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Di Rupo 1 : l’environnement ne lui dit pas merci !

Publié le jeudi 8 décembre 2011, par I E B

Les ONG environnementales regrettent la faiblesse et le flou des avancées contenues dans l’accord gouvernemental.

Air du temps oblige, l’environnement est loin de constituer une priorité de la feuille de route élaborée par la nouvelle majorité gouvernementale. Alors que l’opportunité était belle d’en faire l’axe central d’une réorientation économique et fiscale résolument tournée vers l’avenir, il est traité à la marge de ces politiques.

Pour les ONG environnementales (Inter-Environnement Wallonie, Bond Beter Leefmilieu, Inter-Environnement Bruxelles, Brusselse Raad voor het Leefmilieu, Greenpeace, WWF, Natagora et Natuurpunt), cette situation traduit la non-prise en compte d’un enjeu primordial exigeant une approche transversale. Dans ce contexte, les ONG craignent que les (rares) points positifs de l’accord restent lettres mortes. Elles demandent à Elio Di Rupo et à son équipe de concrétiser et amplifier leurs engagements en la matière sous peine de payer demain leur manque de prospective.

Confirmation (de principe) de la loi de sortie du nucléaire, révision à la baisse de l’avantage fiscal accordé aux voitures de société, volonté (de principe) de « garantir une énergie sûre, durable et accessible à tous » avec priorité aux sources renouvelables, défense d’un objectif de réduction de 30% des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020… : la feuille de route du gouvernement « Papillon » contient des points motivés par des préoccupations environnementales mais reste très loin des mesures indispensables pour faire face à l’importance de l’enjeu… et profiter pleinement des opportunités qu’offre cette situation de crise. Il apparaît évident qu’au-delà des discours, l’environnement reste considéré comme une problématique à la marge des questions économiques et sociales dans lesquelles il est pourtant étroitement imbriqué. L’absence de toute initiative en matière de fiscalité verte, qui constitue un formidable levier de changement, est de ce point de vue tristement éloquente.

Outre la maigreur des avancées, on doit déplorer diverses options contre-productives telles la suppression immédiate de la déductibilité fiscale des investissements économiseurs d’énergie, la faiblesse du prélèvement sur la rente nucléaire ou encore la réduction de la dotation d’une SNCB déjà en crise. La décision de confier les matières « Environnement, Énergie, Mobilité » à un secrétaire d’État et non plus à un ministre apparaît par ailleurs particulièrement malheureuse en termes de symbole.

L’ensemble de ces éléments conduit les ONG à s’inquiéter de la prise en compte des enjeux environnementaux par le gouvernement Di Rupo 1. Les organisations demandent dès lors au Premier ministre et à son équipe d’accorder à cette question toute l’importance qu’elle mérite et d’exploiter les opportunités qu’elle offre pour engager le pays sur la voie d’une économie soutenable, respectueuse du milieu et de l’Homme.


Prises de position

Dernier ajout : 8 décembre.