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Bruxelles en mouvements 302 : « Le meilleur des ondes »

Publié le mercredi 25 septembre, par I E B

Le déploiement de la 5G, en cours en plusieurs endroits du monde, pose des questions environnementales, sanitaires, sociales, économiques et démocratiques, qui sont analysées dans le dernier Bruxelles en mouvements. Les responsables politiques porteront-ils un projet social et écologique suffisamment solide pour résister aux pressions idéologiques et financières des industriels des technologies de la télécommunication ? Le doute subsiste à la lecture de la Déclaration de politique générale du Gouvernement bruxellois qui fait vœu de tout bois pour que la Région attire sur son territoire investisseurs et talents capables de concrétiser « son ambition smartcity ».

À Bruxelles, le déploiement de la 5G nécessiterait un nouvel assouplissement de la norme de protection sanitaire contre les rayonnements électromagnétiques. Cette régression confirmerait la disqualification des méfaits sanitaires des champs électromagnétiques – pourtant observés depuis les années 1960 –, et le sacrifice d’une part croissante de la population recensée comme souffrant d’électrohypersensibilité (EHS).

Jusqu’à présent, les pouvoirs publics à Bruxelles, comme presque partout dans le monde, suivent le raisonnement de l’industrie qui plaide pour un assouplissement des normes au nom du « progrès », de « l’attractivité », de « la création d’emploi », et de la « croissance »…

Et aujourd’hui ? Les responsables politiques porteront-ils un projet social et écologique suffisamment solide pour résister aux pressions idéologiques et financières des industriels des technologies de la télécommunication ? Le doute subsiste à la lecture de la Déclaration de politique générale du Gouvernement bruxellois qui fait vœu de tout bois pour que la Région attire sur son territoire investisseurs et talents capables de concrétiser « son ambition smartcity ».

Demain, en couplant la 5G avec les nouvelles technologies de l’intelligence artificielle et de l’Internet des objets, l’industrie du numérique ambitionne de nous faire basculer dans le monde de l’hyper-connectivité permanente. Avec toute la gamme des objets connectés, le numérique ne se limite plus à un usage sur des écrans d’ordinateurs et des smartphones. Il s’étend désormais à l’ensemble des objets de notre quotidien.

Chaque espace-temps de nos vies, à la maison, en voiture ou au travail, constitue une opportunité de marché à saisir. l’expression même « objets connectés » semble d’ailleurs trop générique tant ce ne sont pas finalement des objets qui sont connectés mais des habitations, des routes, des villes, des usines, des corps humains et non humains…

Il est vraisemblable que tous les dispositifs de surveillance, de publicité ciblée et d’assistance virtuelle de la société de l’hyper-connectivité suscitent, dans un avenir proche, des oppositions de plus en plus virulentes. Les résistances aux compteurs communicants ont surpris les marchands du futur connecté. Cette lutte qui allie critique sociale et environnementale et critique des dernières innovations numériques, ne restera pas sans lendemain, du moins peut-on l’espérer.

- Contactez Stéphanie D’Haenens.
 

Au sommaire de ce numéro

  • La course aux profits : la 5G promet d’être une mine d’or pour l’industrie du numérique et des télécommunications. Bref passage en revue de cette poule aux œufs d’or.
  • Sur terre comme au ciel : la 5G ne correspond pas à une technologie, unique, mais repose sur un ensemble complexe de technologies. Décryptage de son fonctionnement.
  • Au supermarché des objets connectés : un rêve qui pourrait bien tourner au cauchemar.
  • Métaux stratégiques : les métaux rares sont au cœur de la transition énergétique et numérique. Une transition écocide ? Entretien avec Guillaume Pitron.
  • Les normes protègent l’industrie : les normes actuelles limitant l’exposition de la population aux champs électromagnétiques suivent les recommandations de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Une instance inféodée à l’industrie des télécom.
  • Phonegate : quand nos terminaux mobiles (smartphones, tablettes…) sont nocifs parce qu’ils ne respectent pas les normes.
  • Qu’est-ce qui fait maladie ? De nombreuses personnes, recensées depuis le début du sans-fil, dans le monde entier, décrivent les effets sur leur corps des rayonnements et la déstructuration profonde de leur vie. Ces personnes souffrent de ce qu’on appelle le « syndrome des micro-ondes » ou électrohypersensibilité (EHS).
  • Il est urgent d’attendre : la pollution électromagnétique est aussi mentale. Le niveau atteint est tel qu’aujourd’hui émerge la notion juridique de « droit à la déconnexion ».
  • Parcours de luttes contre les technologies sans fil : tour d’horizon des associations actives en Belgique.

Illustrations de Paul Mahoux.


Prises de position

Dernier ajout : 7 décembre.