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Le lotissement du plateau Engeland

Publié le mercredi 27 décembre 2017, par Florence


Situation. Le plateau Engeland est situé au sud de la commune d’Uccle, entouré par l’avenue Dolez, la rue Engeland, le chemin du Puits, la rue de Verrewinkel et l’avenue de la Chênaie. De l’autre côté du Kauwberg par rapport à l’avenue de la Chênaie et le cimetière de Verrewinkel.

Quand ? Tout a commencé fin 2003 par deux demandes de permis de lotir sur le plateau Engeland. La 1ère pour environ 90 logements et création de voiries, à l’angle de l’avenue Dolez et de la rue Engeland sur un terrain occupé par un champ. La seconde pour 399 logements et création de voiries sur un terrain de 11 ha. cerné par le chemin du Puits, la rue Engeland et voisin de l’ex Institut Pasteur , en ZSC Natura 2000.

Constitution du Comité d’habitants face à l’ampleur des projets situés en partie dans la ZSC II Natura 2000 Engeland et juste en surplomb de la réserve naturelle humide du Kinsendael - Kriekenput, site classé et ZSC prioritaire Natura 2000. Habitat : aulnaie marécageuse rare et protégée.

But de l’action citoyenne :

Protection des sites semi-naturels, étude des incidences environnementales conformément à la directive européenne Habitat 92/43 CE et son article 6.

Impact environnemental sur le quartier et sur la ZSC II N.2000, disparition d’un vaste espace semi naturel boisé spontané de 6,5 ha, riche en biodiversité, en liaison directe avec les ZSC Natura 2000 protégées.

Impact sur la mobilité dans un quartier d’origine rurale fait en majorité de rues très étroites. Densité de circulation à saturation aux heures de pointes ? (Dolez, Saint Job, Bourdon, )


Durée de l’action et aide d’associations

Nous avons utilisé tous les moyens possibles pour tenter de réduire l’impact du projet de lotissement. Il serait fastidieux de les énumérer tous ; en voici le détail à l’écran. Nous sommes passés par l’asbl SOS Kauwberg pour la demande de classement d’une partie du site et pour les recours au CE.


L’enjeu en valait-il la chandelle ? La réponse est affirmative, car même si toutes les actions n’ont pas abouti, nous avons obtenu des avancées positives.

Lesquelles ?

  • 1° La modification de l’arrêté de transposition de la directive européenne dont le texte néerlandais et le texte français n’étaient pas identiques, d’où une non-conformité à l’article 6 de la directive Habitat.
  • 2° La prise en compte de Natura 2000 par les autorités communales et régionales et surtout la décision de faire une étude d’incidences en rapport avec l’ampleur du projet. Natura 2000, proche réserve humide du Kinsendael et gestion des eaux, prise en compte de l’impact, en terme de mobilité vu l’accroissement considérable de logements et de voitures dans un quartier quasi dépourvu de transports publics sauf le bus 43.
  • 3° Une centaine de recommandations de l’étude d’incidences notamment pour la gestion des eaux pour réduire le déficit hydrique de la nappe phréatique engendré par l’imperméabilisation du lotissement ;
  • 4° Création d’un espace tampon entre les constructions et les zones vertes. Oui, l’action citoyenne en valait la peine même si toutes les demandes n’ont pas abouti.

La parole citoyenne est-elle prise en compte par les autorités politiques ? Pas assez, c’est une évidence. La convention d’Aarhus signée par la Belgique et les Régions n’est toujours pas appliquée dans son concept, c’est-àdire : « construire les projets en amont avec les citoyens, bien avant que les plans ne soient établis ». Ceci n’est pas pour demain apparemment car de plus en plus c’est la décision politique qui prime et pas toujours dans l’intérêt général et la parole citoyenne.

Les autorités délivrant des permis ont peu de marge de manœuvre et doivent se conformer au PRAS et aux règlements d’urbanisme, mais trop souvent les dérogations aux règlementations sont accordées face à la pression et au pouvoir des sociétés et trusts immobiliers. Pourtant la voie citoyenne qui prendrait part dès la création du projet serait la meilleure solution pour que les projets se fassent dans l’acceptation de tous et pour l’intérêt général.

Que faire en cas d’enquête publique ou de gros projet d’urbanisme ? Informez-vous, réunissez les habitants du quartier et donnez votre avis dans l’intérêt général. Ne pas réagir à une affiche rouge d’enquête publique et attendre que les bulldozers arrivent n’est pas la solution, il sera trop tard. La parole est donnée aux citoyens pour les gros projets grâce à notre législation qui établit un débat démocratique ; donc la société civile a le droit et le devoir de réagir pour préserver l’intérêt général, même si elle n’est pas toujours écoutée, car sans sa réaction tous les projets passent encore plus rapidement.

Les promoteurs se plaignent de la lenteur des procédures et des recours des citoyens, mais la plupart du temps les dossiers et les plans proposés comportent des projets excessifs dérogeant à la législation ou ne contenant pas les études adéquates sur l’environnement. Car le promoteur fait avant tout du « business » : son but est de dépenser un minimum et de gagner un maximum d’argent, dans son propre intérêt ou celui des actionnaires et pas du tout dans l’intérêt général. C’est à l’autorité politique de veiller à l’intérêt général mais surtout avec l’aide des citoyens vigilants qui en savent souvent bien plus sur leur quartier.

Thérèse Verteneuil

Membre du Comité de Quartier Engeland, Administratrice SOS Kauwberg Administratrice Bruxelles Nature

Voir en ligne : http://www.acqu.be/LE-LOTISSEMENT-D...

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Dernier ajout : 24 avril.