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Jusqu’où, devons-nous subir l’envahissement de l’affichage publicitaire ?

Publié le vendredi 15 avril, par ACQU

La lecture du Wolvendael nous apprend que
l’échevin en charge de l’économie et du commerce
fait enlever les enseignes commerciales qui n’ont
plus de raison d’être (Wolvendael février 2016 :
près de 20 lors d’une seconde phase mais il doit
y en avoir eu de nombreuses autres lors de la
1ère phase.) C’est une excellente initiative et nous
saisissons l’occasion pour demander à l’autorité
communale d’aller plus loin. En effet, les publicités
de même que les enseignes obsolètes (parce
que le commerce mentionné ne s’exerce plus à cet
endroit) ne représentent presque rien par rapport
à tout ce qui est visible dans l’espace public.

En cette matière, en plus d’un Règlement Régional
d’Urbanisme, il existe à Uccle un Règlement
communal relatif aux enseignes commerciales et
à la revalidation des noyaux commerciaux
, voté le
21 mai 2011. Il est lisible sur le site www.uccle.be.
Il est très détaillé et son titre est révélateur de son
objectif : favoriser le commerce local, ce qui est
louable.

Notre propos n’est pas d’entrer dans des
distinctions entre une enseigne, une publicité, une
publicité associée à l’enseigne, un totem, etc…
Que l’attention du public soit attirée sur les commerces
locaux (enseigne au sens strict, totem) est
naturel et va de soi, mais avec des limites. Ce à
quoi on n’a peut-être pas été assez attentif, c’est
d’une part à l’aspect sécurité routière, et d’autre
part à l’aspect esthétique ou environnemental.

Carrefour Waterloo – Churchill : par quoi l’oeil de l’automobiliste sera-t-il attiré ? Par les feux ou par la pub (notamment de Villo et de la Commune) ? Sans mentionner les panneaux de signalisation …
A- SÉCURITÉ ROUTIÈRE

Commerces et chalands vont normalement de
pair. Là où il y a l’un, il y a habituellement l’autre.
Mais quand on se situe le long d’un axe routier
important, s’y ajoutent de nombreux automobilistes.
On est alors confronté à une pléthore de
dispositifs publicitaires pour des commerces
locaux ainsi que pour des produits et services,
chacun essayant de capter l’attention, soit par la
taille, soit par l’originalité, soit par l’adjonction
d’un dispositif lumineux. Si mon voisin recourt à
une publicité qui frappe l’attention, je dois faire
de même, et de préférence en plus visible, ce qui
provoque la surenchère.

Il en résulte que l’attention de l’automobiliste – car
c’est à lui que nous pensons – est captée par les
dispositifs publicitaires alors qu’en même temps
il est prié de ne pas se laisser distraire et d’être
attentif à la circulation : feux – piétons et cyclistes
– autres automobilistes …

Tout ce qu’on dit dans le Règlement communal en
question est que la signalétique commerciale ne
doit pas prendre le dessus sur l’éclairage public,
ni empêcher la lisibilité des panneaux routiers et
des feux de gestion du trafic. C’est bien le moins !

Et c’est aux endroits les plus fréquentés et donc
les plus dangereux que la publicité occupe le
plus le champ de vision des automobilistes. Les
dispositifs lumineux sont particulièrement aptes à
détourner l’attention, et ceux qui clignotent encore
plus que les autres.

Que penser des panneaux lumineux déroulants de
2 m2 placés par la société Decaux, avec la bénédiction
de la Région et de la Commune, à des coins
de rue, là où il est interdit de se garer pour ne pas
obstruer la vue ? Et il y en a de 20 m2.

Notre Commune donne-t-elle l’exemple quand
elle place des panneaux lumineux informatifs de
20 m2 à des carrefours stratégiques (square des
Héros – place St Job – carrefour Churchill/Waterloo
…) ? Ce n’est pas le contenu informatif qui est
critiqué, mais bien le support utilisé.

Nous ne sommes pas convaincus que nos édiles
régionaux et communaux soient conscients du
danger de ce qu’ils font et laissent faire. En théorie : oui. En pratique : on va depuis peu dans la
bonne direction mais pas assez fermement à notre
avis. S’ils en étaient conscients, ils veilleraient à
mieux cadrer le déferlement de l’affichage publicitaire,
ce terme étant pris dans le sens large.
Car c’est là la question fondamentale : la sécurité
dans nos rues – domaine dont le bourgmestre est
responsable - ne prime-t-elle pas sur l’intérêt
commercial ?

B- CONSIDÉRATIONS ENVIRONNEMENTALES

On dira qu’au regard du caractère potentiellement
dangereux de la publicité commerciale,
des considérations esthétiques sont de moindre
importance. Mais quand même …

Quand on circule dans des quartiers commerciaux,
pour peu qu’on regarde l’environnement,
on est sidéré de voir tant de laideur s’installer
impunément, s’imposer sans vergogne.

D’un côté, le Règlement en cause impose de
respecter le bâti - qui est parfois très beau à
Uccle – et l’échevin de l’environnement rappelle
l’obligation de respecter l’esthétique (Wolvendael
janvier 2016). Mais par ailleurs on laisse enlaidir
notre cadre de vie.

L’autorité communale craindrait-elle qu’en ne
permettant pas toutes les affiches publicitaires,
le commerce va péricliter ? Le problème vient de
ce que si on laisse placer ici un totem de 4 m. de
haut, comment refuser l’autorisation à son voisin ?
Parfois il y a un refus, c’est vrai, mais c’est plutôt
l’exception.

Ici à nouveau, nous pensons qu’il y a une dérive
qui s’est installée, à Uccle comme ailleurs. Tout
ne vient pas en un jour ; c’est insidieux, c’est progressif,
et quand on s’en rend compte, soit on s’est
habitué à un environnement dont on ne perçoit
même plus la laideur, soit on se dit qu’il est trop
tard. Et d’ailleurs les petites rentrées financières
sont à prendre en considération… !

Tout comme pour l’aspect de sécurité routière,
nous demandons à l’autorité communale de
reconsidérer la question, de cadrer la publicité
et les enseignes en ne les laissant pas accaparer
l’espace public.

C- MARCHANDISATION DE L’ESPACE PUBLIC

Tout ceci indépendamment d’une autre considération,
d’un type plus moral : la marchandisation
de notre paysage urbain. L’affichage publicitaire
– nous ne visons pas ici les enseignes fixées sur
la devanture des magasins – est une forme de
harcèlement particulièrement intolérable dans
l’espace public puisqu’on ne peut y échapper.

On
peut d’ailleurs se demander si toutes ces affiches
bénéficient d’une autorisation. L’objectif d’un tel
affichage n’est pas d’informer le public sur tel ou
tel commerce mais de rendre un produit enviable,
de le rendre indispensable, de nous dire « consommez
– consommez ».

Cette publicité est partout
présente : à la télévision, dans les journaux, dans
nos boîtes aux lettres, sur l’internet, … On est
tellement habitué à ce matraquage qu’on ne s’en
rend même plus compte. Cette marchandisation
de l’espace public est relativement récente et
montre à quel point nous sommes de plus en plus
soumis au diktat du commerce. Alors si le pouvoir
politique n’y met pas un frein …

Denys Ryelandt

Voir en ligne : http://www.acqu.be/Jusqu-ou-devons-...

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Dernier ajout : 26 septembre.