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Mais que fait IEB ? Découvrez-le dans son Rapport annuel 2018

Publié le mercredi 16 octobre, par I E B

À travers son rapport d’activités 2018, IEB est fière de vous présenter le bilan de ses actions et engagements : une présence aux côtés des comités, collectifs et associations mobilisés à leurs échelles autour de revendications sociales et environnementales. Un combat inlassable pour une véritable démocratie urbaine.Vous appréciez notre travail ? Soutenez-nous à travers un don ou en vous abonnant à Bruxelles en mouvements !

Métro Nord, marina d’Anderlecht, déploiement de la 5G, entrée en vigueur du nouveau CoBAT… l’année 2018 fut chargée en mobilisations et en combats pour notre fédération. Force est de constater une détérioration considérable du cadre dans lequel peut s’exercer la démocratie urbaine. Un outil comme les PAD (Plans d’Aménagement Directeur) qui réduit la participation des habitants à peau de chagrin, ou encore des concertations vidées de leur sens puisque tout est déjà négocié derrière des portes closes, bien en amont, sont à cet égard tout à fait symptomatiques. Souvent confrontés à des projets aussi imposants qu’imposés, le rapport de force ou le recours en justice semblent malheureusement devenir, de plus en plus, les seuls biais par lesquels la parole des Bruxellois·es puisse se faire entendre.

Néanmoins, et peut-être d’autant plus, IEB est fière de vous présenter, à travers ce rapport annuel 2018 adopté lors de notre assemblée générale de juin dernier, le bilan de ses actions et engagements : une présence aux côtés des comités, collectifs et associations mobilisés à leurs échelles autour de revendications sociales et environnementales. Un combat inlassable pour une véritable démocratie urbaine. Une réflexion déterminée à l’échelle de la Région bruxelloise. Une newsletter qui toutes les semaines relaye sans concession l’actualité de l’urbanisme, de l’environnement, de la mobilité et du logement à Bruxelles, mais vous donne aussi accès à toutes les enquêtes publiques de la Région avec un focus sur celles que nous suivons de près. Un journal, Bruxelles en mouvements, distribué gratuitement dans plus de 200 points de dépôt grâce au soutien de nos abonnés, et qui approfondit 6 fois par an des dossiers thématiques liés au passé, au présent et au devenir de notre ville.

Vous appréciez notre travail ? Soutenez-nous à travers un don ou en vous abonnant à Bruxelles en mouvements ! Ou, encore mieux, organisez-vous avec d’autres habitante·es et rejoignez IEB pour participer à la vie de la fédération, comme l’ont fait le PICOL et Avenue Chaudron joyeuse et conviviale en 2018 ou le Comité Médiapark plus récemment !

Télécharger le rapport annuel 2018 d’IEB.


 
 

Introduction du rapport annuel 2018

Si la fin de l’année 2017 avait été marquée par l’adoption du nouveau CoBAT, l’année 2018 aura été celle de son entrée en vigueur, celle où l’on a pu commencer à en mesurer les effets. On se souvient que cette réforme avait pour but de répondre, selon le gouvernement, au besoin de simplifier et d’accélérer les procédures en vigueur à Bruxelles, ou comme l’exprimait plus clairement Rudi Vervoort, dans Le Soir du 26 mars 2016, de répondre « aux attentes du secteur immobilier qui éprouve de grandes difficultés à développer des projets importants vu la longueur et la complexité des procédures urbanistiques et environnementales ».

Et la Région n’y est pas allée de main morte : compression des délais de procédure, réduction de la participation citoyenne, affaiblissement des normes, réduction de l’évaluation des incidences, diminution de la protection du patrimoine… Au moment où le CoBAT était en débat, IEB et d’autres associations avaient largement alerté sur les effets de cette réforme et sur le danger qu’elle représente pour notre démocratie urbaine.

Un danger d’autant plus menaçant que les projets sont d’envergure, comme c’est le cas des PADs (Plans d’Aménagement Directeurs), outils à la fois stratégiques et réglementaires conçus par la Région elle-même, qui abrogent purement et simplement les dispositions du RRU (Règlement régional d’Urbanisme) qui leur seraient contraires.

Par le biais des PADs (au nombre de 10 sur l’ensemble de la Région bruxelloise), la dérogation devient la règle et la participation citoyenne s’efface encore un peu plus, à mesure que les projets de tours avancent, de plus en plus nombreuses, de plus en plus hautes, accompagnées dans bien des cas de démolitions/reconstructions qui ne paraissent pas émouvoir outre mesure les autorités, à l’heure où tous les regards se tournent vers l’urgence climatique.

Côté participation, si les enquêtes publiques sont maintenues, les commissions de concertation, en revanche, disparaissent : l’habitant, le comité de quartier, l’association, se retrouvent seuls avec leurs propres constats, questions et analyses, privés d’un moment singulier où les avis des autres (habitants, comités de quartier, associations) pouvaient nourrir leur réflexion sur le projet. Vidée de la substance qu’il lui restait, très en aval de la procédure, l’enquête publique, sans la commission de concertation, n’est plus rien d’autre qu’une boîte aux lettres.

D’autant que tous ces projets qui dérogent à la règle ont un point en commun : leur envergure. Dans le cas des PADs, on peut même parler de gigantisme. L’analyse d’un projet devient alors d’une telle complexité que les habitants, dont la connaissance des situations précises, vécues et documentées est pourtant indéniable, se sentent dépassés par les enjeux, noyés dans une somme de documents et, dans bien des cas peu enclins à réagir.

S’étendant sur de vastes quartiers, ces projets regroupent parfois (souvent) des réalités très différentes, d’une rue à l’autre, d’un micro-quartier au micro-quartier voisin, engendrant des avis, observations ou critiques, en sens divers, voire antagonistes. Face à ces dissonances, il est alors aisé, pour l’Autorité de se poser en arbitre « neutre » afin d’imposer les projets de son choix, sans autre forme de procès et à quelques modifications cosmétiques près. 

Pourtant, a contrario de ces reculs qu’IEB (entre autres) s’emploie régulièrement à dénoncer, il se pourrait qu’à terme, cette folie des grandeurs et des hauteurs finisse par se retourner contre ceux qui ont mis en place tout l’arsenal nécessaire pour pouvoir l’imposer.

Les Bruxellois·e·s n’ont pas oublié les dégâts d’une Bruxellisation toujours bien présente dans la mémoire collective. C’est même précisément dans ce contexte que de nombreux comités de quartier sont nés et que le réseau associatif bruxellois s’est développé, établissant un rapport de force où la participation citoyenne, bien que perfectible, a pu être reconnue dans une mesure importante, lorsqu’on la compare à d’autres grandes villes européennes.

Aussi, si cette année 2018 a incontestablement marqué le retour d’une forme de Bruxellisation, rendu possible par la « réforme » du CoBAT, il est à espérer qu’elle sera également celle de la transition vers un sursaut citoyen pour une démocratie urbaine à reconquérir, de plein droit.

Présence IEB

Dernier ajout : 12 novembre.