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Bruxelles et le co(rpo)working

Publié le jeudi 2 mars, par dewey

Les espaces de coworking sont ces fameux « lieux de travail partagés », débarrassés de la rigidité et des pensanteurs hiérarchiques inhérentes à la vie de bureau. Ce qui caractérise ces lieux, ce n’est pas seulement le partage d’une structure et d’un équipement, mais aussi une sorte d’esprit communautaire : ils sont censés permettre à leurs membres d’échanger au sujet de leurs expériences respectives et de se retrouver lors d’activités communes …

Il y a cinq ans, ces espaces ne se comptaient que sur les doigts d’une seule main. Aujourd’hui, on en retrouve dans presque tout les quartiers de Bruxelles. A Ixelles, Forest et Molenbeek, se trouvent – par exemple – de nombreux espaces destinés au professions créatives. A Auderghem : vous trouverez un coworking pour « professionnels de la communication ». A Evere : un espace destiné aux « entrepreneurs à impact positif ». Puis, ci et là, des espaces très spécifiques, comme ce salon de co-coiffure et cet espace de co-working culinaire.

Dans un coworking, vous ne payez pas seulement pour avoir accès à un « équipement » et un « espace partagé », mais aussi pour avoir accès à « une communauté ». Mais, à mesure que vous vous y investissez, ces « rapports sociaux » deviennent également des ressources que vous participez à entretenir et à développer, avec votre propre force productive. Est-ce à dire qu’il faudrait vous rémunérer pour ce travail ? Non, bien sûr : aucun co-worker n’imaginerait se faire payer pour les « moments de convivialité » ou les « rapports sociaux » qu’il participe à créer : »goeiendag, bonjour », « voilà, »c’est 50 centimes »… ça casse un peu l’ambiance.

Donc, il n’y a pas d’autre choix pour un co-worker que de jouer le jeu de « l’économie du don » ; c’est-à-dire d’accepter que les moments d’échange (rencontre, partage, sérendipité, lien social etc.) que l’on participe à créer puissent être captés comme de simples niches de « travail gratuit ». On s’en accommode fort bien, pour autant que l’on reste entre « petits entrepreneurs ». Le coworking de transforma m’a – par exemple – permis d’échanger avec les responsables d’un incroyable projet de « coaching en bricolage ». Top.

Là où les choses se compliquent c’est lorsque de grosses sociétés immobilières se découvrent une vocation de « community organizers », ou lorsque le coworking devient un mode d’organisation du travail parmi d’autres au sein des grandes entreprises. Un mot a été inventé pour désigner cette captation du coworking par les grandes entreprises : « corpo-working ». Les petits coworking seraient-ils condamnés à se faire dévorer par les plus grands ? Parviendront-ils à se maintenir et à conserver leur rôle et leur originalité, face aux grandes « chaînes de bureau flexible » de plus en plus nombreuses dans l’est de la capitale (MultiBuro, Topos, Regus…) ? Time will tell.

Voir en ligne : http://www.ezelstad.be/2017/02/27/b...

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Dernier ajout : 22 août.