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Méga-prison de Haren : le Collège d’environnement carbonise le permis

Publié le mercredi 16 décembre 2015, par IEB

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Ce vendredi 11 décembre 2015, le Collège d’environnement de la Région de Bruxelles-Capitale a refusé le permis d’environnement octroyé à Cafasso pour le projet de méga-prison à Haren et a carbonisé l’étude d’incidences sur laquelle repose toute la procédure d’octroi des permis. Depuis de nombreux mois, riverains et associations s’opposent au projet de méga-prison et plusieurs habitants de Haren avaient introduit avec Inter-Environnement Bruxelles des recours contre le permis d’environnement octroyé à Cafasso, le consortium choisi pour construire et exploiter la plus grosse prison de Belgique.

Dans sa décision, le Collège d’environnement donne droit à plusieurs arguments avancés par les requérants :

  • La loi oblige le demandeur à étudier des sites alternatifs en comparant leurs incidences variables sur l’environnement. Cafasso ne l’a pas fait, en se concentrant uniquement sur le site de Haren, en se retranchant derrière un choix politique qui n’a par ailleurs jamais été expliqué valablement et en avançant des motifs économiques sans se pencher sur les considérations environnementales.
  • S’ensuivent des conséquences sérieuses qu’épingle le Collège, notamment :

    – En matière de mobilité, l’étude d’incidences est indigente, présupposant l’impossibilité d’installer une prison ailleurs qu’à Haren, supposant que les choix de rénovation de Saint-Gilles et Forest sont impossibles, négligeant le problème posé par l’éloignement de Haren du Palais de justice et faisant fi de l’encombrement déjà observé à Haren et sur la E40.

    – L’étude d’incidences n’examine pas les effets cumulatifs en termes environnementaux et de mobilité de plusieurs autres projets dans la même zone dont Uplace, Decathlon et l’OTAN.

    – L’étude repose sur l’hypothèse excessivement positive de voir un nouveau métro, un nouveau tram, des lignes de bus et un nouveau service RER actifs autour de la prison en 2020.

    – La qualité de l’air, qui ne peut que se dégrader par le projet de prison, n’a pas été prise en considération,

    – L’étude n’a nullement examiné les effets du détournement de la source du Keelbeek demandé par Cafasso.

Et le Collège de conclure que toute autorité délivrante d’un permis doit s’assurer que le projet constitue la meilleure solution envisageable eu égard aux incidences sur l’environnement, ce qui n’est pas le cas en l’espèce, le choix opéré résultant de négociations politiques dont les résultats ne sont pas joints au dossier.

Les requérants et leurs nombreux soutiens sont déterminés à poursuivre la procédure jusqu’à son terme. D’autres recours sur des éléments du dossier sont d’ailleurs pendants. Rappelons que la Ville de Bruxelles a aussi jugé ce projet nocif en refusant de déplacer le sentier du Keelbeek.

Ce nouveau rebondissement dans la saga du train fou de la méga-prison fragilise sérieusement l’ensemble du projet et confirme ce qu’ont toujours répété Harenois et associations : le projet est trop grand, trop cher, trop loin, dévastateur, et mal ficelé. Il ne doit pas être réalisé.

Alors que le méga-projet s’embourbe aux niveaux communal et régional, les questions parlementaires posées à la Chambre font apparaître que ce projet repose sur un vide juridique préoccupant. L’État s’est en effet engagé dans un projet qui le lierait pour 25 ans et qui coûterait plus de 3 milliards d’euros, alors qu’aucun contrat ne semble avoir été signé et qu’aucune pièce du dossier n’est transmise aux députés par les ministres.

Il est grand temps de mettre un terme à un projet aussi décrié et ne démontrant jusqu’à aujourd’hui que ces multiples effets néfastes.

Comité de Haren
Inter-Environnement Bruxelles
Respire asbl

Voir le reportage sur Télé Bruxelles.


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Dernier ajout : 29 septembre.