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Bruxelles en mouvements n°278 : votre Contrat de quartier

Publié le jeudi 5 novembre 2015, par IEB

Ce numéro de Bruxelles en mouvements prolonge la réflexion « À qui profitent les Contrats de quartier ? » et lance un « Appel à un audit citoyen des réalisations à Bruxelles », à la suite de l’Assemblée associative et citoyenne organisée sur ce thème à la fin du printemps 2015 par Inter-Environnement Bruxelles et Démocratie Schaerbeekoise [1].

La demande de réalisation d’un Audit citoyen des Contrats de quartier, exprimée par des habitants et travailleurs sociaux de différents quartiers bruxellois présents lors de cette assemblée, doit être considérée comme un fait majeur qu’il nous faut soutenir.

Les premiers bénéficiaires supposés de ces programmes de rénovation urbaine (le dispositif des Contrats de quartier a aujourd’hui plus de 20 ans) témoignent d’un sentiment d’exclusion et d’une opacité des montants en jeu. Invités à participer, ils se disent oubliés dans les décisions finales, en attestent les témoignages entendus lors de cette assemblée et les paroles d’habitants recueillies. Tous pointent la vacuité du processus participatif, prête-nom d’une politique du fait accompli.

En réalité, les promesses initiales des CQ – rénover en permettant aux habitants (à faibles revenus) de rester dans leur quartier et de participer à la dynamique de rénovation, créer du logement social, de l’emploi, des infrastructures, des projets socio-économiques, du lien social, etc. – semblent servir in fine à attirer des nouveaux habitants dans des quartiers considérés par les « gestionnaires publics » comme encore trop peu « désirables ».

Or, les Contrats de quartiers par leur caractère de proximité directe entre notre cadre de vie et les objectifs politiques des investissements publics sont des espaces privilégiés pour exercer l’expertise citoyenne et questionner l’attribution de l’argent public.

A ce titre, il nous semble essentiel de poursuivre la récolte des témoignages et de questionner sans relâche : Pourquoi notre quartier a-t-il été choisi ? Combien de nouveaux logements sociaux seront-ils créés ? A-t-on pensé à tous les habitants ? Qui paie les travaux ? La commune a-t-elle les moyens humains et logistiques pour réussir ces projets ? Qui va entretenir les nouveaux espaces publics ? Quels délais pour la réalisation des projets ? Quelles différences entre le projet initial et le projet final ? Les habitants se sont-ils réapproprié les nouveaux espaces publics ? Combien d’emplois ont-ils été créés ? Combien de personnes ont trouvé un emploi suite aux formations mises en place ? Qui sont les bénéficiaires des subventions (associations, bureaux d’étude et d’architecte, promoteurs, entrepreneurs, etc.) ?

Pour motiver des habitants à se pencher sur autant de questions, une nouvelle dynamique (financée par la Région ?) serait nécessaire. Devrait-on défrayer les habitants des milieux populaires qui y participent ? Comment réunir à nouveau des commissions de quartier dissoutes ?

Notes

[1Mouvement pluraliste né en 1988 sous le coup de la réélection de Roger Nols. Il rassemble environ 150 membres aujourd’hui et n’a de cesse de suivre la politique communale de près.


Prises de position

Dernier ajout : 25 septembre.