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Ça y est ! Les capsules d’iode, pour te protéger en cas d’attaque nucléaire, seront bientôt disponibles en pharmacie

Publié le mardi 27 février, par Pauline Gilles

La grande distribution à l’échelle nationale des comprimés d’iode va enfin être mise en place pour protéger la population en cas d’accident nucléaire. Dès le 6 mars, tu pourras donc aller chercher ta propre boîte dans n’importe quelle pharmacie, peu importe la commune où tu habites

Les fameuses pilules d’iode reviennent enfin dans l’actualité. Depuis plusieurs années, elle ne sont distribuées préventivement qu’aux Belges habitant dans un rayon de 20 kilomètres autour d’une centrale nucléaire (Tihange ou Doel), autrement dit pas grand monde.

En avril 2016, la ministre de la Santé Maggie De Block (Open Vld) avait annoncé que le rayon de distribution serait étendu à 100 kilomètres, dans le cadre d’une remise à jour du plan d’urgence nucléaire de la Belgique. Puis, le ministre de l’Intérieur Jan Jambon (N-VA) était revenu à la charge en janvier 2017, programmant la grande distribution pour l’été. Mais depuis, le projet semblait être resté lettre morte, en tout cas jusqu’à aujourd’hui.

En effet, la grande opération de distribution des plaquettes d’iode débutera le 6 mars, dans une semaine exactement, annonce ce mardi La Capitale. Toutes les pharmacies du pays ont été (ou vont être) averties au moyen de directives très précises émanant du SPF Intérieur. En tout, 4,57 millions de boîtes contenant chacune dix capsules d’iode sont en cours d’acheminement vers les officines

Partout, gratuitement, avec ta carte d’identité

Concrètement, dès mardi prochain, tu pourras t’en procurer dans ta pharmacie habituelle, peu importe la distance à laquelle tu habites des centrales nucléaires. Tu auras simplement besoin de ta carte d’identité, et elles te seront délivrées gratuitement. Bien sûr, il ne s’agira pas d’en abuser, puisque la pharmacie encodera et retiendra ton nom lorsque tu viendras retirer ta boîte. En même temps, tu recevras une brochure contenant toutes les informations utiles, telles que des explications sur ce qu’est un accident nucléaire.

Comment cela fonctionne ? Lors d’une catastrophe nucléaire, un nuage radioactif se propage, laissant des particules radioactives se déposer un peu partout : à l’intérieur de ton corps, mais aussi dans l’environnement. Or, ces particules nocives vont venir attaquer ta thyroïde et te causer à terme un cancer de la thyroïde ou bien d’autres maladies. Les comprimés d’iodure de potassium ont comme action de bloquer l’absorption des iodes radioactives par ta thyroïde. Quand tu vas prendre une pilule, ta thyroïde va absorber l’iode jusqu’à être saturée, et donc elle ne pourra plus absorber le mauvais iode radioactif.

Choisir le bon timing

Mais attention, tu ne peux pas en avaler juste pour le fun, l’iode ne doit être pris qu’en cas d’accident nucléaire et sur recommandation du gouvernement. Tu dois donc attendre le feu vert des autorités, en espérant qu’elles le donneront à temps en cas d’incident. Car pour que ces pilules soient efficaces, il faut idéalement les ingérer un peu avant l’exposition à des particules radioactives, ou presque en même temps. Par contre, prendre les pilules trop tôt (plus de 6 heures avant exposition) ou trop tard (12 heures après) ne sert à rien.

Un autre problème est qu’elles sont surtout efficaces chez les enfants, les jeunes et les femmes enceintes, et moins chez les personnes de plus de 40 ans.
Next step : un exercice grandeur nature ?

Cette action de distribution de capsules d’iode à l’échelle nationale était l’un des chevaux de bataille des Verts, et plus particulièrement du chef de groupe Ecolo à la Chambre Jean-Marc Nollet. Le député hennuyer se réjouit donc que cette mesure se concrétise enfin, mais attend encore qu’un exercice grandeur nature se mette en place afin de préparer l’ensemble de la population à réagir face à un accident nucléaire.

"Pour l’instant, les seuls qui ont été réalisés n’associaient que des professionnels, comme les bourgmestres ou les services de secours", déplore-t-il ainsi dans les colonnes de La Capitale ce mardi. Alors qu’en France, par exemple, "ils en ont fait un en impliquant les citoyens à grande échelle, notamment les écoles d’une zone donnée". Et "ils en ont tiré tout un tas d’enseignements sur les réactions spontanées de la population face à l’annonce d’une catastrophe nucléaire, qu’ils n’avaient pas prévues", souligne-t-il.

Ainsi, sur base des réactions spontanées, les autorités peuvent repérer une série de données qui n’avaient pas forcément été prises en compte dans le plan d’urgence préalablement élaboré. Ce qui permet ensuite "d’adapter le plan aux nouvelles données ainsi collectées avec les gens qui auront joué le jeu", avance encore Jean-Marc Nollet. De manière donc à prévenir plutôt que guérir si accident ou attaque nucléaire il y a un jour.

Voir en ligne : Newsmonkey

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