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Comment inclure le défi environnemental dans le champ économique ? That is indeed the good question…

Publié le vendredi 26 février, par Paul Jorion

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Je ne sais pas ce qu’en disent les journaleux de L’Economie Politique, mais je crois que le problème se pose en termes relativement simples : nous vivons de plus en plus « à crédit écologique », car la pollution que nous créons chaque année est en gros déjà 1,4 fois et demi la capacité d’absorption de la biosphère (earth overshoot day 2015 : 13 août), et devrait atteindre 2 vers 2030. La question devient alors : cette dette est elle solvable ou va-t-elle se transformer en impayé ?

Cette question n’est pas vraiment un QCM ; deux types extrêmes de réponses sont possibles, avec tous les dégradés imaginables entre les deux :

– le retour aux modes de vie et à la démographie des années pendant lesquelles l’empreinte écologique était nettement inférieure à la capacité d’absorption de la biosphère

– parier sur le developpement de technologies qui permettront de réduire l’empreinte, voir d’effacer l’ardoise dans le cas par exemple du geoengineering

Les débats houleux sur les causes du réchauffement climatique en cours montrent à l’envi que nous ne disposons pas actuellement, tant s’en faut, des connaissances scientifiques indispensables pour jouer aux apprentis sorciers de la biosphère et que les seules options réalistes sont

– Prioritairement de cesser d’augmenter la dette le plus vite possible. Le petit graphique ci-dessous extrait du site Global Footprint montre que c’est possible

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– de lancer au plus vite des recherches fondamentales sur le fonctionnement complexe de la biosphère, et des recherches appliquées permettant de maximiser l’usage de l’énergie et des matières premières que nous consommons.

Je ne crois pas que la main magique des marchés soit capable de faire ça toute seule : tant que l’on peut vivre en cueilleur/chasseur, pourquoi immobiliser des capitaux en investissant dans la production sédentaire pour maitriser la production en utilisant des ressources renouvelables ?

Il faut donc trouver d’autres types de mesures, probablement en perfectionnant ce qui a déjà été fait par le Global Footprint Network, et, on peut rêver, en créant une unité de mesure écologique qui soit un sous-multiple de la capacité d’absorption de la biosphère et un système mondial de gestion de la « monnaie » dont cette unité serait l’étalon, qui serait géré par un Fonds Écologique International et une Banque Mondiale Écologique. On peut toujours rêver.

Voir en ligne : http://www.pauljorion.com/blog/2016...

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Dernier ajout : 26 septembre.