ZIR n° 15) destinée à permettre la réalisation du projet NEO sur le plateau du Heysel (lire l’arrêt). Deux recours avaient été introduits en 2017 contre la nouvelle base légale. Un par les riverains axés essentiellement sur les questions de mobilité, l’autre par l’Unizo, le BRAL, BBL, IEB et l’ARAU tant sur la mobilité que sur des questions de non-respect du principe d’égalité et d’insuffisance de l’étude d’incidences environnementales (pour les rétroactes lire ceci). C’est sur le premier recours que le Conseil d’État s’est prononcé en annulant la ZIR n° 15. Il est clair que le centre commercial aura un impact très néfaste sur la mobilité et l’environnement (lire notre article). En effet, le programme annoncé table sur 13,3 millions de visiteurs par an (contre 5 millions à l’heure actuelle) dont 9,6 millions sont associés à la seule fonction commerciale de Neo. Tant et si bien que l’étude d’incidences du projet annonçait une augmentation de 50% de la congestion dans les voiries adjacentes déjà engorgées. La Région bruxelloise tablait sur la création d’une nouvelle voie de liaison avec le parking C. Outre la faiblesse de la solution, cette dernière fut en outre recalée le 30 août 2019, lorsque la Région flamande fit part de son refus de délivrer le permis pour la partie de cette voirie située sur son territoire. Or l’étude d’incidences du projet considérait cette voirie comme indispensable pour éviter les problèmes de congestion dans le quartier. Le Conseil d’État en a déduit que les garanties concrètes sur la table pour répondre aux besoins en mobilité étaient insuffisantes. Bien d’autres failles seraient à soulever sur lesquelles le Conseil d’État ne s’est pas penché. Reste à espérer que la Ville de Bruxelles et la Région bruxelloise perçoivent cette décision non comme un camouflet mais plutôt comme une opportunité de repenser de façon équilibrée et au profit de l’intérêt général le réaménagement du plateau du Heysel. Sur ce dossier, lire Main basse sur le plateau du Heysel.

▪ Contacts : Claire Scohier , Thyl Van Gyzegem


Prises de position

Dernier ajout : 1er avril.