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Comité de quartier Floride-Langeveld vs « Les Jeux d’hiver » ou le recours à l’interpellation citoyenne

Publié le mercredi 3 janvier, par Florence

OU LE RECOURS À L’INTERPELLATION CITOYENNE

Presentation du « problème » et chronologie

Le quartier Floride est un quartier résidentiel, certes très emprunté par le trafic routier mais calme en soirée et dans la nuit. Dès 2007, pourtant, des habitants du quartier ainsi que de l’avenue Roosevelt ont commencé à se plaindre de nuisances sonores émanant de la discothèque Les Jeux d’hiver, lieu très prisé par les noctambules bruxellois. Les fréquences basses provenant de la discothèque martelaient notre avenue, pourtant distante de près d’un km, invariablement les jeudis et samedis soirs de 22 h. jusque 5 ou 6 h. du matin, les 52 semaines de l’année.

Mon enquête personnelle a débuté en 2012, date à laquelle j’ai emménagé dans le quartier. En écrivant successivement à l’IBGE, à la commune d’Uccle, et à la commune de Bruxelles, j’ai rapidement compris que le sujet était à la fois sensible mais aussi politique ; les uns invoquant que la discothèque ne se situant pas sur leur territoire ils n’avaient pas de moyen de pression (commune d’Uccle), d’autres connaissant le problème depuis 2007 n’avaient pas la capacité à faire appliquer la réglementation sans d’autres appuis (IBGE), et les derniers ayant la capacité et le devoir de faire « quelque chose », mais n’ayant pas la volonté politique (commune de Bruxelles).

En 2015, une rencontre fortuite avec Madame de Rudder, également résidante dans l’avenue de la Floride, nous a amenés à penser à une action commune. Au fil de nos conversations, nous nous sommes aperçus que d’abord, nous n’étions pas les seuls à souffrir des pollutions sonores des Jeux d’Hiver, et deuxièmement, que ce bruit allait en accroissant.


A ce stade, Mme De Rudder et moi-même sommes aussi entrés en relation avec le gérant de la boîte de nuit pour tenter d’amorcer une discussion. Plusieurs tentatives ont été entreprises par mail, par téléphone, et aussi en nous nous rendant sur place à la rencontre du gérant. Ces entreprises ont été tout aussi vaines qu’humiliantes pour nous, car les Jeux d’Hiver n’ont cessé de nier insolemment le problème, nous laissant ainsi dans notre détresse sonore.

Nous avons porté plainte à la police d’Ixelles a plusieurs reprises, laissé des messages sur le répondeur du commissaire en charge en pleine nuit : rien n’y a fait…

Nous n’avons cependant pas baissé les bras et avons cherché à connaître qui dans le quartier souffrait de ce bruis lancinant et qui était prêt à relever le défi d’entreprendre une action contre ce Goliath des nuits bruxelloises. Nous avons fait imprimer quelques milliers de tracts que nous avons distribués dans les boîtes à lettres des riverains, espérant recueillir au moins les signatures d’une vingtaine de personnes ce qui nous permettrait d’interpeller les autorités locales et leur demander de prendre notre défense, faute de quoi nous aurions à entamer un long combat juridique, ce que nous avons un temps envisagé.

A notre grande surprise, c’est plus de 70 personnes qui ont aussitôt signé notre pétition en y joignant des commentaires très éloquents sur leur détresse. Mieux encore, nous avons pu cartographier et démontrer l’étendue géographique de la nuisance aux autorités locales.

Nous avons été écoutés lors d’une interpellation citoyenne en novembre 2016 par les membres réunis du Collège échevinal et du Conseil communal auxquels avons exposé avec force détails notre calvaire et surtout, nous avons exposé notre incompréhension face à certaines autorités qui n’avaient pas voulu nous croire, ou qui n’avaient pas su ou voulu mettre en application des règlements pourtant bien connus de tous.

Le Premier Echevin, Mr Cools, en charge de l’urbanisme, a pris la chose très au sérieux et nous a promis de se rapprocher de ses collègues bruxel
lois et deux semaines plus tard, les nuisances n’étaient plus qu’un cauchemar du passé….

Much ado about nothing…

Ce qu’il faut retenir de notre action

Au-delà du caractère très localisé de l’affaire, l’interpellation citoyenne nous a permis de régler un problème aussi promptement que simplement

  • a) Promptement, d’abord : comme cela a été évoqué plus haut, les nuisances de la discothèque étaient connues de l’IBGE et de la Police d’Ixelles depuis 2007. Alors qu’il aura fallu 10 années de plaintes diverses, de lettres, d’appels téléphoniques qui ont été aussi humiliants qu’infructueux pour le quartier, il n’aura nécessité qu’un petit mois pour obtenir 70 signatures, demandé à pouvoir procéder à une interpellation citoyenne, et nous faire réellement entendre par les communes0000 concernées qui, cette fois, ont pris des mesures auprès des Jeux d’Hiver.
  • b) Simplement, car nous sommes aussi conscients qu’une action en justice aurait été coûteuse, longue et gourmande en énergie. Et même s’il y avait eu un procès – dont je ne doute pas de l’issue – j’estime que cela n’aurait fait que dresser les habitants du quartier contre une autre partie de la population, plus jeune manifestement.

Enfin, en guise de conclusion, je n’oublie pas le côté « relationnel » de l’entreprise, qui m’a personnellement amené à côtoyer aussi bien des voisins que le gérant de la discothèque (avec qui j’échange toujours quelques mails cordiaux). Preuve en est qu’un bon arbitrage vaut mieux qu’un mauvais procès.

Armand Burel 40 avenue de la Floride

Voir en ligne : http://www.acqu.be/COMITE-DE-QUARTI...

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Dernier ajout : 24 avril.