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Le droit du bien-être animal dans le monde – Évolution et universalisation

Publié le mercredi 28 juin, par dboone

Parler d’un droit du bien-être animal dans un monde où le commerce et l’abattage en série des animaux n’ont jamais été autant développés parait une gageure. Sabine Brels a relevé le défi en faisant de ce droit sa thèse doctorale soutenue avec succès en 2016 à l’université Laval au Québec. Aucune étude à ce jour n’avait présenté une vision globale du bien-être animal sur la planète. Mais qu’en est-il exactement ? Comment ce droit a évolué depuis les grands penseurs de l’antiquité jusqu’à nos jours ?

Bien plus qu’une manne d’informations juridique sur le bien-être animal, l’auteure nous rappelle dès l’introduction un fait capital qui a été révélé par toutes les philosophies et religions de ce monde. Nous ne sommes pas obligés de tuer pour nous nourrir : « aucun texte religieux originel n’exige de tuer les animaux, y compris pour les consommer ». C’est sur cette base ancestrale qui rejette la cruauté et la maltraitance animale que vont se fonder, dans le contexte d’un empire colonial (Inde, Tibet, Chine, Afrique), les premières grandes lois britanniques du 19e siècle en faveur de la bientraitance. Ces premières lois ont par la suite inspirés les sociétés civiles et les gouvernements à l’échelle nationale, puis européenne et enfin internationale. Alors que s’est-il passé dans l’esprit du législateur, car jamais autant de cruautés diverses et d’abattoirs n’ont vu le jour depuis sur la planète, en complète contradiction au droit du bien-être animal. Est-ce bien une réelle législation en faveur de la cause animale ou un calcul politique avec labellisation à la clé pour favoriser l’appât du gain (est-ce vraiment souhaitable) ?

A ce jour, aucun accord multilatéral n’a été signé sur la protection du bien-être animal dans le monde, confirme Sabine Brels. Pourtant, les préceptes dégagés par l’auteure sont désormais mieux considérés dans les constitutions de plusieurs États, y compris dans les plus hautes organisations mondiales, avec une année charnière en 2013-14 (condamnation de la chasse au phoque à l’OMC et à la baleine à la CIJ). Cette évolution internationale a commencé depuis le début des années 2000 avec les normes de l’OIE sur le bien-être animal, organisation de plus en plus exigeante sur la santé animale.
Le bien-être animal commence également à émerger par la voie du développement durable dans les rapports de la FAO et plus généralement à l’ONU.

Néanmoins, la juriste temporise cet élan en fin d’ouvrage, en mentionnant le paradoxe rhétorique qu’est le bien-être animal, dans le cadre de normes relatives à leur exploitation, expérimentation et mises à mort en tout genre, notamment pour les animaux d’élevage, destinés à une vie de souffrance et à une mort anticipée pour nous nourrir.
Alors quel meilleur avenir l’homme peut-il leur promettre ?

Seule une déclaration universelle du bien-être animal permettrait de reconnaître le respect de ce droit qui devrait évoluer, dans le meilleur des cas, vers l’adoption d’une convention à l’assemblée des Nations Unis, en vue d’une protection universelle à l’ONU. Mais force est de constater qu’une véritable universalité du bien-être animal ne pourra exister qu’à condition d’englober tous ces êtres sensibles non-humains, y compris les animaux sauvages en liberté, les grands oubliés de cette législation sur le bien-être, qui ne modifient en rien les pouvoirs de la chasse. Un livre indispensable à toute personne s’intéressant à la cause animale. Un ouvrage inédit qui fait le lien entre le droit animalier et son devenir dans le droit universel.


Éditions L’Harmattan, 500 pages, 42 € – www.editions-harmattan.fr
Contact diffusion : Emmanuelle Mouche. Tél. : 01 40 46 79 23
Contact presse tél. : 01 40 46 79 22/23 – presse.harmattan5@wanadoo.fr
(Michel Cros)

Voir en ligne : http://jne-asso.org/blogjne/2017/06...

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Dernier ajout : 19 novembre.