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Des pesticides sur les pommes de vos supermarchés

Publié le samedi 24 octobre 2015, par nmarchal

Greenpeace a effectué des tests sur des pommes vendues dans des supermarchés de 11 pays européens : alors que les pommes bio se sont révélées être exemptes de pesticides, 83% de celles issues de l’agriculture traditionnelle contenaient des résidus de pesticides, et souvent diverses substances. La moitié des pesticides rencontrés est toxique pour les organismes marins ou pour les abeilles et autres insectes utiles. On en sait qui plus est très peu sur l’impact potentiel d’un tel cocktail de pesticides, que ce soit sur l’environnement ou sur la santé de l’être humain.

L’environnement est contaminé par les pesticides et ce, tout au long du processus de production industrielle des pommes. En avril de cette année, Greenpeace avait déjà prélevé des échantillons de sols et d’eaux de surface dans différents vergers européens. Un échantillon contenait alors jusqu’à 13 substances chimiques différentes.

Cette fois-ci, Greenpeace a analysé la pomme même. 126 échantillons ont ainsi été étudiés : 109 provenaient de l’agriculture conventionnelle, les autres de l’agriculture biologique. Ces pommes ont été achetées dans 23 supermarchés [1] et testées par un laboratoire indépendant quant à la présence de divers pesticides. Au total, nous avons rencontré 39 substances différentes. Certains des pesticides rencontrés sont particulièrement persistants et peuvent s’accumuler dans l’environnement, avec des conséquences potentielles pour l’ensemble de l’écosystème.

Les pommes ont été achetées en Belgique, en Autriche, en Bulgarie, en France, en Allemagne, en Italie, aux Pays-Bas, en Pologne, en Slovaquie, en Espagne et en Suisse et sont toutes issues d’une production nationale.

"Même si les résidus de pesticides que nous avons détectés sont inférieurs aux normes de sécurité alimentaire, la gamme de substances trouvées prouve que les pommes cultivées de manière conventionnelle sont régulièrement pulvérisées. C’est évidemment inquiétant dans la mesure où nous en savons très peu sur l’impact potentiel d’un tel cocktail de pesticides, que ce soit sur l’environnement ou sur la santé de l’être humain. Les agriculteurs et leurs familles portent le fardeau toxique du système agricole industriel. C’est inacceptable", commente Brecht Van der Meulen, chargé de mission agriculture pour Greenpeace Belgique.

Une production écologique est pourtant tout à fait possible. Mais elle exige un changement d’attitude du côté des consommateurs et des supermarchés. "Les supermarchés ont le pouvoir de stimuler la production de pommes écologiques à travers leur politique d’achat. En proposant un plus large éventail de pommes bio, nos grands magasins pourraient convaincre les agriculteurs de faire la transition vers l’agroécologie. Quant au consommateur, il doit être prêt à revoir ses attentes. La plupart d’entre nous cherchent juste à acheter une Jonagold d’apparence parfaite alors que d’autres types de pommes sont bien plus résistantes aux parasites et ne nécessitent donc pas l’utilisation de pesticides", ajoute Brecht Van der Meulen. 

Plusieurs études ont déjà été faites en Europe et en Belgique [2] afin de réduire la quantité de pesticides, notamment en augmentant la biodiversité dans et aux alentours de nos pommiers. Greenpeace demande davantage de moyens pour favoriser le bon déroulement de ces recherches.

Des solutions écologiques existent. De nombreux producteurs de pommes les appliquent déjà au quotidien. Parmi eux, Danny Billen, qui cultive des pommes écologiques à grande échelle depuis 27 ans dans le Pajotteland. Celui-ci lutte contre les parasites de manière très ciblée car il sait que tout organisme vivant dans un verger est utile à l’écosystème. "Ma récolte à l’hectare est peut-être un peu moindre que celle d’un agriculteur qui a recours aux pesticides mais comme j’organise ma propre vente de pommes, au final, j’obtiens un résultat plus ou moins équivalent", affirme Danny Billen.

Notes :
[1] Albert Heijn, Aldi, Alnatura, Auchan, Basic, Billa, Bioplanet, Carrefour, Casino, Colruyt, Coop, Delhaize, Edeka, Gazdovsky, Gimel, Hofer, Intermarché, Kaufhof, Leclerc, Lidl, Mercadona, Migros, NaturaSi, Netto, Real, Rewe, Penny, Spar, Super U.
[2] Par exemple au "Proefcentrum Fruitteelt" à Kerkom (Saint-Trond).

Voir en ligne : http://www.greenpeace.org/belgium/f...

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Dernier ajout : 25 septembre.