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Pétition : « Des solutions rapides pour les prisons »

Publié le samedi 21 mai, par Amnesty International

La grève actuellement en cours dans les prisons de Bruxelles et de Wallonie met en lumière les graves failles structurelles du système carcéral belge, lesquelles mènent notamment à une situation où les conditions de détention s’apparentent à des traitements inhumains et dégradants.

Dans son Rapport annuel, publié en février dernier, Amnesty International avait une fois de plus alerté sur les mauvaises conditions carcérales en Belgique. En avril dernier, ce sont le Comité européen pour la prévention de la torture et des peines ou traitements inhumains et dégradants (CPT) et le Médiateur fédéral qui ont mis en évidence la situation dramatique des détenus. En outre, un profond sentiment d’insatisfaction lié notamment à la surpopulation carcérale, au sous-effectif chronique et à des conditions de travail difficiles en termes de sécurité, a mené une nouvelle fois les agents pénitentiaires à se mettre en grève.

La situation des détenus, déjà difficile, est aggravée lors des grèves, ce qui est crûment mis en lumière depuis le 25 avril derner. Le CPT a plusieurs fois attiré l’attention sur l’impact dramatique que les grèves ont sur les droits des prisonniers et sur leur sécurité. Ainsi, le Comité a révélé que, durant les grèves, les prisonniers sont privés de leurs droits fondamentaux, à savoir un accès à l’alimentation, à l’hygiène et aux soins de santé. Leurs activités sont par ailleurs compromises, de la même façon que les contacts avec leurs avocats et l’accès aux visiteurs, lequel est restreint. Les prisonniers doivent par ailleurs rester dans leurs cellules 24 heures sur 24.

Outre une solution qui permettra de régler la situation dans l’immédiat et des réformes structurelles en mesure d’améliorer significativement le système carcéral belge, Amnesty International demande qu’un niveau minimum de services aux détenus soit assuré durant les grèves du personnel pénitentiaire, et ce, de façon à éviter tout impact négatif sur les droits humains des prisonniers.

Signez notre pétition appelant toutes les parties concernées à se mettre de toute urgence autour de la table pour faire évoluer positivement la situation, dans l’immédiat et à moyen et long termes.

Destinataires : Charles Michel, Premier Ministre du Royaume de Belgique. Koen Geens, Ministre de la Justice du Royaume de Belgique.

Monsieur le Premier Ministre,
Monsieur le Ministre de la Justice,

Comme nombre d’électeurs et de citoyens, je suis extrêmement préoccupé.e par la situation dans les prisons et par le traitement cruel, inhumain et dégradant dont sont victimes les détenus.

Dans son Rapport annuel, publié en février dernier, Amnesty International avait une fois de plus lancé un cri d’alarme sur les mauvaises conditions carcérales en Belgique. En avril dernier, ce sont le Comité européen pour la prévention de la torture et des peines ou traitements inhumains et dégradants (CPT) et le Médiateur fédéral qui ont mis en évidence la situation dramatique des détenus. En outre, un profond sentiment d’insatisfaction lié notamment à la surpopulation carcérale, au sous-effectif chronique et à des conditions de travail difficiles en termes de sécurité, a mené une nouvelle fois les agents pénitentiaires à se mettre en grève.

La situation des détenus, déjà difficile, s’est encore aggravée lors des grèves. Le CPT a aussi attiré l’attention sur l’impact dramatique que les grèves ont sur les droits des prisonniers et sur leur sécurité. Ainsi, le Comité a révélé que, durant les grèves, les prisonniers sont privés de leurs droits fondamentaux, à savoir un accès à l’alimentation, à l’hygiène et aux soins de santé. Leurs activités sont par ailleurs compromises, de la même façon que les contacts avec leurs avocats et l’accès aux visiteurs, lequel est restreint. Les prisonniers doivent par ailleurs rester dans leurs cellules durant 24 heures sur 24. Selon leurs avocats, certains détenus à la prison de Forest n’ont ainsi pas pu prendre de douche depuis plus de 15 jours.

Il est urgent que toutes les parties concernées se mettent autour de la table pour faire évoluer positivement la situation, dans l’immédiat ainsi qu’ à moyen et long termes. Ceci implique nécessairement une évaluation de manière globale de la politique pénale et carcérale et l’établissement (enfin !) d’un mécanisme pour prévenir la torture et les mauvais traitements indépendant et suffisamment financé.

« Nous ne pouvons juger du degré de civilisation d’une nation qu’en visitant ses prisons », disait Fiodor Dostoïevski. Ce que la grève a révélé, en l’aggravant, c’est que la Belgique n’a pas les prisons qu’elle mérite, et ce, depuis longtemps.

Monsieur le Premier Ministre, Monsieur le Ministre de la Justice, j’ose compter sur vous pour rétablir de façon structurelle la dignité dans nos prisons, tout en mettant en place rapidement un service garantissant les droits des détenus pendant des grèves. Je vous en remercie d’avance.

Voir en ligne : Amnesty International

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Dernier ajout : 7 décembre.