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Bruxelles : La situation du logement se dégrade à vive allure

Publié le mardi 7 juin, par J. Th.

Les ménages bruxellois sont obligés de dépenser plus chaque année pour se loger, pour un confort qui tend à se détériorer.

La situation du logement en Région bruxelloise se détériore, au fil des années, dans des proportions inquiétantes. Alors que la population s’appauvrit chaque année, elle doit pourtant débourser davantage qu’avant pour se loger. Et malgré la hausse des prix, la qualité et le confort des habitations disponibles pour le plus grand nombre se dégradent à vue d’œil. Tels sont quelques-uns des enseignements à tirer de l’étude de Brussels Studies Institute, publiée ce lundi matin.

Le marché du logement dans la capitale est fortement hiérarchisé et fonctionne comme un véritable filtre social. Si certains Bruxellois parviennent encore à trouver un logement correspondant à leurs besoins, un nombre croissant de ménages ne disposent pas ou plus des ressources financières nécessaires pour entrer ou évoluer sur le marché immobilier selon leurs besoins, explique l’institut de recherche. Le phénomène de suroccupation prend d’ailleurs de l’ampleur, tandis que les modes de cohabitation alternatifs ou contraints, comme la colocation, l’habitat groupé, l’hébergement chez un tiers et les squats, tendent à se multiplier.

Face au défi incroyable que représente le logement à Bruxelles, le Brussels Studies Institute dresse un constat alarmant : les moyens mis en œuvre par les autorités régionales restent en deçà des ambitions affichées et surtout des besoins. "On peut s’interroger sur les façons dont la Région conçoit et met en pratique des dispositifs supposés participatifs dans la réalisation de certains projets urbains pour lesquels un travail de concertation avec les habitants et le tissu associatif local serait le bienvenu, voire nécessaire", indique notamment l’étude.

Les critiques des chercheurs à l’égard des autorités bruxelloises ne s’arrêtent pas là, ceux-ci s’interrogeant sur de possibles tentatives de rendre invisibles les tensions et luttes urbaines au lieu de les combattre. "On devine parfois une certaine forme de pensée spatialiste qui peut donner l’impression que la question sociale se résoudra de façon quasi automatique en créant un cadre de vie adéquat", notent-ils par ailleurs.

Si l’action des autorités publiques s’est renforcée et diversifiée au cours des quinze dernières années dans le domaine du logement, il n’en demeurerait pas moins que les acteurs privés continuent à jouer un rôle primordial dans la production de l’offre et donc dans la division spatiale du marché immobilier. "Les prises d’initiative publiques et les mesures concrètes se sont multipliées ces dernières années, mais elles s’avèrent encore bien trop hésitantes et insuffisamment riches en procédures innovantes pour répondre aux besoins pressants en logements bon marché", indique Brussels Studies Institute.

Pour certains ménages, quitter Bruxelles constitue désormais la seule alternative possible pour échapper aux prix élevés et mauvaises conditions d’habitat.

Voir en ligne : DH.be

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Dernier ajout : 2 décembre.