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Mobilisation des jeunes pour le climat : « La réaction politique n’est pas à la hauteur »

Publié le samedi 9 février, par Maxime Dumoulin

Sociologue et philosophe, Bruno Derbaix est l’invité du Grand Oral RTBF/Le Soir ce samedi 9 février sur La Première et ce dimanche 10 février sur La Trois.

Alors que les jeunes se mobilisent en faveur du climat, cet ancien enseignant nous parle de leur intérêt pour la politique, de leur mobilisation pour le climat et – plus globalement – de leur inclusion dans un processus de participation et de démocratie citoyenne.

Bruno Derbaix n’est pas inquiet quant à l’intérêt de la jeunesse pour la politique. « Quel que soit le milieu, le quartier, je rencontre des jeunes qui décident de s’impliquer pour que ça aille mieux », témoigne-t-il. Toutefois, la mobilisation des jeunes ces dernières semaines a clairement quelque chose de surprenant, selon lui. « Le siège de notre association se trouve à proximité du carrefour Arts-Loi, nous y avons vu tous nos jeunes marcher. Mais, nous n’avions rien organisé. C’est grâce à la mobilisation via des canaux de communication mis en place par les jeunes que cela s’est fait ».

En tant qu’adulte, il y a de quoi être surpris par cet enthousiasme massif. Mais ce qui surprend plus encore Bruno Derbaix, c’est le discours de certains leaders. « Évidemment, certains de ces jeunes ne font que suivre un mouvement, comme c’est le cas dans n’importe quel mouvement social. Mais plus important que le nombre, leurs discours ne sont pas des discours simplistes ».

Engagement massif, discours élaborés, il manque pourtant quelque chose, pour Bruno Derbaix. « Il y a une diversité entre Flamands et Wallons et une diversité d’origines au sein du mouvement. Mais il y a une surreprésentation des classes favorisées. C’est pourquoi on ne peut pas dire que le mouvement représente tous les jeunes ». A présent, pour le sociologue, l’enjeu est que les jeunes présents dans la rue deviennent des ambassadeurs auprès de ceux qui n’y étaient pas, mais aussi auprès de tout le reste de la société.

Qu’en est-il de la réaction politique ? Est-elle à la hauteur de la mobilisation ? Pour Bruno Derbaix, ce n’est pas le cas. En effet, le monde politique propose actuellement une combinaison classique de deux travers face à la jeunesse, selon lui. « Le premier c’est de croire qu’on est au-dessus. C’est le paternalisme. On vous écoute, venez à la table. Le deuxième, ce n’est pas de croire que l’on est au-dessus, mais derrière. Un coup en retard sur les revendications. Or, la bonne voie, c’est d’être à côté ». L’enjeu n’est pas que les jeunes fassent tout tous seuls, dit-il. « Ils ne sont pas là pour ‘prendre la place de’, mais pour prendre leur place, à eux. Et donc il faut d’abord mettre les gens autour de la table, avant de passer très concrètement à l’action », termine-t-il en s’adressant particulièrement au monde politique et aussi aux médias.

Il a dit

Sur l’allongement de la formation des enseignants : « Cela fait probablement 20 ou 30 ans que ce genre de réforme est nécessaire. La question des problèmes en classe, de la relation, la résilience face aux élèves, ce sont des choses très peu enseignées ».

A propos du décret inscriptions : « Le premier problème est qu’il donne l’impression qu’il y a des bonnes et des mauvaises écoles. Le second, c’est qu’il place la charrue avant les bœufs en voulant instaurer une mixité sans penser à comment faire de cette mixité une réussite ».

A propos des médias : « Les jeunes ont une méfiance envers les médias traditionnels et une connaissance pratique de nouveaux médias qui naissent et, en même temps, une grande naïveté par rapport aux enjeux des médias ».

A propos de Najim Laachraoui (un des kamikazes de Zaventem) : « Ce jeune qui fut mon élève a cru au modèle belge, en a joué le jeu mais a été déçu. Ce qu’on lui avait promis n’est pas ce qu’il a vu ».

Voir en ligne : https://www.rtbf.be/info/societe/de...

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Dernier ajout : 17 juin.