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Centres commerciaux : la fuite en avant

Publié le lundi 11 septembre, par Sibylle Vincendon

Les espaces dédiés aux magasins fleurissent dans les périphéries, malgré des récents résultats en demi-teinte.

L’appel à un moratoire sur l’extension des zones commerciales de périphérie, lancé par les élus de l’association Centre-ville en mouvement, a-t-il une chance d’aboutir ? Pas sûr. La tendance actuelle des professionnels ne va pas du tout dans le sens du freinage, loin de là. Une étude publiée par la société d’immobilier commercial Cushman & Wakefield (European Shopping Centre Development Report) montre que « les extensions de pôles existants seront à l’origine de la majorité de créations de surfaces commerciales en Europe dans les deux prochaines années ». Or, d’après ce rapport, sur un stock total de 160 millions de mètres carrés de centres commerciaux en Europe, le marché le plus dynamique de 2016 a été la France : « Avec plus de 931 000 m² supplémentaires attendus d’ici fin 2018, la France s’affirme comme le marché de référence en Europe. »

Ouvertures.
Dans la majorité des cas, il s’agit de nouvelles implantations (60 % des projets). Mais comme le précise Christian Dubois de Cushman & Wakefield, « il existe toujours une différence significative entre les surfaces annoncées et les mètres carrés qui voient réellement le jour ». Selon leur étude,« les deux années qui viennent s’annoncent très prometteuses ». Quand on parcourt la liste des projets qui sortiront de terre dans les mois à venir, on comprend pourquoi. Les ouvertures se succèdent à bon rythme (Ametzondo, 76 000 m² au Pays basque ; Vill’Up, 24 000 m² à Paris ; et bientôt Muse à Metz, et Shopping Promenade à Amiens). A cela s’ajoutent les extensions, dont celle de l’historique Parly 2 (Yvelines), fondé en 1969, qui ajoutera 16 250 m2aux 107 000 m2 qui sont déjà là. Bref, pendant que les magasins vides se multiplient dans les centres-villes, la fête bat son plein en périphérie.

« Mauvais cru ».
Mais les deux modèles du centre commercial et de l’hypermarché de banlieue ne sont plus les machines à profit qu’ils ont été. Les récents, comme Aéroville ou le Millénaire en région parisienne, ont mis des années à voir leurs résultats s’améliorer. Quant aux grandes surfaces qui ont pullulé depuis trente ans dans les périphéries, elles n’engrangent plus les résultats auxquels elles s’étaient habituées. Auchan a annoncé la semaine dernière des chiffres semestriels en baisse de 7 %. Une désagréable première, due en grand partie au marché français. L’institut Kantar note que 2016 « restera comme un mauvais cru » pour la grande distribution.

Ce n’est pas juste accidentel. « Des facteurs conjoncturels viennent s’ajouter à une tendance plus ancienne : un besoin de consommer plus responsable, moins mais mieux », explique Kantar. La grande distribution a compris qu’il fallait faire évoluer le modèle et implante des « petits formats » dans les centres-villes. Mais pas dans les plus sinistrés. Même si la courbe ascendante des projets de grandes implantations s’écarte de plus en plus de celle du pouvoir d’achat, ils se multiplient. Et la vacance commerciale progresse, sans que jamais les deux vases ne communiquent.
Sibylle Vincendon

Voir en ligne : Libération.fr

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