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Debriefing des mobilisations pour la COP21

Publié le mercredi 3 février, par antoinette

Un débriefing des mobilisations autour de la COP21 était organisé à la Tricoterie, Bruxelles, ce samedi 30 janvier, tous mouvements confondus. La méthode "à la G1000" a permis de collecter les expériences et avis de tous les participants, créant la base d’un mouvement solidaire, bilingue, inter-mouvements et générations, pour les actions à venir.


Une belle moisson

Les jeunes du Climate Express et de la Coalition Climat belge nous avaient concocté pour l’occasion une méthode "à la G1000" pour permettre à tout le monde de s’exprimer, par petites tables, dans un même grand local, ce qui permettait d’assurer la traduction simultanée français-néerlandais.

Dans la grande salle de la Tricoterie, 300 personnes se sont réparties à des tables de discussion : les unes bilingues, d’autres en français, d’autres en néerlandais.
Des orateurs pour l’ensemble du public étaient sur des podiums dans les coins : 3 tables de 3 expert.e.s, s’exprimant chacun.e 5 minutes sur une des questions du jour :

  • L’accord de Paris est-il à la hauteur de nos mobilisations ?
  • Comment évaluons-nous nos mobilisations ?
  • Quel avenir pour le mouvement climatique en Belgique ?

Après chaque round d’experts (qui parlaient dans un micro et étaient donc traduits), les participants s’exprimaient aux tables durant 1/4h. Ensuite quelques porte-parole des tables résumaient nos propos à la cantonnade (avec micro et traduction). Cette méthode efficace et sympathique a permis de prendre bonne note de toutes les expériences et ressentis. L’intelligence collective, ça marche très bien aussi en mode multilingue !

Le mouvement climatique belge va rebondir

Nous reviendrons sur cette belle moisson qui nourrira les travaux des uns et des autres. A ce stade, il est appréciable de constater que la mobilisation pour Paris a au moins permis de constituer la base d’un mouvement : avec des représentants d’organisations très diverses, bien équilibré entre Flamands et francophones, et de tous âges, dont pas mal de jeunes.

Sur le plan socio-culturel, par contre, « on reste entre nous ». Il faudrait profiter de l’énorme succès du film Demain (côté francophone, du moins), pour aller à la rencontre d’autres publics. L’actualité chargée en matière de mobilité et de nucléaire nous en fournit maintes occasions. Il y aura aussi, sous peu, la journée internationale des luttes paysannes, une manifestation anti-avions de chasse, et quelques convois en France et en Allemagne pour aller prêter main forte aux activistes rencontrés à Paris durant la COP21.

Ne pas perdre le fil rouge du climat

Un point délicat soulevé aux tables de discussion : beaucoup d’entre nous ressentent un gran malaise face à la crise des migrants : tous ces morts en Méditerranée, ces gens qui croupissent à Dunkerque et Calais...

Comment continuer à porter des enjeux globaux même fondamentaux comme le climat, quand l’humanitaire est à ce point en crise ? Mais si on s’implique dans cette crise, comment garder du temps et de l’énergie pour nous occuper des enjeux climatiques ?

Plus que jamais il importe de bien articuler nos mouvements, de tirer le meilleur parti de nos complémentarités en évitant toute bousculade d’agenda.Sans perdre de vue les combats entamés avant la COP21 et non encore aboutis, comme celui sur la taxe sur les transactions financières ou le TTIP. Comment les relancer en y injectant de l’urgence climatique ?

Désobéissance civile non violente

La mobilisation pour la COP21 a été déstabilisée par les attentats, même si au final on a bien rattrapé la sauce, avec 14.000 personnes à Ostende le 6 décembre. Cet événement a introduit une nouvelle nécessité dans nos mouvements : celle de concevoir des actions souples et résilientes. Ainsi, les villages Alternatiba qui ont été organisé dans 80 localités d’Europe ces deux dernières années, n’ont pas été impactés par les événements de novembre 2015.

Plusieurs actions de désobéissance civile non violente ont également été menées à bien, envers et contre toute crainte liée aux mesures de sécurité exceptionnelles. Cette question de la désobéissance civile a fait l’objet d’un débat supplémentaire ce samedi 30 janvier, en début de soirée, entre activistes et représentants d’ONG. Il faut dire qu’avec un niveau de sécurité 4, même les chaînes humaines à Bruxelles s’apparentaient à de la désobéissance civile ! Ce qui a fait débat entre les organisations financées par les pouvoirs publics. Finalement, le 27 novembre, le niveau de sécurité est redescendu à 3 en Belgique, ce qui a permis à pas mal de gens de s’exprimer de diverses manières humoristiques, à défaut de pouvoir le faire sur le pavé parisien.

Articuler nos complémentarités, c’est bien, être solidaires des actions des un.e.s et des autres dans l’adversité, cela implique un pas supplémentaire dans l’engagement de nos organisations, subsidiées ou non par les pouvoirs publics. Quelles limites pose-t-on et comment les gère-t-on, lorsque survient l’imprévu ? Voilà encore une belle matière à réflexion pour l’avenir de nos mouvements !

Voir en ligne : http://www.associations21.org/Debri...

La revue du web

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Dernier ajout : 28 septembre.