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La Tour des Finances : du logement sur le toit de Bruxelles ?

Publié le jeudi 11 janvier 2007, par Inter-Environnement Bruxelles

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La vente des immeubles des pouvoirs publics est devenue une habitude de notre gouvernement pour arrondir ses fins d’année...
En 2001, la Tour des Finances et la Cité Administrative furent un bel exemple de cette politique précipitée et à court terme, dépourvue de vision urbanistique. Dans l’urgence d’un budget à boucler, l’État avait vendu la Tour des Finances, située en face du boulevard du Botanique à 1000 Bruxelles, sous le principe de « sell and lease back » . Cette opération fut réalisée sans concertation avec la Région bruxelloise.

Cette vente a déjà fait couler beaucoup d’encre et a essuyé beaucoup de critiques.
Comment développer une vision cohérente de Bruxelles si le gouvernement fédéral ne considère pas la Région comme interlocuteur lors de pareilles transactions immobilières ?
Cette vente a aussi privé le gouvernement bruxellois d’un droit de regard sur l’avenir urbanistique de cette partie du site puisque la vente a divisé l’entité de la Cité administrative en deux, abandonnant une vision homogène du lieu. Résultat : la Tour des Finances ne fut intégrée ni dans la ZIR, ni dans le schéma directeur. La Région perd ainsi au moins 77 000 mètres carrés de logements puisque le PRAS prévoyait que les logements ne pouvaient pas représenter moins de 35% de la superficie totale des planchers. 77 000 mètres carrés de logements envolés, au centre d’une ville qui pleure son manque de logement. Une occasion de mixité manquée...

Autre épisode de la saga de la Tour : l’étude d’incidence, obligatoire (norme européenne) pour les bâtiments d’une surface de plus de 20 000 mètres carrés (la Tour en représente 220 000...), une étude à laquelle le promoteur immobilier croyait au départ échapper, avant de voir in extremis une ordonnance adapter la directive européenne.

Enfin, de nombreuses voix s’étaient élevées pour décrier le principe même de la vente, qui apporte un cash immédiat au gouvernement mais endette l’État à moyen terme par la location de ses anciens bâtiments. Ce procédé est choquant parce qu’il consacre une vue à court terme que même la Cour des Comptes condamne, jugeant que le gouvernement fédéral faisait preuve d’ « obsession budgétaire » en vendant son patrimoine. Cet empressement eut un coût puisque la valeur des biens n’aurait soit pas été évaluée, soit été sous-estimée.

Dans pareil contexte, faut-il s’étonner qu’un nouvel épisode vienne émailler l’histoire de la vente de la Tour des Finances ? La société néerlandaise Robelco (via sa filiale la société Immobilier de Bureaux Bruxellois) intente aujourd’hui une action en justice contre l’État belge concernant la procédure de vente de la Cité administrative de l’État et de la Tour des Finances, dénonçant des irrégularités.

La société néerlandaise Breevast qui a déboursé plus de 300 millions d’euros pour obtenir la Cité Administrative et la Tour des Finances, perdra-t-elle le marché ? Elle a déjà entamé des travaux de rénovation, de désamiantage. Comment le gouvernement la dédommagera-t-elle ? Et que vise Robelco dans cette action en justice ?

Mais quelle que soit l’issue de cette action en justice, Inter-Environnement Bruxelles et le Bral vzw apprécient l’indépendance et le travail de fond de la Cour des Comptes, mais s’étonnent de la lenteur de ses productions. Son rapport, très critique, sur la vente de la Cité Administrative et de la Tour des Finances a été publié en octobre 2006 alors que la vente a été réalisée en fin décembre 2001 ! Ce laps de temps fait perdre au rapport de sa pertinence et de son utilité. Alors que la société Breevast a entrepris des travaux de rénovation dans ses nouveaux bâtiments, annuler la vente devient de plus en plus complexe. Inter-Environnement Bruxelles et le Bral vzw demandent une analyse plus rapide, voire plus contraignante des actes immobiliers du gouvernement. La réalité du marché ne permet pas de renégocier le montant d’un contrat cinq ans après sa signature...

Ensuite, le dossier de la vente témoigne de la négligence et de la précipitation de l’État dans cette vente. Prix sous-évalué, mauvaise évaluation du dossier de désiamantage, marché expédié pour l’orthodoxie d’un équilibre budgétaire, absence de vision urbanistique du site, renégociation des contrats et location, imprécision quant aux destinataires finaux des différents bâtiments impliqués dans le dossier.

Si l’action en justice de Robelco devait aboutir et malgré les difficultés qu’elle engendrerait, elle peut également être l’occasion de réinventer au niveau de l’urbanisme un projet cohérent.

Ainsi, Inter-Environnement Bruxelles et le Bral vzw soulignent que l’exclusion de la Tour des Finances du schéma directeur du Botanique a pour conséquence de manquer un des objectifs principaux de l’opération : le développement d’une vision cohérente, globale et transversale de la zone. IEB et le Bral demandent notamment le principe de mixité des fonctions et de répartition de logement sur l’entièreté de la zone. Du logement pourrait voir le jour en haut de la Tour des Finances. Ce type de mixité, prisé dans d’autres capitales, est peu utilisé à Bruxelles.

Alors que s’annonce Batibouw et son éternelle vision du logement traditionnel, privé, cloisonné et séparé d’autres fonctions, IEB et le Bral vzw encouragent la Région à innover en la matière, notamment en logement modulaire, en locaux à fonction interchangeable, etc. pour développer un quartier animé et convivial dans le quartier du Botanique et de la Cité Administrative.

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