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Descente de piste de ski à Anderlecht : gare à l’avalanche !

Publié le mardi 2 juin 2009, par IEB

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Rejoignez IEB pour une descente tout schuss du projet de piste de ski anderlechtoise avec vraie neige (tout du moins, dans sa demande de certificats d’urbanisme et d’environnement), ce mercredi 3 juin 2009 à 9h20 devant la Commission de concertation. Port des gants et tenue de ski vivement conseillés. Ci-dessous, l’avis d’IEB sur le projet.

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Concertation projet de piste de ski à Anderlecht - 3 juin 2009

Avis d’Inter-Environnement Bruxelles concernant la demande de certificats d’urbanisme et d’environnement pour le bien sis, 11, Drève Olympique – 1070 Anderlecht

Objet de la demande : dossier mixte (certificat d’urbanisme + certificat d’environnement), nouvelle exploitation.

Pertinence du projet en Région bruxelloise

De la neige à Bruxelles et une plage de sable fin en Ardennes ?
Autant le développement d’activités sportives et culturelles est intéressant en soit, autant la pertinence de certaines activités par rapport à l’environnement dans lequel elles s’inscrivent peut poser question.
En Région bruxelloise, il parait surprenant de vouloir implanter une piste de ski avec neige artificielle.
Le choix d’une piste synthétique permettant au permettant au grand public de goûter aux sensations de la glisse peut se comprendre car c’est une adaptation locale d’une pratique importée d’un environnement montagnard.
Par contre, l’installation d’une piste enneigée artificiellement pose question.
Ne semble-t-il pas plus pertinent de garder le choix d’une piste synthétique pour permettre aux skieurs et snowboarders de pratiquer leur sport en dehors de la saison des sports d’hiver ?
Et lorsque la saison le permet, laisser ce public rejoindre les pistes naturelles de nos contrées ?

Une piste enneigée profitable à la collectivité ?
A cela s’ajoute une autre dimension, plutôt sociale : est-ce qu’une piste de ski avec neige artificielle (puisqu’issue d’un procédé artificiel) répondra mieux à un besoin de la population bruxelloise contrairement à l’actuelle piste artificielle ?

Consommation énergétique et émission de Gaz à Effets de Serre (GES)

Comme le fait remarquer Charles Lavoie, président de Turbocristal, le seul fabricant canadien de canons à neige, nous sommes face à un paradoxe. « Par notre mode de vie, nous produisons des gaz à effet de serre, qui causent des changements climatiques. Ces derniers nuisent à l’enneigement et nous remédions au problème en fabriquant de la neige. Cela nécessite de l’énergie et cause davantage de gaz à effet de serre ! »
Le recours à l’enneigement artificiel est donc une « solution » qui aggrave la situation initiale amenant ainsi à un cercle vicieux.
Alors qu’on ne cesse de parler du réchauffement climatique et de la nécessité absolue de réduire nos émissions de gaz à effet, accepter un tel projet viendrait à nier cette réalité.
Accepter ce projet, consiste à long terme à fabriquer un climat polaire à l’intérieur d’un bâtiment et à amplifier le réchauffement du climat extérieur. Voulons-nous en arriver là ?
Enfin, il n’est pas nécessaire de faire un bilan énergétique et environnemental d’une telle installation, même comparé à une installation naturellement enneigée en saison (déplacement des usagers compris) pour se rendre compte de l’impertinence de ce projet tant sur le plan énergétique que sur le plan de la production de gaz à effet de serre.

Cohérence de la politique communale et régionale

Au niveau communal
Actuellement, la commune d’Anderlecht s’est déjà engagée dans le développement durable, notamment en se fixant un objectif -30% des consommations énergétiques des bâtiments communaux (cf. la motion pour une « union locale pour le climat » adoptée le 24 mai 2007 par la commune), en augmentant les primes énergies et en instaurant dernièrement des primes pour le placement de panneaux photovoltaïques.
Par ailleurs, la commune a également adopté la charte d’Aalborg et les engagements d’Aalborg relatifs au développement durable des villes.

Au niveau régional
Au vu du nombre d’incitants financiers pour réduire les consommations énergétiques, des engagements officiels, de la préparation d’un plan climat, des obligations liées au plan Kyoto et des autres objectifs qui tôt ou tard vont s’imposer dans nos contrées (plan 20-20-20 amenant à réduire de 20 % les émissions de gaz à effet de serre, à porter à 20 % la part des énergies renouvelables et à faire 20 % d’économies d’énergie), la région se positionne clairement en faveur d’un développement durable et dans une voie de développement de notre région vers une société efficiente et faiblement émettrice de GES.

Technologie utilisée

Le document soumis à l’enquête publique ne cesse de parler de « vrai neige » . Néanmoins, rien n’indique ce que l’on entend réellement par cette appellation désignant simplement une neige artificielle.
S’agit-il du résultat d’un processus à base d’eau et de froid ? Ou bien s’agit-il d’un mélange d’eau, d’additifs (et si oui, lesquels ?) et de froid ? A moins bien sûr que la neige soit importée par camion depuis la baraque Fraiture ou les Alpes...

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Piste de ski à Anderlecht


_ La piste de ski existante à Anderlecht.

Impact paysager

Depuis l’Appelboom, on a une vue remarquable sur l’environnement direct.
Actuellement, la piste de ski est déjà fortement visible et n’est pas, avec le ring situé juste à côté, l’élément le mieux intégré dans le paysage.
La construction d’une piste couverte n’améliorera en rien l’aspect paysager.

Impact sur l’environnement local

Le projet s’insère dans un environnement semi-rural, à proximité de Neerpede.
Un projet global de préservation du Neerpede étant envisagé, ne parait-il pas logique de garder à l’esprit cette dimension pour analyser toute demande de permis ou de certificat relatif à un bien situé à proximité ou dans la zone du Neerpede ?
Une bonne gestion du Neerpede passe par le développement d’un maillage vert et bleu et non pas par un mordillement de l’espace avec création d’une ceinture de béton autour du site.
A cet égard, IEB demande un plan de développement durable du Neerpede et de ses alentours afin de garantir une politique d’aménagement territoriale adéquate et en phase avec les préoccupations de durabilité de notre société (cf. Charte et engagements d’Aalborg).

En conclusion : évitons le ridicule et enterrons ce projet une fois pour toutes !

Contact : Erwan Marjo, erwan.marjo@ieb.be, 02/893 09 12.


Prises de position

Dernier ajout : 18 septembre.