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Le métro n’est pas la solution miracle pour la mobilité à Bruxelles !

Publié le vendredi 19 juin 2009, par IEB

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Les associations citoyennes[1] prient le nouveau gouvernement de rationaliser les projets de mobilité à Bruxelles.

Lors de la campagne électorale, la plupart des partis bruxellois ont défendu l’extension du métro. Cette volonté n’est jamais argumentée et le raisonnement a rarement dépassé le stade du slogan. Avant de s’engager dans cette voie, il est primordial que l’accord gouvernemental prévoie l’établissement préalable d’un plan stratégique, basé sur une analyse sérieuse des besoins et des alternatives et pas sur des idées préconçues.

L’étude relative au bien-fondé et au tracé éventuel d’une extension du métro (que ce soit vers Schaerbeek ou vers Uccle) ne fait que commencer. Pourtant, nombre de responsables le présentent déjà comme un fait accompli. Les associations citoyennes actives dans la défense des transports publics craignent une grosse erreur qui entraverait le développement d’une mobilité durable pour de longues décennies. Nous reconnaissons la nécessité d’améliorer la desserte d’Uccle et de Schaerbeek mais nous pensons que des solutions abordables et en surface existent.

Les extensions du réseau de métro représentent en effet un coût astronomique qui absorberait l’immense majorité du budget (régional, fédéral ou autre) dédié à la mobilité à Bruxelles au détriment d’autres projets, voire d’autres enjeux (comme l’urbanisation des zones levier) essentiels pour l’avenir de la Région. Une ligne de métro représente un élément majeur d’un plan stratégique de mobilité. Or ce plan stratégique n’existe pas. Le nouveau gouvernement n’est pas tenu par le plan IRIS 2 dont même les concepteurs reconnaissent la mauvaise qualité et que le gouvernement sortant n’a pas osé signer. La première tâche de la nouvelle équipe est de mettre la question des coûts et des bénéfices à plat et de prendre des décisions rationnelles, bref d’établir un plan stratégique de mobilité.

Les associations de défense des transports publics et de l’environnement – réunies dans la plateforme SMoB – attendent quatre actes de la part du futur gouvernement :

  1. Sortir de la logique irrationnelle des idées simplistes et des slogans : « un métro en 8 ans » . Avant de se ruer vers le métro, il faut le comparer aux alternatives de surface (trams en sites propres, bus à haut niveau de service, light rail). Il revient aux décideurs de réaliser une étude coûts/bénéfices qui ne se limite pas au seul aspect économique mais intègre l’intérêt social et environnemental de chaque mode de transport.
  2. Avoir une vision claire des besoins en matière de desserte RER et de ce qu’il peut apporter aux Bruxellois. Alors que le métro va de l’Est à l’Ouest, le tracé du RER suit un axe Nord/Sud qui pourrait à peu de frais rendre inutile l’extension du métro.
  3. Dépenser sagement le budget en cherchant à répondre immédiatement aux demandes des usagers : améliorer les fréquences le soir et le weekend ; optimiser les correspondances ; créer des sites propres ; moderniser le matériel...
  4. Oser chercher des alternatives et aménager les voiries en surface. Revenir sur 50 ans de tout-à-l’auto en facilitant le passage des transports publics en surface et en rendant l’espace public aux piétons et aux cyclistes. De plus en plus de villes étrangères organisent leur développement autour de nouvelles lignes de tram. Strasbourg, Nantes, Marseille, Fribourg... vantent le confort, la sécurité, la vitesse, le bon maillage et le faible coût du tram. Pourquoi en serait-il différent à Bruxelles ? Si c’était vraiment différent, nous sommes prêts à l’entendre mais il faudra nous le prouver autrement qu’avec des slogans.

La situation économique de la Région doit plus que jamais inciter à la rationalité et à la prudence. Si le métro présente l’avantage de ne pas contrarier les automobilistes et de ne pas devoir s’attaquer à la congestion constante en surface, il n’est pas la réponse aux besoins des gens. Ce dont Bruxelles a besoin c’est d’un plan stratégique qui offrirait une vision claire des besoins réels de déplacements et des possibilités objectives d’y répondre. Le métro c’est la solution de facilité souterraine offerte par par ceux qui n’osent pas prendre leurs responsabilités en surface.

Contacts
- Inter-Environnement Bruxelles : Jérôme Matagne, 0485/750421
- Brusselse Raad voor het Leefmilieu : Ben Bellekens, 0486/180619



[1] La plate-forme SMoB (Sustainable Mobility in Brussels) regroupe des associations et habitants défendant les principes d’une mobilité durable à Bruxelles. Elle regroupe : Inter-Environnement Bruxelles (IEB), Brusselse Raad voor het Leefmilieu (BRAL), Association de Comités de Quartier Ucclois (ACQU), NoMo-Autrement mobile, Comité de défense des Habitants de Bruxelles-Centre, Fietsersbond, FOE Bruxsel, Groupement des usagers des transports publics à Bruxelles (GUTIB), Groupe de Recherche et d’Action des Cyclistes Quotidiens (GRACQ), Johanna vzw, La Ligue des Familles (Bruxelles), Placeovelo, Provélo, Wolu-Inter-Quartiers (WIQ), 4X4 Info.


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